Carrefour des lecteurs

Un drôle de couple

Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette apparemment chaude relation entre les présidents Trump et Macron? Deux êtres à première vue si différents. Le Français, jeune, brillant, cultivé, sorti des grandes écoles, de l’ENA, philosophe et banquier. L’Américain, assez âgé, sans grandes études, peu cultivé, rustre et plutôt grossier.

Je crois que ce qui les rassemble, c’est d’abord leur parcours atypique pour arriver à leur poste, ne faisant pas partie des cénacles politiques traditionnels; secundo, ce qui me paraît fort important, leur très gros ego. Macron se compare à Jupiter et Trump affirme qu’il est plus intelligent que quiconque! Sortira-t-il quelque chose de positif de cette relation? Il faut l’espérer, mais j’en doute. Présentement, les deux présidents connaissent de sérieux problèmes dans leur pays. Les taux de satisfaction à leur égard sont peu élevés. Mais qui vivra verra!

Michel Lebel, Entrelacs

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Je ne suis pas naïve

Non, je ne suis pas naïve.

Il y aura toujours, malheureusement, des Rosalie.

On ne pourra jamais endiguer totalement l’horreur, l’innommable. Mais on peut choisir dans quel État on veut vivre. Un État où le bien commun est une valeur fondamentale. Ou pas.

Je ne suis pas naïve.

Il y aura toujours des Rosalie.

Mais on peut choisir de ne pas détourner le regard, de s’occuper de notre monde, d’investir dans les services aux femmes, aux parents, aux enfants.

On peut choisir de ne pas tourner le dos afin de ne pas voir à quel point les ressources manquent, que les intervenants sont à bout de souffle. On peut choisir de mettre l’État au service des gens. On peut opter pour l’entraide, la compassion.

Ou pas. Parce que c’est ben plate d’être obligé de regarder la misère et la détresse drette dans les yeux.

On peut aussi ne penser qu’à notre bien. Ma maison, mes impôts, mon chien. Mon nombril. Les personnes âgées qui manquent de soins? Bah, tant que j’ai les moyens de payer pour placer mes parents dans un mouroir de luxe, bof. Les écoles aux murs envahis de champignons et aux profs qui veulent mais ne peuvent? Bah, tant que moi je peux envoyer ma fille dans une école privée où elle aura droit au meilleur de tout, bof.

Heille, on travaille assez fort pour se payer ça! Pis avec les impôts qu’on paie, tsé…

Alors oui, on peut tout. Car on choisit la société dans laquelle on veut vivre.

Des Rosalie aux mamans fuckées, aux papas absents, à l’entourage déficient ou impuissant, il y en aura toujours.

Je ne suis pas naïve.

Et plus on fera des trous dans notre filet social, plus on se gargarisera d’austérité pour mieux investir dans le béton, plus on voudra sabrer dans l’État en le traitant de monstre inefficace et coûteux, plus il y aura des Rosalie.

Nathaly Dufour, Lévis

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Tous pour la CAQ!

Depuis que les sondages placent la CAQ en tête pour gagner les prochaines élections, le Parti libéral s’est métamorphosé. Un vrai miracle! D’abord, les libéraux ont promis de réinvestir dans le public tout l’argent qu’ils ont empilé depuis avril 2014. Puis ils se sont mis à avoir des idées, à vouloir régler des petits problèmes ici et là. Ils commencent à s’intéresser aux citoyens ordinaires : les aînés, les sinistrés, le personnel infirmier, les parents, les étudiants, les proches aidants.

C’est très drôle de les voir se démener comme des diables dans l’eau bénite. Encore cinq mois avant les élections. L’idéal serait que tout le monde dise qu’ils vont voter pour la CAQ (bien entendu, une fois dans l’isoloir chacun vote comme il veut) afin de voir jusqu’où les libéraux sont prêts à aller pour gagner cette élection (et conserver la mainmise sur le magot qu’ils ont accumulé). Même ceux qui ont toujours voté libéral devraient prétendre pencher vers la CAQ: le parti libéral cesserait de les tenir pour acquis et les couvrirait de promesses.

