Carrefour des lecteurs

La générosité de Pierre Lahoud

En réaction à l’article «Le fascinant patrimoine vu du ciel de Lahoud» du 20 avril

L’historien, auteur et photographe Pierre Lahoud a volé au-dessus de tout le territoire québécois pendant 40 ans pour capter en images notre Québec sous tous ses angles. Son doigt magique a su immortaliser les plus beaux coins du Québec, conservant en mémoire notre patrimoine bâti, nos paysages uniques, nos villages côtiers, nos grandes villes, nos forêts, lacs et rivières, notre agriculture et la majestuosité de notre Saint-Laurent. 

Pierre vient de faire un merveilleux présent aux Québécois et Québécoises : 850 000 photos triées minutieusement parmi les plus belles de sa collection. Un véritable trésor… Voilà un grand geste qui révèle les valeurs de cet homme qui a toujours eu comme leitmotiv de montrer que le Québec est riche et que cette richesse doit être protégée.

Merci, Pierre.

Gaston Déry, C.M., Québec

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Une suggestion pour la peinture du pont

En attente de décisions finales sur le reconditionnement de la peinture du pont de Québec, n’y aurait-il pas lieu de mener des essais réels afin de déterminer quel type de nettoyage serait le plus approprié et quel type de recouvrement y adhérera le mieux? Est-il nécessaire de mettre le métal à nu?

La dernière peinture «verte» appliquée en début 1986 me semble tenir le coup relativement bien alors que la mise à nu n’était pas d’usage à cette époque (voir de visu du côté sud). En fait, est-il vraiment nécessaire de traiter toute la structure de la même façon, la partie haute étant relativement épargnée de corrosion sévère?

Alors, pourquoi ne pas utiliser les échafaudages déjà en place pour effectuer des réparations, comme la refonte à venir du tablier, pour mener ces essais, à la suite desquels un appel d’offres plus sûr pourrait être élaboré. Ce projet de peinture est gigantesque, pourquoi ne pas mettre toutes les chances du côté de la réussite.

Jacques Martin, Québec

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Hydro: drôle de calcul pour le remboursement

En réaction à l’article «Ce n’est pas à Hydro-Québec de faire un chèque» paru le 18 avril

Éric Martel, pdg d’Hydro-Québec, parle des petits chèques de 15 $ en discutant des méthodes possibles pour ajuster le trop-perçu. Ceci m’apparaît bien curieux, car 1,5 milliard de dollars distribués sur les 3,5 millions de ménages donne presque 430 $ par ménage. Il semble qu’Hydro-Québec calcule avec moins de sérieux lorsqu’il s’agit d’un remboursement que pour les augmentations.

Robin Kelleher, Québec

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Mort au projet de loi 17!

Le projet de loi 17 est-il un bon projet pour les chauffeurs de taxi qui vont perdre leur permis, leur emploi et leur sécurité? Non.

Pour les personnes handicapées qui vont devoir recommencer à se battre pour faire reconnaître en transport leur droit à l’accessibilité? Non. Pour les transporteurs publics qui vont être privés de moyens de transport pour offrir plus de transports collectifs sécuritaires, réguliers et adaptés, et poursuivre leur mandat de réduire les GES et la congestion routière? Non. Pour ceux et celles qui veulent lutter contre la surconsommation du pétrole et les changements climatiques? Non. Pour ceux et celles qui veulent des transports sécuritaires, réglementés et qui servent à faire accroître l’économie du Québec? Non.

Mort au projet de loi 17. Et des améliorations à apporter aux divers services par taxis réglementés pour les aider à se moderniser et à continuer d’offrir leurs services de diverses façons pour répondre aux besoins des diverses clientèles de gens pressés, riches, pauvres, écologiques, handicapées, âgées et autres. Et pour les autres personnes qui veulent offrir du transport, qu’ils s’arriment aux règles en cours (tarifs, permis, formation) et aux réalités des territoires où ils voudraient offrir leurs services. Le Québec n’est pas un «marché» à vendre au plus offrant!

France Croteau, Coordonnatrice du Regroupement des usagers du transport adapté de Sherbrooke métropolitain

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Désacraliser les identités

Le projet de loi 21 et les critiques qu’il continue de susciter sont la manifestation d’une tension inhérente à la gouvernance démocratique, celle entre le respect de l’État de droit et le respect de la volonté de la majorité. Bien qu’un gouvernement doive agir dans l’intérêt du bien commun, en effet, il tient son accession au pouvoir non pas d’un consentement unanime, mais d’une majorité de la population. Ainsi, par le truchement des élections démocratiques, un gouvernement incarne toujours la voix de ceux qui l’ont porté au pouvoir. Alors que l’État de droit exige des modalités de gouvernance et un système de contre-pouvoir qui protègent et défendent les intérêts de tout le monde. Or, parce que l’exigence du droit pourrait être contraire à des points de vue – même raisonnables par ailleurs- d’une majorité de la population, gouverner en démocratie implique quelquefois une tension entre la souveraineté d’une majorité et le respect de l’État de droit. Peut-on dépasser cette tension, en ce qui concerne la question de la laïcité de l’État?

