Carrefour des lecteurs

Un marathon shakespearien

Je pense que les organisateurs du marathon n’ont absolument pas entendu le cri du cœur du maire de Québec pour le français et l’Accent d’Amérique. Dimanche dernier, on a eu droit, en plein cœur de Québec, à un marathon avec une animation musicale 100 % en anglais. C’est excessivement insultant, déplorable, déplaisant. Des rythmes et de la musique entraînante en français, il y en a 10 tonnes.

Le cœur me levait dimanche matin où, de 7h30 à midi, les haut-parleurs ne diffusaient que la langue de Shakespeare. La ville est totalement conquise, imaginez les cerveaux. Les organisateurs ont affirmé vouloir en faire l’édition de la diversité. Depuis quand la diversité doit-elle exclure celle du pays hôte? Le français fait lui aussi partie de cette diversité!

Merci, M. Labeaume, pour votre écoute et pour montrer l’exemple quand vient le temps de chérir notre belle différence.

Félix Laberge, Québec

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La sagesse du compromis

Faut-il, pour le port de signes religieux, adopter la solution préconisée par Jean Chrétien, soit ne rien faire et laisser passer le train? Est-ce là une forme de sagesse venant d’un vieux routier de la politique?

Difficile à dire. Mais il me semble que le compromis proposé par l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, aussi mis de l’avant par la commission Bouchard-Taylor, me semble juste. Celui-ci propose de limiter le port de signes religieux à ceux qui exercent une autorité contraignante, tels les juges, les policiers et les gardiens de prison. Les enseignants et éducatrices ou gardiennes d’enfants seraient à juste titre exclus de cette courte liste.

Cette solution a le grand mérite d’indiquer que la laïcité et la liberté religieuse, dans une société, ne sont pas des principes absolus. Que l’État peut en aménager l’exercice de façon raisonnable, s’il juge que cela est requis pour le bien commun. Exiger que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert (loi 62) et limiter le port de certains signes religieux pour certains officiers publics me semble des plus raisonnables.

Ceci étant dit, ces limites à la liberté religieuse seront contestées devant les tribunaux, la loi 62 l’étant déjà. Mais la vie en société exige des compromis et il me semble excessif, voire nuisible, d’absolutiser les libertés fondamentales et le principe de laïcité.

Il appartiendra au gouvernement et ultimement au Parlement québécois de juger s’il est approprié d’utiliser la clause dérogatoire prévue aux Chartes pour mettre en œuvre ses dispositions législatives limitant la liberté religieuse, si les tribunaux les jugent déraisonnables et inconstitutionnelles. La question deviendra alors éminemment politique.

Michel Lebel, Ancien professeur de droit constitutionnel, Entrelacs

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Le marathon de l’enclave

Monsieur le maire,

Quel marathon pour se rendre en ville! Mon fils travaillait dimanche matin avenue Cartier. Il est parti de Sainte-Foy et il a été impossible pour lui de se rendre travailler à son horaire habituel. Aucun accès vers le nord sur toute la longueur de la Grande Allée et rendu aux Plaines, il a fallu descendre la Cote Gilmour vers le sud jusqu’au Boul. Champlain. Nous étions complètement enclavés. Je suis revenu sur mes pas avec lui pour le laisser aux coins des Plaines afin qu’il termine à pied son parcours.

Quant à moi, il m’a été impossible de m’approcher davantage de ma destination qu’au Marché du Vieux-Port, après avoir  descendu à nouveau la côte Gilmour une deuxième fois, puis vers l’est puisqu’il était interdit  de traverser au nord. J’ai dû laisser ma voiture en face du Marché pour me rendre à pied à mon bureau dans Saint-Roch. Notre droit de se déplacer librement peut être restreint malgré les Chartes mais encore faudrait-il que cela se fasse de manière sécuritaire. Heureusement que je ne suis pas infirmier ou médecin.

