Baisse d’impôts: entre cynisme et indécence

Difficile de choisir le terme qui traduit le plus adéquatement l’arrière-goût laissé par l’annonce faite en grande pompe par le ministre Leitão.

Cynisme… quand on pense aux coupes «à la tronçonneuse» faites en début de mandat avec l’intention, cachée à l’époque, mais bien confirmée par les récentes annonces, de se refaire une beauté à la veille des prochaines élections. 

Indécence… quand on regarde à quel point ce gouvernement parle des deux côtés de la bouche en affirmant aujourd’hui vouloir prioriser l’éducation après avoir dévalorisé le rôle des enseignants, sabré dans les dépenses aux universités et laissé les écoles en état de décrépitude.

Or, s’il y avait consensus, en début de mandat, sur l’importance de rationaliser les dépenses publiques, on mesure aujourd’hui les conséquences du travail de matamore et sans vision entrepris par le gouvernement Couillard. 

Sans oublier le chèque en blanc accordé à l’empereur Barette à qui on a laissé le champ libre pour exercer son despotisme centralisateur.

En confirmant que Jean Charest s’adressera aux militants du parti lors du prochain congrès, on comprend bien que «faire de la politique autrement» restera toujours un slogan vide de sens et qu’en dernière analyse, c’est sans doute à la fois cynisme et indécence qu’il faudrait retenir pour caractériser le «chant de sirène» du ministre des Finances. Serons-nous assez lucides pour ne pas nous laisser endormir?

Jean-Paul Plante, La Malbaie