Rappelons tout d’abord que l’objet des controverses actuelles ne porte pas sur la nécessité d’un État laïque, mais sur la signification de la laïcité et la forme que devrait prendre celle-ci. De même, en dehors des considérations identitaires et celles liées aux soupçons qui pèsent sur les religions, en particulier à l’endroit de l’islam, nos différentes positions sur la laïcité peuvent être soutenues par des arguments raisonnables et donc défendables, incluant le projet de loi 21. Enfin, vu les impacts négatifs sur le lien social et le fonctionnement même de la démocratie d’un écart trop grand entre le respect de la volonté de la majorité et les exigences de l’État de droit, il ne faudrait pas concentrer le débat sur la laïcité dans un cadre juridique, mais plutôt l’inscrire dans la problématique plus large du renforcement de la coexistence harmonieuse entre des groupes ayant des valeurs et des modes de vie différents.

Partant de ces considérations, j’estime que c’est en remettant à l’ordre du jour la négociation et le compromis inhérents à toute vie politique que nous pourrions dépasser la tension examinée plus haut. Il est vrai que l’État de droit n’est pas un absolu qui serait défini pour toujours. Mais la volonté de la majorité non plus ne peut définir à elle seule les règles de la vie commune, car un gouvernement juste ne peut être un comité destiné à satisfaire les intérêts de la majorité, fut-elle historiquement établie. Il nous faudra ainsi, pour entamer la négociation et trouver un compris, renoncer, dans notre débat sur la laïcité, à la posture intellectuelle qui consiste à établir a priori un ordre de priorité entre le respect de l’État de droit et le respect de la volonté de la majorité.

Une autre attitude d’esprit mérite d’être abandonnée, c’est le rapport religieux à nos identités. À l’instant où l’on érige en valeur absolue une identité, si l’identité, quelle qu’elle soit, devient une idole qui dicte toutes nos revendications sociales, nous ne chercherons plus à vivre avec autrui, mais à faire de lui notre miroir et à exiger de lui une reconnaissance inconditionnelle de notre différence. C’est pourtant par ce culte voué à notre différence que commence l’exclusion. Pour le conjurer, il faudra apprendre à négocier avec ce que nous sommes pour ouvrir la voie à une négociation conciliante avec ce que l’autre est. À ce niveau, chacun devrait faire sa part: pour les communautés religieuses, il s’agira désormais de savoir dans quelle mesure l’exploitation des potentiels de solidarité, de paix et de miséricorde, contenus dans les religions, pourrait conduire à faire une concession sur le port des signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité. Non pas dans l’optique de s’effacer, mais pour contribuer à l’apaisement du corps social. Quant à ceux qui revendiquent l’adhésion inconditionnelle à des valeurs québécoises jusqu’ici mal définies, le défi consistera à penser une politique de la diversité capable d’être «hospitalière à la différence», pour parler comme Charles Taylor. C’est donc par le sens retrouvé de la négociation et du compromis que nous parviendrons à définir un régime de la laïcité conforme à notre présent.

Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie au Cégep de Sainte-Hyacinthe

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Kenney est choqué

Le gouvernement de Justin Trudeau a approuvé deux projets de pipeline à la condition que le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley introduise une taxe carbone en Alberta, ce qui fut fait le 1er janvier 2017. Mais voilà que le nouveau gouvernement albertain, celui conservateur de Jason Kenney, compte l’abolir. Si cela advient, j’espère que le gouvernement Trudeau revendra dans les meilleurs délais Trans-Mountain (qu’il a acheté et payé 4,5 milliards $ pour satisfaire l’Alberta), même à perte.

Si le gouvernement albertain rompt sa promesse, pourquoi le gouvernement canadien ne ferait-il pas pareil? Jason Kenney envisage également la tenue d’un référendum sur la péréquation si aucun projet d’oléoduc ne voit le jour d’ici deux ans. Quand bien même 99% des Albertains répondraient Oui à la question suivante: «Voulez-vous abolir la péréquation?», il faut l’assentiment d’au moins sept provinces représentant au moins 50% de la population canadienne pour modifier la Constitution. Or, cinq provinces bénéficient de ce mécanisme de redistribution actuellement. Je serais donc surpris qu’elles veuillent y mettre fin.

