À demi libéré

Le Québec traînait deux gros boulets.
Il en a détaché un dans les années 1960: la religion catholique. La fin de la censure de l'Église a permis l'émergence des arts, de la littérature, de la chanson, du cinéma québécois. La mise au rancart de l'enfer a aussi permis aux femmes de prendre leur place dans la société et, surtout, de faire des choix: se marier ou pas, travailler ou pas, avoir des enfants ou pas, divorcer ou pas, jouir ou pas... Choisir est souvent difficile et ça ne garantit ni le bonheur ni le succès. Mais c'est vivre! Personne ne voudrait revenir en arrière.
Il reste le boulet politique: un gouvernement central qui ne cesse de grossir et s'enrichir. Une lourde structure fédérale qui est source de conflits, de complexifications administratives et de dépenses incontrôlées. Deux fois plus de cours, de juges et de procès... avec des délais interminables pour régler chaque litige. Deux fois plus de bâtiments, de lois, de règlements, de normes à suivre, de formulaires à remplir... Oubliez le mot «performance»! Et le pire, c'est qu'au bout du compte, c'est toujours Ottawa qui décide. Cessons d'avoir peur! On a déjà réussi à éliminer les limbes et l'enfer...
Hélène Marquis, Québec
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Le maire et la critique
Le maire Régis Labeaume m'a fait l'insigne honneur de répondre personnellement à mon commentaire publié dans Le Soleil, la semaine dernière. J'en suis flatté. Donnant l'exemple du rétrécissement de la circulation sur la rue Dalhousie, j'ai émis l'opinion que notre maire a pris de mauvaises décisions dans certains dossiers, avant que la pression populaire l'oblige à une volte-face. Je demandais par conséquent où est passé le maire qui était le défenseur des citoyens?
Le cas de la rue Dalhousie illustre la justesse de mon propos, un autre retournement spectaculaire en quelques jours. Quant au ton de sa lettre, il confirme ce que je pense de son attitude en général. Je n'ai pas l'intention de rétorquer aux attaques personnelles (je suis fier d'avoir dirigé les salles de rédaction des deux quotidiens de Québec) qui s'apparentent aux tactiques de Donald Trump aux États-Unis, un autre politicien qui compose mal avec la critique. Espérons que ce n'est pas un prélude à ce qui nous attend en campagne électorale.
Donald Charette, Québec
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Le marché expatrié
Monsieur Labeaume, je fais appel à votre sens commun pour revenir sur votre décision «d'expatrier» le Marché du Vieux-Port vers le secteur du centre Videotron. Vous vous dites si sensible à l'attrait touristique de Québec, mais en voulant retirer le marché du circuit touristique, vous contredisez votre propos.
Les touristes qui fréquentent le Vieux-Port, et ils sont nombreux, y trouvent au passage un marché et apprécient de rapporter chez eux des produits typiquement québécois qu'ils ne retrouvent pas ailleurs.
Il n'y a pas que le volet touristique, la clientèle de Québec aime fréquenter le Marché du Vieux-Port actuel dans son environnement bucolique qui est une valeur ajoutée aux produits que l'on y trouve. La piste cyclable construite devant le Marché invite les nombreux cyclistes à faire une pause et déguster les produits  offerts.
Installer un marché au milieu de nulle part est une grave erreur qui risque d'amener les usagers à délaisser le concept du marché où les gens achètent directement du producteur et créent des liens avec ce dernier.
Diane Latulippe, Québec