Après la convergence ratée

Gabriel Nadeau-Dubois s’impatiente du peu d’ardeur du gouvernement dans l’octroi, aux députés de Québec Solidaire (QS), des moyens pour faire leur travail. Avoir à requérir ce que l’on regarde comme son dû n’est sans doute pas une démarche très exaltante, on le conçoit.

Mais cela pourrait être l’occasion de penser que si QS avait accepté la convergence avec le Parti Québécois (PQ), ces deux partis auraient eu la chance de former le gouvernement et d’obtenir ainsi le pouvoir de commander au lieu de quémander. Toutefois, cette pensée n’apparait qu’un rêve si l’on considère l’attitude de rivalité acrimonieuse présente entre les deux formations lors des récentes élections. De son côté, le PQ n’est pas démuni comme semblent vouloir le dire des chroniqueurs. Ce parti a été victime d’une conjoncture découlant du désir des électeurs de se débarrasser du Parti Libéral comme l’a déclaré Bernard Landry à Paul Laroque (TVA) au cours de l’entrevue enregistrée quelques jours avant son décès, ajoutant que cela avait «pollué le contexte politique». Le PQ est un grand parti dont le nombre de membres dépasse largement celui des autres. Il doit réfléchir à son avenir en se basant sur les principes qui l’ont guidé jusqu’ici avant de considérer l’avenir. Malheureusement, tant et aussi longtemps que les deux partis se disputeront le même territoire politique, il n’y aura pas d’intérêt pour les électeurs du Québec d’appuyer l’un ou l’autre.

Jean-Marie Desgagné, Québec