Hélène Marquis, Québec

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J’ai honte et je suis en colère!

Pendant que l’on s’échine à se dépouiller de l’un (Chagall) pour s’avantager de l’autre (David), on ferme les yeux et les goussets sur la mainmise, le vol des artéfacts de Québec par Parcs Canada qui les déménagera à Gatineau.

J’ai honte et je suis en colère!

Contre ceux qui se disaient favorables à la conservation des artéfacts à Québec et qui, Monsieur le Maire Labaume en tête, jettent les gants et s’avouent vaincus alors qu’ils sont capables de vendre leur âme pour un stade et des tramways, comme s’il n’avait pas formellement promis de se battre pour les conserver.

J’ai honte et je suis en colère!

Contre ces vendeurs du Temple qui sont prêts à brader les avoirs religieux du peuple à leur profit, car que ce soit la sainte Basilique de Québec, le gouvernement du Québec, celui du Canada ou celui de la ville de Québec, berceau de l’Amérique, ces gens-là achètent et vendent avec les deniers des travailleurs qui les font vivre et ce qu’ils gèrent vous appartient, vous l’avez déjà payé à la sueur de vos fronts ou de celui de vos ancêtres.

J’ai honte et je suis en colère!

Devant la valse des milliards qu’on nous jette pour nous éblouir alors que des miettes feraient des miracles.

Qui s’élèvera pour conserver ici ces témoins de notre histoire, plus anciens et précieux pour la mémoire collective que l’objet de leur chamaille? Faudra-t-il implorer saint Jérôme à genoux pour éveiller leur conscience?

Qui vous consultera sur votre intention de conserver ici ces artéfacts qui appartiennent à Québec depuis sa fondation à nos jours?

Qui rassemblera ceux qui luttent contre cette iniquité?

Qui endossera ma honte et ma colère?

Qui?

Claudette Sauvé-Morin, Québec

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L’action bénévole renforce la communauté

Cette année, la «Semaine de l’action bénévole» se tient du 15 au 21 avril; toutefois, je crois qu’elle devrait avoir lieu à l’année longue.

Au-delà de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, un des objectifs principaux de l’éducation est de former de bons citoyens. Nous devrions encourager les élèves à développer une prise de conscience et une compréhension de leur responsabilité civique et de leur rôle dans le soutien et le renforcement de leur communauté. Le ministère de l’Éducation devrait peut-être envisager d’ajouter au curriculum un cours sur l’engagement communautaire afin de renforcer l’importance du bénévolat.

Récemment, Statistique Canada a révélé que les Québécois avaient encore une fois le taux de bénévolat le plus faible comparé aux autres provinces. Il y a quelques années, le Québec était la seule province affichant un nombre moyen d’heures de bénévolat plus faible que la moyenne nationale de 44%.

On ne sait pas vraiment quelle est la raison de ce phénomène. Toutefois, examinons quels sont les avantages du bénévolat.

Le bénévolat permet aux élèves de s’impliquer dans de nouvelles activités et d’acquérir des capacités techniques, sociales et des connaissances qui ne peuvent s’apprendre en classe. Que le bénévolat consiste à aider à la bibliothèque de quartier ou à faire du tutorat auprès d’enfants défavorisés, les élèves vivront une expérience riche dans des situations et des milieux différents. Le fait d’aider d’autres personnes donne aux élèves l’occasion de rencontrer une grande diversité de gens provenant de diverses couches de la société.

Peu importe l’âge, il est essentiel de nouer des relations avec les gens. Ce cours servirait d’introduction au réseautage.

Le bénévolat est une porte d’accès au marché du travail, car il crée de nouvelles options professionnelles et reflète de nombreux traits de personnalité positifs que les employeurs éventuels recherchent. D’ailleurs, des recherches révèlent que les élèves qui font du bénévolat réussissent mieux dans leurs études. Ce bénéfice serait utile au Québec, car malheureusement cette province affiche le taux de décrochage le plus élevé au Canada.

