C’est aussi ça, la vie en ville

En réaction à l’article «Des aînés irrités : la construction d’un complexe immobilier dans Saint-Sacrement bouleverse la vie du voisinage» de Baptiste Ricard-Châtelain paru le 4 février

Ce reportage fait une démonstration éloquente des contraintes de la vie urbaine plus que toute autre chose et comme arpenteur-géomètre, ce phénomène fait depuis longtemps partie de mes réflexions.

Une propriété se termine toujours là où commence celle des voisins. Une personne qui habite un édifice imposant est rarement consciente du dérangement qu’a autrefois causé la construction de son propre immeuble aux voisins d’alors et à la perte de jouissance, de vue et de tranquillité que cette nouvelle arrivée d’alors avait pu occasionner. Dans notre jargon légal, nous appelons ça la servitude d’échelle, en raison de la nécessité parfois même de mettre échelles et échafauds sur le terrain du voisin pour construire ou entretenir un édifice à proximité de la limite entre deux biens-fonds, à charge de remettre les lieux dans leur état initial à la fin des travaux.

Vivre en ville, c’est supporter la proximité et le dérangement de voisins de plus en plus près de nous, tout comme nous leur imposons la nôtre à notre tour. Et à ce jeu, si gagner serait la paix et la sérénité, on peut dire qu’il y a pas mal plus de perdants que de gagnants. C’est aussi ça, le vivre-ensemble, la densification urbaine, les transports collectifs et la lutte contre l’étalement urbain.

André Verville, Lévis