Bon succès, M. Dion

Stéphane Dion vient d'accepter le poste d'ambassadeur du Canada en Allemagne. Le climat actuel aidant, ne pourrait-on pas, sans subir les anathèmes habituels lorsque son nom est évoqué, lui témoigner un minimum de reconnaissance pour services rendus? Rappelons que Stéphane Dion a sacrifié le confort de son statut universitaire à Québec pour s'inviter dans la mêlée politique, d'abord comme expert et ensuite comme élu, en 1996, à une période charnière de l'histoire du Canada et de celle du Québec.
L'histoire fera le bilan des 21 années qu'il a consacrées aux affaires publiques, et ce, aux plus hauts niveaux nationaux et internationaux. Il faudra reconnaître à quel point sa doctrine sur les impératifs du fédéralisme liés aux enjeux de la séparation aura permis de clarifier cette vaste question. Une doctrine qu'il a défendue avec courage, étant donné l'ampleur des réactions haineuses qu'il savait devoir affronter, celles-ci trop souvent vautrées dans un vocabulaire de caniveau. Malgré cela, il a tenu bon en exprimant franchement son patriotisme envers son pays, le Canada, et sa patrie, le Québec.
Souhaitons-lui bon succès dans sa prochaine fonction, fonction honorable et exigeante, étant donné la tâche qui l'attend dans une région du monde en proie à de graves dérives. 
Claude Poulin, Québec