Absurde course aux vaccins

Lettre au ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Je veux porter à votre attention une situation totalement incohérente et totalement aberrante. À la suite de votre décision d’abolir les frais accessoires, il est maintenant interdit aux CLSC d’acheter et de vendre des vaccins payants à la clientèle.

Comme la majorité des cliniques ne vaccinent pas en raison de la lourdeur de la gestion des produits immunisants, les parents qui font vacciner leurs enfants doivent aller au CLSC. Ils ont donc déjà deux rendez-vous à gérer impliquant des déplacements et des absences au travail. Depuis cette nouvelle façon de faire, ils doivent également prévoir un troisième rendez-vous pour faire administrer le bexséro, qui ne fait pas partie des vaccins couverts.

Ils doivent s’adresser à une pharmacie qui offre le service et accepte de vacciner les enfants ou encore se rendre dans une clinique privée d’infirmière en payant dans les deux cas des frais supplémentaires pour l’injection. 

S’ils achètent le vaccin en pharmacie, il ne peut être administré au CLSC en raison des protocoles des CIUSSS qui les en empêchent. C’est un réel parcours du combattant pour des jeunes parents. Parions que les taux de vaccination, en particulier des vaccins non au calendrier régulier, seront en chute libre avec des conséquences potentiellement dramatiques.

Pour un gouvernement qui se targue de mettre le citoyen au cœur de ses préoccupations, nous sommes loin de l’objectif.

Je vous prie de façon urgente de trouver une solution acceptable pour régler ce problème. Une dérogation de la loi pour permettre la vente des vaccins en CLSC, un assouplissement des règles pour permettre aux gens d’apporter leur vaccin acheté en pharmacie pour qu’il soit administré au CLSC ou ajouter le bexséro au calendrier.

Dre Sylvie Chateauvert, Médecin de famille, Québec