Aidez Joé Juneau

D'un côté, on voit les millionnaires du hockey faire la tournée des hôpitaux pour enfants, leur donner des toutous et signer des autographes. De l'autre, un ancien joueur professionnel qui ne roule pas sur l'or utilise ce qu'il y a de plus noble dans le hockey pour s'investir dans un projet de vie post-carrière dans la Ligue nationale de hockey au Nunavik.
Il réussit, à force de persévérance, à inspirer les jeunes Inuits en leur proposant des objectifs, un plan et la discipline et l'esprit d'équipe qui permettent de les atteindre. On coupe ses subventions. Qu'est-ce qu'ils attendent, les joueurs, les équipes, la ligue? N'y a-t-il pas un seul de ces millionnaires qui ait le goût d'embarquer au moins financièrement pour aider Joé Juneau?
André Verville, Lévis
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La culture politique issue du mode de scrutin sert très mal le Québec
Dans la longue et difficile saga des accommodements raisonnables, de la commission Bouchard-Taylor, de la Chartre de la laïcité et de la très dramatique tuerie à la mosquée de Québec, je me questionne sur la culture politique de confrontation engendrée par le mode de scrutin majoritaire. 
En effet, encore ces jours-ci, cette Assemblée nationale ne baisse pas le ton. Ainsi, les partis de l'opposition qui représentent la majorité de la population (56 % des votes) s'unissent pour demander au gouvernement libéral que le projet de loi 62 sur la neutralité de l'État endosse certaines propositions de la commission Bouchard-Taylor. Ce gouvernement qui n'a reçu que 41 % des votes reste fermé sur sa position. Et nous, les citoyennes et citoyens, sommes pris en otage depuis 10 ans devant des gouvernements partisans. Voilà un déni de démocratie.
La commission Bouchard-Taylor a été un exercice démocratique où la capacité de discernement du peuple s'est exprimée avec grandeur. L'Assemblée nationale devait en prendre acte et rendre hommage au peuple en appliquant les propositions du rapport. Mais non, les gouvernements qui se sont suivis n'ont fait qu'allumer le feu sur la place publique de manière tendancieuse.
La culture d'affrontement et de partisanerie de l'Assemblée nationale alimente chez la population le cynisme et la vindicte. Ce lieu devrait en être un de coopération et de conciliation où sagement sont prises des mesures pour régler des enjeux politiques, sociaux et économiques. C'est d'une saine discussion et de la richesse des points de vue que peuvent jaillir les solutions les plus ajustées, et faisant preuve de pragmatisme plutôt que d'idéologie. 
Je souhaite avec ardeur que l'on réforme le mode de scrutin. Premièrement, parce que chaque voix lors des élections serait justement représentée. Aussi, parce que pour constituer des gouvernements dans le contexte politique actuel, le parti élu, s'il est minoritaire, serait obligé de s'allier à un autre, donc de concilier les forces pour le bien commun.
Et ne me dites surtout pas que ce mode de scrutin élirait des gouvernements instables. Avons-nous le sentiment d'être dans une gouvernance stable avec ce débat qui n'a pas d'issue? Avons-nous un gouvernement fort qui réussit à faire consensus? Pas du tout... il nous faut une autre culture politique. Renouvelons notre manière d'élire notre représentation pour qu'une vraie majorité s'exprime et pour une plus grande culture de coopération. C'est ce que l'on peut souhaiter d'un mode de scrutin de type proportionnel. C'est la proposition qu'ont adoptée 85 % des pays industrialisés.
Marie-Claude Bertrand, Verdun