Carrefour des lecteurs

Il compte pour deux malades

«Je suis maintenant inscrit comme patient vulnérable sur la liste de mon médecin de famille et je compte pour deux malades», m’a-t-il dit. «Cela m’inquiète un peu d’avoir cette étiquette, mais semble-t-il que je serai vu plus souvent et plus longtemps par mon médecin. J’espère que ça prendra moins de temps à avoir un rendez-vous et que j’attendrai moins longtemps dans la salle d’attente. Ça me désole de prendre une autre place, mais quand je mourrai, j’en libérerai deux.» 

Il fut un temps où, peu importe son état, un malade était un patient. L’écrire, l’annoncer et le monnayer comme on l’a vu me rend malade!

Richard Gagné, Sainte-Pétronille

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La destruction d'une icône

Établi dans le Vieux-Port depuis près de 30 ans, le marché public de Québec avait continué de nous surprendre par sa grande capacité d’adaptation aux nouvelles tendances agroalimentaires et son sens de l’innovation. Aller au marché du Vieux-Port avec comme décor la splendide marina, le pont levant et les écluses ajoutés à une vue prenante sur le Grand Séminaire de Québec juché au haut de la falaise, c’était grandiose et exceptionnel. C’est désolant, car la Ville de Québec a décidé de déménager l’ensemble du marché public du Vieux-Port à ExpoCité avec, comme fond d’écran, l’amphithéâtre désert et ses stationnements. Pourquoi ne pas avoir investi les millions de dollars dans le marché actuel qui aurait été une valeur ajoutée au lieu d’en créer un dans un désert? Je ne crois pas que les milliers de croisiéristes qui affluent au Vieux-Port monteront jusqu’à l’amphithéâtre pour magasiner.

Jocelyn Boily, Québec

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Une incitation financière embarrassante

Je trouve étonnant, voire incongru, que la ministre de la Santé, Danielle McCann «se sente obligée» de donner une prime financière pour inciter les médecins à augmenter leur nombre de patients et d’heures de travail.

Pourquoi offrir un tel bonus à des gens qui, déjà bien nantis, devraient plutôt de facto distribuer des services professionnels essentiels, cela sans réticence? Que je sache, aucune autre communauté professionnelle — hors la santé — ne reçoit pareille considération et privilèges financiers. Parlez-en  aux enseignants dont le ratio d’élèves atteint des sommets scandaleux. Semblablement, que dire des exigences imposées aux travailleurs sociaux et préposés auprès des aînés.ées. Il y a là, de sa part, une manœuvre irresponsable en la demeure. À quand la nationalisation de la médecine?

Yvon Côté, ancien député fédéral, Sherbrooke

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On oublie l’avenir

On a déjà observé que le français au Québec se délite un mot après l’autre et qu’il subit une influence imparable de l’anglais. Un nouveau programme — ou la publicité l’entourant — illustre le phénomène.

On fait de moins en moins la distinction entre les deux substantifs «avenir» et «futur». L’Académie française la fait. C’est dire que le gouvernement fédéral et le premier ministre ne prennent pas grands risques en proclamant : «Un futur plus propre» = «A cleaner future», si on scrute la promesse avec le prisme du français. L’Académie précise «Avenir désigne une époque que connaîtront ceux qui vivent aujourd’hui, alors que le futur renvoie à un temps plus lointain, qui appartiendra aux générations qui nous suivront». Une traductrice des Nations unies, Myriam de Beaulieu, écrit à propos du choix à faire : «On en oublie la nuance… au point de sembler nous catapulter dans un avenir lointain, dans un décor de science-fiction». Le français fédéral canadien ignore cette subtilité. Même les Québécois ont de la difficulté à la garder à l’esprit tant est décisive l’influence de l’anglais en Amérique. Pourtant l’amélioration du français ici suppose qu’on y aille un mot après l’autre.

Gaston Bernier, secrétaire général de l’Asulf, Québec

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La prime des omnipraticiens

La prime versée aux médecins omnipraticiens qui accepteront la charge de plus de 750 patients me fait penser à un père qui promet à son fiston qu’il l’amènera au cirque s’il fait ses devoirs. Autrement dit, fais ce que tu dois faire et je te récompenserai.

On en est rendu là avec les médecins de famille. On leur demande de prendre davantage de patients moyennant une compensation financière, comme s’ils ne recevaient pas de redevances pour chaque patient supplémentaire.

Or, pourquoi faut-il que les disciples d’Esculape ne se montrent «professionnels» qu’à l’odeur de l’argent alors que les infirmiers, infirmières et préposés(es) aux soins sont débordés par des surplus de patients sans toucher un sou supplémentaire?

Quand les gouvernements vont-ils enfin cesser de traiter les tributaires du serment d’Hippocrate dans une classe à part et de se laisser manipuler servilement au grand dam d’une justice sociale bafouée sans vergogne?

Henri Marineau, Québec

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Merci, marché du Vieux-Port

Dans quelques jours, les derniers marchands et producteurs du marché du Vieux-Port quitteront définitivement le site qu’ils occupent au bord du bassin Louise. Ce sera la fin d’une belle aventure après plus de 30 années à cet endroit.

