Carrefour des lecteurs

Dédicaces à PGL

Comme je l’ai fait pour Claire Kirkland-Casgrain et «Pops», j’ai tenu à assister aux funérailles de Paul Gérin-Lajoie. Dans ce genre d’événement, ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est écouter les hommages. Alors que notre société est vieillissante, j’ai trouvé intéressant que son fils François nous rappelle qu’au cours des dernières années, malgré son physique fragile, cette vedette de la Révolution tranquille avait conservé sa vivacité intellectuelle.

Philippe Couillard a souligné son legs «universel» et «intemporel». Quant à Sébastien Proulx, il a rappelé que «l’éducation, c’est la liberté!» 

Par contre, j’étais perplexe lorsque Hélène David a évoqué «l’aube de l’exercice démocratique qui nous attend». Tenait-elle à ce qu’on se remémore de quel parti était le défunt? Bon, puisqu’il est question d’élection, voyez-vous poindre beaucoup de visionnaires dignes de PGL à l’horizon?

J’ai acquiescé lorsque Mamadou N’Doye, ex-ministre originaire de la République du Sénégal, a déclaré que «la littératie» n’était pas tout et qu’il fallait aussi des «compétences de vie» pour aboutir à «l’autonomie».

Finalement, j’ai eu la chair de poule lors de la prise de parole de l’animatrice Annie-Soleil Proteau, «petite fille d’Hochelaga», à qui La Dictée P.G.L «avait donné des ailes».
Que PGL veille sur tous ces jeunes qui vont bientôt reprendre le chemin des classes...

Martine Lacroix

Montréal

Carrefour des lecteurs

Arrêts à volonté

Chaque jour, je me rends à vélo à mon travail et chaque jour, je constate le manque de respect des cyclistes envers les règles de la circulation. Ce matin même, deux cyclistes me doublent à vive allure pendant que j’attends le feu vert, comme si les couleurs du sémaphore étaient réservées aux «nigauds» qui, comme moi, entretiennent l’idée saugrenue que la loi ne peut souffrir d’aucune exception.

Car il est bien indiqué, sur le site de la SAAQ, que les règles de la circulation sont les mêmes pour tout le monde, les cyclistes comme les automobilistes, ce qui pourtant n’empêche pas les premiers de «faire leurs stops» et de s’arrêter aux feux rouges quand bon leur semble, comme si le citoyen était habilité, dans le cas du cyclisme, à juger lui-même de la pertinence de la loi.

Cette proposition peut paraître exagérée, mais comme les gouvernements ne font rien et que les policiers ne donnent presque jamais de contraventions aux cyclistes, il est à se demander s’il n’y a pas des lois qui ne doivent pas, en pratique, être prises trop au sérieux, au risque d’entraîner un problème plus grave encore que celui qu’elles avaient pour but de régler.

Si tel est le cas, si l’État a de bonnes raisons de ne pas appliquer intégralement le Code de la route, j’aimerais bien en être informé, afin de pouvoir moi aussi respecter les stops et les feux rouges quand bon me semble.

Éric Labbé, Québec

Opinions

L’espoir sorti de l’ombre

Le premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec, Paul Gérin Lajoie, repose maintenant en paix après avoir révolutionné le monde de l’éducation dans les années 60. Grâce à ses politiques qu’il a fait voter à l’Assemblée nationale, des milliers de jeunes ont pu sortir de l’ombre et accéder à l’éducation gratuite.

Un des piliers de la Révolution tranquille du Québec, artisan de la révolution du système d’éducation et qui nous a sorti de l’ère Duplessis, il a reçu les grands honneurs lors de ses funérailles nationales célébrées en fin de semaine. C’est sous sa gouverne que l’éducation est devenue une responsabilité de l’État, et que le clergé a perdu ses prérogatives dans le domaine à tous les niveaux, de la petite école à l’université.

