Le future pont qui remplacera l'actuelle pont Champlain pour relier la rive-sud de Montréal à l'Île-des-Soeurs et l'île de Montréal.

Abêtiser un peuple

L'honorable Denis Lebel, passionné de hockey et d'histoire, n'en finissait plus de multiplier les conférences de presse la semaine dernière.
La raison de la ruée des paparazzis suspendus à ses lèvres et de la montée d'adrénaline sur les réseaux sociaux? Rebaptiser le pont Champlain, fondateur de Québec, du nom de Maurice Richard, héros de notre sport national. J'essaie de comprendre la logique de ce choix et je me dis qu'à force de tout confondre et de tout mettre dans le même panier, on finit par casser les oeufs qui sont au fond. Même si notre cher ministre est revenu sur son idée de génie, n'en reste pas moins que le nom du nouveau pont, dont les travaux titanesques sont financés en majeure partie par le gouvernement fédéral, reste encore dans le secret des Dieux de la capitale fédérale. On reproche souvent au gouvernement Harper de manquer de transparence et pourtant, son petit jeu est clair comme de l'eau de roche. Il souhaite purement et simplement effacer de notre mémoire collective tout symbole qui, de près ou de loin, pourrait nous rappeler notre histoire et nos racines. N'est-ce pas ainsi qu'on abêtise et amadoue un peuple en l'enfonçant chaque jour un peu plus dans l'ignorance et le vide? J'essaie d'imaginer ce qui se passerait si, en France, toutes les rues et avenues Charles-de-Gaulle et Victor-Hugo prenaient les noms de Zinédine Zidane ou Michel Platini...
Sophie Bernier, Québec