Je me joins à certaines critiques qui considèrent que la Ville de Québec risque d’être surexploitée sans vergogne. Il ne faut pas qu’elle devienne une bébelle entre les mains de quelques entreprises aussi louables soient elles. Plus de respect s’impose. Des citoyens l’habitent et la soutiennent depuis des décennies alors que ces promoteurs se poussent rapidement pour le Lac Beauport, Saint-Ferréol ou Stoneham, haut lieu de l’équité fiscale.

La recherche d’un meilleur équilibre s’impose avant de déshumaniser complètement ce qu’il reste à Québec d’authentique: ses habitants, sinon les vieux murs de pierre vont finir par ressembler à des pierres tombales sans âme.

François Leduc, Avocat, Québec

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Un tourisme débordant

Je suis Québécoise depuis 64 ans et je ne vais plus visiter ma ville bien aimée à cause du tourisme débordant. On ne peut plus marcher, flâner, admirer, car il y a des masses de gens tout le temps. Ce que M. Labeaume oublie en disant que les croisières ne durent qu’un temps, c’est qu’il y a un chapelet d’événements : FEQ, feux d’artifices etc.

Reste novembre et février pour visiter! Encore là, «Crashed ice» et compagnie arrivent. Je suis par ailleurs heureuse d’avoir pu déambuler dans les rues alors que c’était facile de batifoler joyeusement dans la plus belle ville qui soit.  Malheureusement, avec le maire qui a un oeil financier en permanence, faudrait qu’il pense aussi aux résidents de Québec de temps en temps. Il gère bien la ville en général mais son obsession de briller partout sur la planète ne me plait pas du tout.   

Diane Proulx, Québec

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Jonatan Julien ministre?

Le 1er octobre 2018, la vague du changement a pris la forme d’un tsunami d’une force insoupçonnée. L’effondrement du PLQ et le balayage du PQ marquent l’histoire politique, depuis les années 60 jusqu’à ce jour.

Le maire de Québec a hautement salué l’intelligence des deux élus de QS, évitant de féliciter pour sa victoire marquante, par plus de 10666 voix, l’ex-troupier de son régiment municipal, Jonatan Julien. Dans les circonstances, un minimum de diplomatie exigeait de notre magistrat qu’il représente tous les citoyens de la Capitale-Nationale. 

Compte tenu de la prestigieuse feuille de route de la remarquable recrue de la CAQ ainsi que de la complexité et des coûts pharaoniques des mégas projets concernant la Capitale et la Métropole, entre autres, ne serait-il pas fort à propos que le Premier ministre désigné affecte Jonatan Julien au ministère des Affaires municipales?

Gerry Pagé
Québec

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Un cirque au Vieux-Québec

En réaction au texte «Afflux de touristes: «tout le monde est heureux qu’on ait du succès», dit Labeaume», de Baptiste Ricard-Châtelain, paru le 12 octobre.

Ma dernière visite du Vieux-Québec il y a un mois m’a laissé un arrière-goût désagréable.

Je n’étais pas préparé à faire l’expérience d’un tel cirque si mal géré. La dégradation du Vieux-Québec est très évidente et facile à constater. Il ne suffit d’ouvrir les yeux.

Il semble que le maire de Québec fasse partie du problème.

Jacques Sirois
Guide touristique amateur de patrimoine
Victoria, C.-B.

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Circulation chaotique

Une petite observation. J’ai marché dans le Vieux-Québec , dans le quartier Champlain et à la place des Canotiers, c’était fantastique comme ambiance, mais où c’était chaotique c’était au niveau de la circulation automobile, autobus et taxi.

À l’entrée près de l’agora où les taxis , autobus, shuttle des hôtels s’engloutissent, c’était le bordel, personne pour faire la circulation. Ce ne sont pas les feux de circulation qui peuvent gérer ce genre d’achalandage dans le Vieux Port. Ce n’était sûrement pas une belle expérience client pour les croisiéristes, touristes et autres.

Le Maire Labeaume est-il au courant de cela ?