Non, ce qui ferait mal au gouvernement fédéral (mais plaisir à bien des Québécois), c’est que l’Alberta fasse un référendum pour sortir du Canada. Malheureusement, les Albertains l’aiment trop pour cela. Voilà pourquoi Kenney ne fait peur à personne et qu’il fait sourire le premier ministre québécois, François Legault.

Sylvio Le Blanc

Montréal

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Alberta: le pick-up au pouvoir

Jason Kenney a choisi son véhicule électoral avec soin : un pick-up bleu. Ça a certainement frappé l’imaginaire des électeurs et contribué à sa victoire. Au Québec et dans une partie de plus en plus grande du reste du monde occidental, un politicien qui affirme effrontément sa fierté de «brûler du gaz» en se déplaçant pour sa campagne dans un véhicule de chantier reconnu énergivore aurait été vu comme un hurluberlu.

La question qu’on doit peut-être se poser maintenant au Canada est qui, du Québec ou de l’Alberta, constitue maintenant une société distincte? Quelle vision du monde est la bonne? Parce qu’à l’évidence, elles sont incompatibles.

André Verville

Lévis

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RESSERRER LES RÈGLES SUR L'ÉCOLE À LA MAISON?

Devant l’intention du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de resserrer les contrôles pour les parents qui font l’école à la maison en exigeant des agents de suivi du ministère de l’Éducation pour s’assurer que les élèves ont bel et bien suivi le programme obligatoire, des voix se sont élevées pour faire valoir leur «droit à la diversité» en éducation. «Avec le nouveau règlement, la maison devient carrément un local de l’école publique. Le ministre détruit l’esprit de l’école à la maison», argue un parent. Or, un article publié dans la Loi sur l’instruction publique stipule «qu’il n’est pas obligatoire de fréquenter l’école pour l’enfant qui reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d’après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l’école.»

D’ailleurs, à cet effet, certains constats ont révélé des lacunes dans l’encadrement de l’école à la maison. Dans ces circonstances, je suis d’avis que les règles encadrant l’école à la maison doivent être resserrées pour le plus grand bien des jeunes soumis à ce système d’éducation parallèle.

Henri Marineau

Québec

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Étude comparative métro-tramway

À ma grande stupéfaction, j’ai appris en lisant Le Soleil que le gouvernement de la CAQ demande une étude comparative métro vs tramway.

Une telle demande est surprenante vu sa décision de réaliser le troisième lien sans aucune étude d’opportunité, ayant ordonné l’arrêt d’une telle étude dès leur arrivée au pouvoir. Pourquoi une étude pour le tramway et pas pour le troisième lien? Serait-ce parce que ce gouvernement gouverne en fonction de ce que certains médias proclament haut et fort au nom d’une supposée opinion de la population? Rappelons que le sondage réalisé par le FM93 en faveur du métro a été réalisé alors que ses promoteurs clamaient pouvoir le faire au même coût et de la même longueur que le tramway.

Daniel Guilbault, Saint-Augustin-de-Desmaures

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Piste cyclable de 8 millions $

La piste cyclable surélevée dans le Vieux-Port représente visiblement un projet audacieux qui sème la grogne et suscite la controverse. Décidément, voilà une thèse qui ne fait certes pas consensus. Les coûts pour cette esquisse augmentent douteusement et rapidement. Se complique-t-on la vie volontairement à des coûts déraisonnables?

Selon plusieurs observateurs adeptes du vélo, il serait beaucoup plus simple, considérant la courte distance à parcourir, de demander aux cyclistes d’emprunter le trottoir en marchant à côté du vélo avec les piétons. Cela éviterait donc d’enlever une voie de circulation aux automobilistes et d’économiser ainsi des dollars, 8 millions $, qui seraient plus utiles ailleurs.

Michel Beaumont, Québec

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Notre-Dame de Paris nous fait réfléchir

Notre-Dame de Paris en cette semaine sainte (juste une référence discrète) ravagée par le feu nous fait réfléchir.

Imposante, élégante, historique, cette cathédrale est porteuse d’un sens particulier qui transcende le débat confus d’ici. L’humain tiraillé par tant de contradictions explore des symboles étonnants, laisse libre cours à son imagination, traduit ses aspirations, explore le grandiose. C’est la recherche inlassable du plus grand et du plus haut. Le temps des cathédrales, c’est monter vers les étoiles, écrire son histoire (avec lumière et obscurité). Notre-Dame de Paris sera reconstruite, affirme le président Macron, parce que cette quête de splendeur alimente l’élévation de l’homme et le signe religieux, si contesté soit-il, en est le tremplin! Le temps des cathédrales laisse entrer les païens et les barbares également... Notre débat alambiqué du signe religieux sera-t-il un peu source de petite gêne en ce mois d’avril 2019?

Douglas Beauchamp, Québec