À la défense des arbres de Québec

Neuf abattus, neuf à abattre et rapidement! Il s'agit d'arbres, évidemment, ceux de Québec en particulier. J'ai du mal à croire que les élus et les gestionnaires de notre ville se fichent à ce point de cet important volet de notre patrimoine naturel. Les exemples récents sont nombreux, en voici un autre.
Cela se passe dans le quartier Saint-Sacrement, sur une magnifique rue résidentielle dont les deux côtés sont parés de magnifiques arbres aménagés et entretenus à grands frais par la ville. Une résidence unifamiliale, comme il y en a plusieurs, vient d'être vendue. Elle a le bonheur, ou le malheur, d'être située au milieu d'un terrain et entourée d'arbres tout aussi majestueux que sains.
Le nouveau propriétaire voit grand et veut rentabiliser au maximum son investissement. Solution: la maison à terre et les arbres... à terre également, comme le chante Vigneault. Au moment d'écrire ces lignes, les neuf arbres «privés» sont déjà disparus et déchiquetés. Et les neuf autres, marqués en rouge du sceau de l'abattage, le seront incessamment si personne ne se réveille, notamment du côté de nos gestionnaires et de nos élus. À nos frais en plus, car ils nous appartiennent tous ces arbres et ce sont les bons services de la Ville qui feront la sale besogne.
Le promoteur, un constructeur détenant maintenant un permis de construction, a automatiquement tous les droits. La réglementation de la Ville stipule en effet que l'abattage des arbres sur un terrain privé ou public «peut être nécessaire», notamment «lorsqu'il constitue un obstacle à une construction autorisée par la Ville». C'est révoltant! Ce certificat d'autorisation a sans doute été émis par la Ville, mais dans quelles circonstances et sous quelles conditions? Les analyses, les argumentations et les recommandations ne devraient-elles pas être rendues publiques bien avant que les dégâts soient faits? Les plans de construction n'auraient-ils pas pu et dû être faits pour limiter au maximum les méfaits sur l'environnement, ici les arbres?
De tels documents, en devenant à disposition de tous, par exemple sur le site Internet de la Ville, permettraient au moins des discussions intelligentes. Les citoyens qui le désirent n'auraient-ils pas leur mot à dire? Pas seulement après les faits et les signatures des documents officiels. Qu'en pense le Conseil de quartier de Saint-Sacrement? Et nos élus?
Je me pose effectivement beaucoup de questions et je ne suis certainement pas le seul. En fait, je m'indigne devant tant d'inepties. Il en va de notre qualité de vie, du respect des citoyens et de la beauté de notre ville, fière membre du patrimoine mondial de l'humanité.
 
Henri-Paul Blanchard, Québec