Aide médicale à mourir : ce n'est qu'un début

Quiconque avait imaginé que l'adoption, et surtout la mise en application de la loi sur l'aide médicale à mourir, allait se faire sans heurt, réalise qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Et nous n'en sommes qu'au début!
Au départ, selon ce qu'il nous était permis de comprendre, cette loi ne devait s'appliquer qu'à des mourants en phase terminale. Selon les apparences, certains viseraient à y recourir dans des situations où la fin ne serait pas évidente ni prochaine. De là à l'euthanasie pure et simple, il n'y aura qu'un pas. Certes, un grand nombre de médecins, pour qui le serment d'Hippocrate a une valeur essentielle, ne s'abaisseraient jamais à ce niveau. Mais... il y en a d'autres que l'injection n'effraierait guère. Oiseau de malheur? Ceci reste à voir!
Tout compte fait, cette loi sur l'aide médicale à mourir ne constitue à mon avis, et à celui de plusieurs, qu'une substitution à la nature normale de la vie et de la mort. Et pour les croyants, dont je fais partie, il s'agit d'une substitution à Dieu lui-même! Je vous vois sourire en disant : «En voici un autre!» J'accepte volontiers d'être ridiculisé. Du haut de ma longue vie, je peux vous assurer que, quelle que soit ma condition vers la fin de mon pèlerinage, je préférerai attendre qu'Il m'appelle plutôt que d'accepter de passer l'arme à gauche par le truchement d'une aiguille.
Armand J. Doré, Anjou