Carrefour des lecteurs

Les médecins n'ont pas encore compris

Que faudrait-il aux médecins pour qu’ils abandonnent leurs privilèges corporatifs et adhèrent au consensus social sur le partage des tâches et responsabilités dans le domaine de la santé?

Toujours frileux de laisser aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) le soin de répondre aux besoins de première ligne dans certains domaines, ils veulent maintenir leur autorité professionnelle sur ces dernières. Déjà que les médecins reçoivent 30 000$ par année pour des supervisions souvent inutiles auprès des infirmières praticiennes, et le même montant pour des frais de bureau qu’elles occasionnent, ils veulent également conserver le sacro-saint pouvoir de poser un diagnostic, comme si tout était question de vie ou de mort pour les patients.

Une partie de la solution, nous le savons, réside dans l’autonomie des IPS. Derrière ces batailles de pouvoir, le partage du pactole est en cause. Cet appât du gain de la part des médecins commence à gruger profondément la patience des Québécois qui se demandent si un gouvernement finira par mettre au pas ces docteurs mercantiles.

Marcel Perron

Neuville

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Alex Harvey, une retraite bien méritée

L’as fondeur de 30 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges, Alex Harvey, vient d’annoncer qu’il se retirait de la compétition après une carrière phénoménale, l’ayant conduit à cinq éditions des championnats du monde de 2009 à 2017, remportant cinq médailles: deux d’or avec le sprint par équipes des mondiaux d’Oslo en 2011 et le cinquante des mondiaux de Lahti en 2017, l’argent du sprint classique de Falun en 2015 et deux de bronze, sur le sprint classique à Val di Fiemme en 2013 et le skiathlon à Falun.

Une fiche exceptionnelle qui contribue amplement à considérer le Québécois Alex Harvey comme un des plus grands fondeurs de l’histoire contemporaine dont le talent et la détermination n’ont d’égales que ses performances extraordinaires. Chapeau à toi, Alex, pour avoir contribué à inspirer une pléiade de jeunes à qui tu as su communiquer toute l’importance de l’effort comme moteur de la réussite… Nul doute que ta retraite est grandement méritée!

Henri Marineau

Québec

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«Black Panther» ou «Panthère noire»?

La cérémonie des Oscar se tiendra le 24 février. Les Français y verront notamment s’affronter pour l’Oscar du meilleur film «Black Panther» et «A Star Is Born», alors que pour les Québécois ce sera plutôt «Panthère noire» et «Une étoile est née».

Depuis 20 ans, la moitié des récipiendaires de l’Oscar du meilleur film portent un titre anglais (Shakespeare in Love, American Beauty, Gladiator, Million Dollar Baby, No Country for Old Men, Slumdog Millionaire, The Artist, Twelve Years a Slave, Spotlight et Moonlight) en France, où l’anglomanie frappe sérieusement. Il est heureux qu’au Québec les distributeurs soient tenus de traduire les titres en français.

Le premier commissaire aux langues officielles du Canada, Keith Spicer, a confié un jour avoir commencé son apprentissage du français en lisant les boîtes de céréales. Pour les Français, ce sont les titres de film.

Sylvio Le Blanc, Montréal

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Suggestion au Collège des médecins

Il y a quelques jours, je suis allé à la clinique sans rendez-vous de l’Hôpital régional de Portneuf à Saint-Raymond où, à la porte, il est écrit «Urgence». Je suis arrivé à 15h30 et j’ai rencontré le médecin dépanneur à une heure du matin. Après mon départ, dans la salle d’attente, il restait encore cinq ou six patients qui n’avaient pas encore rencontré le médecin, car je crois qu’il était seul. Tous ces patients étaient à moitié morts, longeaient les murs, découragés.

J’ai entendu parler le président du Collège des médecins et il était hésitant sur l’engagement des superinfirmières qui aideraient à désengorger les salles d’attente. Pour connaître véritablement l’épreuve des attentes dans les hôpitaux, j’invite tous ces médecins, qui auront bientôt des décisions à prendre sur le travail de ces infirmières, à aller s’asseoir dans une salle d’attente entre 15h30 et une heure du matin. Ils auront le temps de penser aux milliers de Québécois qui subissent cette épreuve depuis des années.

Jean-Louis Plamondon, Saint-Raymond

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Prêtres pédophiles: un pas dans la bonne direction

En défroquant l’ex-cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, accusé d’abus sexuels sur au moins un adolescent il y a plus de 50 ans, le pape François crée un précédent historique.

Rappelons que, à la suite des révélations d’énormes scandales à caractère sexuel aux États-Unis, au Chili et en Allemagne, François avait déclaré qu’il appliquerait la «tolérance zéro» envers les coupables de telles ignominies.

Par ailleurs, la sanction sans appel de McCarrick arrive juste avant une rencontre des présidents des conférences épiscopales du monde entier au Vatican et au cours de laquelle ils aborderont la responsabilité des prélats ayant gardé sous silence des agressions sexuelles de mineurs par le clergé. Certaines rumeurs laissent croire que le cas McCarrick ne serait que la pointe de l’iceberg et que de nombreux cas similaires se sont produits depuis des décennies. J’espère que ce premier pas dans la bonne direction créera l’élan nécessaire à dépoussiérer une Église embourbée dans ces scandales qui contribuent implacablement à sa décadence.