PS: Je suis résident de Lévis et je n’ai rien contre M, Labeaume. C’est nous qui avons la plus belle vue sur Québec

Rénald Turgeon

Lévis

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Et si on cessait de tergiverser?

La venue d’un nouveau gouvernement caquiste au Québec n’est pas banale. On se plaît à dire que la population a voté pour le changement. Mais de quel changement voulait-on au juste?

Depuis des décennies, les problèmes qui font la manchette au Québec restent «collés» : laïcité de l’État, santé, éducation. À chaque changement de gouvernement, les québécois vivent le jour de la marmotte sur ces grands thèmes. On peut donc comprendre l’exaspération qui a finalement provoqué le tsunami caquiste/solidaire et envoyé les «vieux partis» sur le banc de punitions.

En politique, le consensus n’existe pas. Toute décision  gouvernementale fait nécessairement face à de l’opposition et c’est le rôle des médias d’en faire état afin de s’assurer qu’à défaut ce consensus, les lois votées par notre Assemblée nationale le soient en pleine connaissance de leurs avantages aussi bien que de leurs inconvénients. Mais il ne faut pas se méprendre, une opposition bien organisée et tapageuse ne signifie pas nécessairement qu’on n’a pas la fameuse «acceptation sociale» de nos politiques. Un gouvernement a le devoir de trancher et de passer à autre chose, pas de gratter ses vieux bobos durant des années sans prendre action.

Ce que la population a dit le plus clairement à son gouvernement, c’est de cesser de tergiverser et de prendre les décisions qui s’imposent sur ces questions qui s’éternisent, afin qu’on passe aux problèmes suivants qui continuent, eux, de s’inscrire à notre agenda.

André Verville, Lévis

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De la neutralité ou de l’hypocrisie?

Le maintien du grand crucifix à l’Assemblée nationale est en parfaite contradiction avec l’affirmation de la neutralité religieuse de l’État. Ou les membres de la CAQ sont des hypocrites, des inconséquents... ou des manipulateurs qui affectent de croire que ce maintien est une simple reconnaissance historique du symbole religieux.

En ce cas, s’il est vrai que la religion a joué un rôle important dans la survie de notre peuple, il faut reconnaitre honnêtement que ce rôle est devenu minimaliste. Autrement, la fermeture cumulative des églises, la réduction drastique des assistances à la messe dominicale, l’augmentation des cérémonie laïques lors de mariages ou de décès nous auraient menés à une catastrophe! 

Soyez conséquents avec vos prises de positions. Sinon ajoutez, à côté de la grande croix chrétienne, un grand croissant vert, un grand candélabre à sept branches, etc. Au moins, le Québec sera-t-il reconnu comme neutre vis-à-vis toute religion particulière.

Martin Lebel, Québec

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Notre dette au PQ

Un nouveau gouvernement a été élu le 1er octobre dernier. La démocratie a parlé haut et fort. Les différents partis n’avaient pas de grands projets à proposer ou si peu. Je suis bien d’accord avec Gilbert Lavoie pour dire qu’elles sont bien loin, les élections de 1960, où le slogan des libéraux était «Maître chez nous» et celles de 1976 où, pour la première fois, un parti souverainiste était élu.

La dégringolade en chute libre du Parti québécois m’a laissé un goût amer et une profonde tristesse. Cela démontre bien que les temps ont changé et que la souveraineté du Québec dont nous avions tant rêvé dans notre jeunesse n’est plus un objectif pour la majorité des Québécois.

J’aimerais toutefois rappeler que c’est le Parti québécois qui, en adoptant la loi 101, a mis un frein à l’anglicisation en obligeant les immigrants à envoyer leurs enfants à l’école française. Avant cette loi, les immigrants et même les Québécois avaient le libre choix de l’école pour leurs enfants. Il est inutile de dire que plusieurs optaient pour l’école anglaise. 

Si le Parti québécois n’apparaît plus comme une option souhaitable, rendons-lui au moins justice en reconnaissant qu’il a été le gardien de notre langue et de notre culture.

Diane Latulippe, Québec