Arrêts à volonté

Chaque jour, je me rends à vélo à mon travail et chaque jour, je constate le manque de respect des cyclistes envers les règles de la circulation. Ce matin même, deux cyclistes me doublent à vive allure pendant que j’attends le feu vert, comme si les couleurs du sémaphore étaient réservées aux «nigauds» qui, comme moi, entretiennent l’idée saugrenue que la loi ne peut souffrir d’aucune exception.

Car il est bien indiqué, sur le site de la SAAQ, que les règles de la circulation sont les mêmes pour tout le monde, les cyclistes comme les automobilistes, ce qui pourtant n’empêche pas les premiers de «faire leurs stops» et de s’arrêter aux feux rouges quand bon leur semble, comme si le citoyen était habilité, dans le cas du cyclisme, à juger lui-même de la pertinence de la loi.

Cette proposition peut paraître exagérée, mais comme les gouvernements ne font rien et que les policiers ne donnent presque jamais de contraventions aux cyclistes, il est à se demander s’il n’y a pas des lois qui ne doivent pas, en pratique, être prises trop au sérieux, au risque d’entraîner un problème plus grave encore que celui qu’elles avaient pour but de régler.

Si tel est le cas, si l’État a de bonnes raisons de ne pas appliquer intégralement le Code de la route, j’aimerais bien en être informé, afin de pouvoir moi aussi respecter les stops et les feux rouges quand bon me semble.

Éric Labbé, Québec