Henri Marineau, Québec

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Pourquoi pas des super-infirmières?

La ministre de la Santé Danielle McCann propose d’implanter des super-infirmières au Québec. Je suis d’accord. Il y en a partout aux États-Unis et dans plusieurs provinces du Canada.

Alors pourquoi pas chez nous? Cela semble déranger le président de la Fédération des omnipraticiens, Louis Godin. De quoi a-t-il peur? Les super-infirmières(ers) désengorgeraient les urgences des hôpitaux. Ils et elles ont étudié assez longtemps pour aider dans notre système de santé. J’ai confiance en eux. M. Godin craint-il un problème du côté financier pour ses membres? Je ne crois pas, enfin j’espère! Que le gouvernement Legault mette de l’avant ce projet le plus tôt possible, on en a grandement besoin.

Madeleine Boucher, Québec

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Déversement: où sont les verts?

Voilà que la Ville de Québec annonce, bien candidement, un important déversement de 125 millions de litres d’eaux usées dans le fleuve. Pourtant, la Ville prône des saines habitudes environnementales.

De l’autre côté, vous en conviendrez, on ne se gêne pas pour transgresser les règles du jeu à travers des vertus à géométrie variable! À mes yeux, le plus choquant demeure le silence de notre chien de garde, encore une fois incapable d’aboyer, du ministère de l’Environnement, qui devient volontairement sourd, aveugle, muet et consentant! On repassera pour la protection et la fierté!

Où sont nos chers environnementalistes et nos députés qui se prennent souvent pour des chevaliers de l’environnement? Leurs capteurs ne détectent rien! Ont-ils soudainement perdu leurs convictions et le goût de passer devant les caméras avec une voix affirmée? Ces défenseurs de l’environnement me déçoivent au plus haut point; je ne les crois plus du tout. Ils sèment la déception. Où sont les vrais verts?

Michel Beaumont, Québec

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Chapeau aux déneigeurs!

Nous avons eu droit à une combinaison gauche-droite (one-two punch) mercredi et vendredi qui aurait mis K-O bien des villes.

Tôt mercredi, j’avais un rendez-vous à la clinique que je ne pouvais pas rater et non seulement la clinique était ouverte, mais j’ai pu m’y rendre également, grâce aux déneigeurs. Puis vendredi, j’étais coincé dans un important banc de neige. Un déneigeur, probablement harassé suite à de longues heures de travail, est passé et m’a fait la faveur de reculer et débarrasser le devant de mon auto pour que je puisse sortir. Incroyable, mais vrai! Malgré les exhortations de ne pas prendre la route et de rester à la maison, je me suis fait la réflexion en chemin vers la clinique puis à la pharmacie que ce serait une insulte aux services de déneigement public et privé et aux employés des entreprises qui ont bravé la tempête de ne pas mettre à profit leur disponibilité, leur travail et leur courage.

Georges Jodoin, Québec

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Maternelle à 4 ans, qu’est-ce qui presse tant?

La CAQ a décidé de voter une loi pour la maternelle quatre ans. Qu’est-ce qui presse tant?

Nos écoles sont en ruines et il manque de ressources humaines partout au Québec. À choisir entre les deux, je m’empresserais de réparer les bâtisses scolaires, d’en construire parce qu’il en manque et d’engager du personnel qualifié pour nos enfants. La maternelle quatre ans peut attendre, il me semble. Même si le gouvernement de monsieur Legault est majoritaire, il ne faut pas oublier que c’est 37,42 % des gens qui ont voté pour eux. Il reste tout de même 57,98 % qui ont voté pour les autres partis. C’est pourquoi il y a tant de mécontentement sur la loi des maternelles quatre ans. J’invite le gouvernement à s’occuper du plus urgent avant de faire des lois qui peuvent attendre. M. Legault, vous avez quand même quatre ans pour réaliser votre programme, alors un peu d’ordre s.v.p.

Madeleine Boucher, Québec

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Jouer dehors

Il est où le problème? Lorsque j’étais à l’école primaire et secondaire, nous avions une récréation le matin et l’après-midi. L’été, nous pouvions jouer à la balle molle, marcher, se distraire et l’hiver on jouait au ballon coup-de-pied, ballon chasseur, etc.

En fait, on prenait l’air, on se détendait et tout cela sous la surveillance, voire l’implication du professeur qui animait et obligeait tous les élèves de sa classe à participer. Pour un enseignant, accompagner les élèves et aller dehors n’était pas un surplus de travail, une tâche additionnelle comme le prétendent certains enseignants, non, ça leur faisait du bien et ils avaient aussi hâte que nous d’aller dehors. Pour ce qui est de l’habillement, tout était régularisé, nous nous habillions seuls et devions faire vite, la même chose au retour. Donc, il n’y a pas de problème sauf celui des profs anti si, anti ça, qui ne jurent que par le moindre effort et qui ne prennent pas leurs responsabilités. Pour certains profs, un élève agité est un élève qui a un trouble TDA ou TDAH, c’est plus facile de dire cela que de reconnaître qu’il est normal pour un enfant de bouger, d’être parfois excité d’aller dehors. S’épivarder ne fait que du bien au corps et à l’esprit. Même pour les profs.

Jacques Larose, Québec