Le Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ) est évidemment très déçu de voir disparaître cette institution qui cadrait parfaitement dans son environnement et qui perpétuait les marchés antérieurs qui historiquement se sont installés à différents endroits dans le Vieux-Québec. Le marché du Vieux-Port, alias marché Saint-Roch, a toujours fait partie du centre-ville depuis 1857. C’est donc la fin d’une longue tradition de marchés publics au centre-ville. Au nom des résidents du Vieux-Québec et des citoyens des quartiers limitrophes, le CCVQ tient à remercier tous les marchands et les producteurs, qui ont œuvré au Vieux-Port durant toutes ces années, pour nous avoir amené la campagne à la ville. Nous nous souviendrons longtemps de leur enthousiasme à nous entretenir de leurs productions et des techniques de fabrication. Un grand merci du fond du cœur.

Michel Masse, président du CCVQ

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Difficile vision en santé

Les 46 millions$ abandonnés aux mains des médecins généralistes ont été qualifiés de «prime McCann» par l’ex-ministre Barrette. Même si c’est difficile, je suis obligé de lui donner raison quand il maugrée qu’il n’y aura pas de résultats.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec le sait déjà et a pu négocier toute absence de résultats concrets.

La tentative de maquillage à la sauce de la capitation ne passe pas et on aurait dû négocier le report de cette entente qui date du temps des libéraux afin d’utiliser cette somme faramineuse à meilleur escient le moment venu afin d’amorcer un véritable virage dans la prestation des soins de première ligne par les omnipraticiens au lieu de compter le nombre de malades. À quand une vision d’ensemble du fonctionnement du réseau de la santé?

Richard Gagné, Sainte-Pétronille

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L’iniquité de la Sépaq

Les Québécois ne sont pas tous égaux aux yeux la Sépaq. Tout indique qu’à compter de cette année, seuls les citoyens habitant le district de la Chute-Montmorency-Seigneurial de l’arrondissement Beauport pourront accéder gratuitement au Parc de la Chute-Montmorency. Tous les autres résidents de la province de Québec, propriétaires de cet équipement, devront payer presque le même tarif que les Américains, les Japonais, etc. Ben oui, ça va être juste un peu moins cher pour les Québécois proprios. Et si on tient du taux de change de certaines devises étrangères, il en coûtera en bout de piste moins cher à nos voisins du Sud que pour les Québécois. Elle est où la logique... et l’équité?

Réjean Thériault, Cap-Santé

Carrefour des lecteurs

Une histoire de chapelets…

Un vétéran, aujourd’hui décédé, me raconta un jour cette histoire liée au débarquement de Normandie en juin 1944. Je ne sais toujours pas si elle est vraie! La voici : le 6 juin 1944, des soldats du régiment de la Chaudière libérèrent des Allemands le petit village normand de Bernières-sur-Mer.

La comtesse du village et ses habitants furent alors surpris d’entendre ces soldats parler français, un genre de vieux français rural. Mais ils furent également surpris de constater que ceux-ci semblaient fort pieux. La comtesse, fervente catholique, s’enquit auprès de l’officier commandant si elle pouvait leur remettre, vu leur piété, un chapelet. L’officier lui expliqua l’origine et la raison de cette litanie de prières-jurons… qu’elle avait entendue. La comtesse aurait été nommée par la suite colonel honoraire du régiment. Mais je ne sais toujours pas si elle avait de fait distribué ses chapelets aux valeureux et redoutables soldats du régiment de la Chaudière, devenu aujourd’hui un régiment de la Réserve. Que faut-il en conclure, sinon que toute guerre, horribles comme elles sont toutes, connaît son lot d’histoires comiques ou insolites. Comme l’humanité qui, tel le dieu Janus, a un visage à deux faces, l’un, tragique, l’autre, comique.

Michel Lebel

Entrelacs

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Les dangers du vote proportionnel

En réaction au point de vue «Alerte au vote proportionnel» de M. Donald Charette paru le 5 juin.

Bien dit, M. Charette : gouvernement fragile, coalitions étranges, mais nécessaires, chantage des minorités, État ingouvernable.

Il faut éviter la situation prévalante en Israël où les extrémistes religieux très minoritaires tiennent le gouvernement en otage et empêchent depuis des décennies tout progrès dans le processus de paix avec les Palestiniens.

Michel B. Rivard

Québec

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Les pilleurs de rêves

Chaque année, j’ai hâte de découvrir l’événement «Où tu vas quand tu dors en marchant...?» Je suis toujours émerveillée par la créativité, le talent et la qualité des prestations et l’aménagement des sites.

Des comédiens nous offrent de belles performances. Ils nous font réfléchir, rire, rêver et nous donnent envie de les revoir dans les différents théâtres de la ville. Au lieu de profiter de ses spectacles gratuits, j’ai vu plusieurs personnes s’emparer de flamants roses en plastique. Ces prestations nous sont offertes gratuitement et en guise de gratitude certains individus volent une partie de décor!

Ce n’est pas grand-chose des flamants roses en plastique, mais le geste dénote un manque de respect pour les organisateurs et les spectateurs. À ceux qui porteront le chapeau, j’ose espérer qu’une petite étincelle de prise de conscience vous amènera à l’avenir à des comportements citoyens.

H. Mathieu, Pont-Rouge