Cannabis: apprendre des erreurs des autres

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, s'apprête à légaliser la vente et la consommation récréative de la marijuana dans un projet de loi qui sera déposé au printemps 2017. Mais, il va sûrement y avoir des dérapages si M. Trudeau ne met pas en application les conseils et suggestions provenant d'États américains comme la Californie, le Colorado et l'Alaska qui ont légalisé cette drogue sur leurs territoires et qui ont beaucoup appris de leurs erreurs.
Les récents reportages de Radio-Canada sur le sujet nous ont permis d'apprendre qu'au Colorado, par exemple, il y avait eu une importante augmentation des accidents d'automobiles impliquant des personnes sous l'influence du cannabis. Même constatation toujours dans le même État, en ce qui a trait au nombre beaucoup plus élevé de personnes hospitalisées à l'urgence à cause des effets de la drogue.
La banalisation de l'usage du cannabis au Canada va forcément obliger les gouvernements des provinces à ajouter à leurs campagnes d'information contre les dangers de l'usage du tabac et de la consommation excessive d'alcool, une nouvelle mise en garde cette fois axée sur les dangers de la drogue lors de la conduite automobile, mais aussi sur la santé de façon générale. De plus, il faut s'attendre à ce que les coûts sociaux, notamment en matière d'hospitalisation, augmentent considérablement, comme aux États-Unis.
André Delage, Québec 
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Inclus dans le loyer
On entend beaucoup de critiques concernant le montant de taxes que Vidéotron verse à la Ville de Québec. Mais je m'interroge. Je pensais que Vidéotron était non pas le propriétaire mais le gestionnaire du Centre Vidéotron. Un l ocataire n'a pas de compte de taxes, celles-ci sont incluses dans le prix du loyer. Je crois que la Ville de Québec est le propriétaire de l'amphithéâtre. La Ville ne se paie pas de taxes sur ses immeubles. On devrait donc parler de loyer et non pas de taxes. Mais bon, je ne connais pas les termes du contrat signé entre la Ville et Vidéotron.
Benoît Thibault, Québec
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Le syndrome de la peur en 2016
Selon le bilan de l'année d'Influence Communication, la peur a dominé la sphère médiatique québécoise en 2016, un constat qui s'inscrit dans une tendance mondiale à privilégier l'émotif au factuel et au rationnel. Un diagnostic inquiétant, qui vient s'ingérer dans le processus de la communication de l'information, laquelle se voit dépouillée de la sorte de toute forme d'objectivité essentielle.
Aux dires de Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, «on a identifié une liste de plus de 200 mots-clés associés à la peur, telle la peur de Donald Trump, du Zika, des immigrants, du terrorisme, de l'effondrement économique». Toujours de l'avis de M. Dumas, la tendance s'inscrit dans la mouvance postfactuelle de l'information, «où l'on explique de moins en moins la nouvelle, mais on fait peur au monde, comme lorsqu'on résume des concepts en 140 caractères» dans les médias sociaux.
À mon sens, la peur la plus sournoise est de croire qu'on n'en a pas. Encore faut-il éviter le piège de la peur contagieuse suscitée par les tenants de l'information axée exclusivement sur la peur, et redonner aux organes de l'information les lettres de noblesse dont ils sont tributaires. À cet effet, la réflexion de Michael Moore revêt un caractère extrêmement révélateur : «L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.» 
Henri Marineau, Québec