Finalement, des statistiques révèlent également que les adolescents qui font du bénévolat ont davantage tendance à en faire à l’âge adulte, ce qui est une bonne chose pour tous les Québécois.

Chris Eustace
Montréal

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Crédibilité dites-vous?

Carlos Leitão était un homme reconnu comme économiste de haut niveau, crédible et renommé, alors qu’il occupait le poste d’économiste en chef d’une banque canadienne. Comment une sommité en économie a-t-elle pu accepter, en riant à gorge déployée, le rôle principal dans le film de Philippe Couillard, intitulé : «Un budget non électoraliste».

Un budget qui distribue des cadeaux à pratiquement tout le monde au Québec, et truffé entre autres de non-sens, de mensonges et de démagogie. Un exemple! On nous présente ce budget comme étant équilibré, alors que les revenus prévus sont de 109,6 G$, et les dépenses sont de l’ordre de 111,1 G$. Pour combler le manque à gagner, le gouvernement va puiser 1,5 G$ dans la réserve de stabilisation, instaurée pour aider lors de périodes économiques difficiles, ce qui n’est pas le cas en 2018. Une belle démonstration de mauvaise gestion. Tout ça pour tenter de permettre à son gouvernement de conserver le pouvoir.

Je ne comprends pas pourquoi M. Leitão met sa crédibilité en jeu, en participant à une telle comédie. Ce sont des faits et gestes du genre, qui érodent la confiance et la crédibilité de la population, envers ses politiciennes et ses politiciens. Qu’ils ne cherchent pas ailleurs pour en connaître les causes. Ils n’ont qu’eux à blâmer.

Claude Dutil, Saint-Georges

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Ne dénaturez pas la chute Montmorency

La Sépaq annonçait cette semaine un autre projet concernant le Parc de la Chute-Montmorency avec promenade semi-submersible au bas, joignant des trottoirs d’accès et autres aménagements secondaires à ce projet, le tout pour 15 millions $.

J’ai souvenir de ce lieu privilégié qui a fait le bonheur de nombreuses familles de Québec et de la Côte-de-Beaupré qui allaient y pique-niquer, de la présence des baigneurs et des pêcheurs, de la petite île en bas au centre de la rivière avec sa végétation luxuriante que l’on pouvait atteindre à gué parfois.

Puis il y a eu la construction de la promenade en béton à l’est avec sa terrasse à son extrémité qui, je dois l’admettre, était bienvenue, et l’escalier dans la montagne. La disparition du bâtiment de la Dominion Textile à l’ouest a fait place à un stationnement asphalté et clôturé et à l’accueil. Il y a eu ensuite la passerelle au-dessus de la chute et finalement le téléphérique. J’en oublie sans doute.

On peut déjà la voir, l’entendre et profiter abondamment de ses embruns.

Il me semble qu’il y en a assez en bas, en haut et en l’air autour de la chute et qu’il serait temps d’y laisser un peu de naturel, arbres, friches et pierres en liberté. C’est un site patrimonial. Il y a ici acharnement et elle le crierait haut et fort si elle le pouvait.

Richard Gagné, Sainte-Pétronille

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On n’oublie pas Lac-Saint-Charles

En réaction au point de vue «Le Lac-St-Charles, c’est aussi Québec» d’Isabel Thibault, paru le 16 avril

Lire le texte ici.

Nous tenons à vous remercier de l’intérêt et de l’appui que vous portez au projet de réseau structurant de transport en commun que nous avons annoncé dernièrement.

La mise en place des constituantes du réseau structurant, d’ici 2026, amène le Réseau de transport de la Capitale à réévaluer l’ensemble de ses services locaux afin de mettre en place le bon niveau de service selon les besoins et le lieu de provenance de sa clientèle. À cet effet, tel que nous l’avons exprimé lors des séances de consultation, nous prenons l’engagement d’offrir différentes options aux citoyens de Lac-Saint-Charles pour effectuer les déplacements souhaités qui, en plus d’inclure le bus, reposeront sur d’autres modes de transport mieux adaptés aux conditions locales.

Nous sommes entièrement d’accord avec votre affirmation comme quoi «vous avez droit à un service de transport en commun de qualité». Nous nous engageons également à ce qu’avant de mettre en fonction ces modifications nous vous consultions à nouveau sur nos nouvelles propositions de service dans la couronne nord de la ville et que vos suggestions éventuelles seront prises en compte.

Nous vous remercions encore de votre appui au projet de réseau structurant et vous assurons que nous demeurerons toujours à l’écoute de vos commentaires.

Rémy Normand, président du Réseau de transport de la Capitale

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D’Auteuil et nostalgie

Le local qui logeait le resto-bar Le Cercle, dans le quartier Saint-Roch, accueillera le bar D’Auteuil. Les moins jeunes se souviennent que ce bar-spectacle a déjà existé, et a eu de beaux jours, sur la rue D’Auteuil, dans le Vieux-Québec.

LIRE AUSSI: Le D'Auteuil renaîtra dans la salle de spectacle du Cercle

Je souhaite bonne chance à ce projet, mais à prime abord, ça ne m’intéresse pas parce que je ne carbure pas à la nostalgie. J’aurais aimé un nouveau concept, un produit de 2018; pas un relent des années 90...

De plus, on se souvient que le bar D’Auteuil d’antan diffusait plusieurs spectacle de type «hommage» dans ses dernières années d’activité. Si le nouveau D’Auteuil a l’intention de nous passer cette sauce-là, on aura donc droit à de la nostalgie à deux niveaux, ou «double-crème». Ça risque de lever le cœur...

Cela dit, la nostalgie est à la mode à Québec: on n’a qu’à penser à la programmation du Festival d’été de Québec, au retour des duchesses du Carnaval, ou à ce désir de nombreux citoyens de ramener les Nordiques. Quelqu’un a des Gravol?

David Doyon, Québec

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Catastrophe annoncée

Depuis quelques semaines, le Système d’immatriculation des armes à feu du Québec (SIAF) a commencé l’enregistrement des armes à feu. L’enregistrement vise à contrôler la possession et la circulation des armes de manière à rassurer l’ensemble de la population qui craint, à tort ou à raison, la présence des armes à feu. Le gouvernement du Québec a choisi d’établir un registre des armes à feu, qui est en fonction depuis janvier.

Je suis un propriétaire d’armes de chasse et, à ce titre, je suis respectueux des lois et règlements. Je respecte aussi la sensibilité de mes concitoyens qui ont crainte de ces objets et je les appuie dans le besoin de contrôler ces engins qui, reconnaissons-le, peuvent être dangereux.

J’ai promptement procédé à l’enregistrement de mes armes de chasse. Bien que le site informatique du SIAF ne soit pas toujours facile à suivre, j’y ai réussi avec succès mes enregistrements.

J’ai reçu il y a quelques jours une lettre officielle du SIAF résumant mon dossier. Surprise!! Le document est incomplet. Il y manque deux armes, une autre n’est pas décrite, et une carabine dûment enregistrée n’apparaît pas dans la liste. En plus, la lettre officielle diffère de mon dossier personnel que j’ai pu consulter (une arme supplémentaire est inscrite au système informatique) sur le site Web.

Pour un simple enregistrement de quelques armes, plusieurs erreurs de base… Alors le Système d’immatriculation des armes à feu du Québec semble s’inscrire dans la longue liste des fiascos des systèmes informatiques gouvernementaux. Alors attendez-vous, encore une fois, à un dépassement important des coûts pour l’enregistrement des armes. Rappelons-nous que le défunt système d’enregistrement des armes à feu canadien, devant coûter quelques millions, a finalement engendré des dépenses de plusieurs milliards de dollars. Une autre catastrophe informatique en vue?

Michel Huot, chasseur responsable, Lotbinière