Carrefour des lecteurs

Le cannabis au temps de l’hystérie

Franchement je ne comprends pas... Il y a des points de vente d’alcool juste à côté des écoles, et personne ne déchire sa chemise... On vend des produits du tabac et des vapoteuses à quelques mètres de parcs, et personne ne monte sur ses grands chevaux... On dirait que, depuis l’annonce de la légalisation prochaine du cannabis, un vent d’hystérie a commencé à souffler au Québec.

On revient aux vieux arguments de «plante démoniaque» qui recirculent en boucle au point que ça en devient ridicule. Le cannabis a causé moins de mortalité que le tabac ou l’alcool, mais il continue à faire peur. J’ai l’impression de revivre le temps de la Prohibition : on utilise des arguments émotifs au lieu d’utiliser sa raison. On traite les jeunes comme s’ils n’étaient pas capables de jugement. Pourtant, je ne les vois pas se précipiter avant leurs cours dans les dépanneurs pour de la bière.

Jean-Pierre Grenier, Québec

Carrefour des lecteurs

Santé buccodentaire: où sont les élus?

En réaction à l’éditorial de Pierre Asselin : «L’angle mort du système de santé», paru le 3 août

À titre de président de l’Ordre des dentistes, je tiens à préciser que le rôle de l’Ordre est de protéger le public et de s’assurer qu’il puisse avoir accès à des soins de qualité .

L’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) a toujours dit que les enfants auraient accès à des soins en cas d’urgence, et ce en toute circonstance. 

L’Ordre a pour mandat de s’assurer que les dentistes vont respecter leur Code de déontologie.

Les élus du Québec donnent l’impression d’avoir une fascination à utiliser les dentistes pour leurs propres besoins politiques.

Ils ont refusé de déposer une loi pour moderniser le champ de pratique, ils refusent de couvrir les actes dentaires médicalement requis pour nos citoyens les plus vulnérables, ils n’osent pas parler de fluoration de l’eau potable, ils viennent tout juste de considérer donner accès aux dentistes au dossier santé Québec (DSQ), et ce, après plus de sept ans de revendications, mais ils donnent des bonus aux médecins et passent en urgence une législation pour permettre aux pêcheurs d’acheter de la bière avant 10 heures du matin.

Malheureusement la santé buccodentaire est constamment ignorée lorsqu’il est question de législation et de couverture publique des soins, et ce, par tous les partis politiques, sauf si cela peut leur bénéficier.

Y a-t-il une élection qui s’en vient?

Dr Barry Dolman, Président de l’Ordre des dentistes du Québec

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Le pape François et les Québécois

Lors d’une récente visite des évêques du Québec au Vatican, le pape François s’est livré à deux confidences :

1) Lors d’une pause café, il a déclaré à Mgr Marc Pelchat qu’il priait tous les jours pour cinq pays en particulier et que l’un de ces cinq pays était le Québec.

2) Lors d’une rencontre de groupe avec ces mêmes évêques, il a émis l’opinion suivante : «La raison principale pour laquelle les laïcs du Québec ne s’impliquaient pas en pastorale était le manque de formation continue de son clergé.»

Je ne me souviens pas que ces confidences aient fait grand bruit dans les nouvelles du jour. Que la prière du saint pape, jumelée à une meilleure formation continue du clergé québécois, conduise notre Église de Québec à un renouveau qui parlerait surtout aux jeunes me semble un beau défi à relever. Notre Église, en plus de se dire «une», pourrait aussi devenir plus «sainte». Travailler à mieux fonder et mieux transposer sa vue du Christ dans la vue trinitaire amènerait peut-être cette Église à passer d’une dimension noétique des Vérités à croire, à une dimension de communication personnelle, dynamique, dialogique avec la Parole, dimension voulue par l’Esprit du concile Vatican II et très partiellement reçue par son clergé mal formé.

André Doré, Québec

Carrefour des lecteurs

Souvenirs en fumée

Par un superbe après-midi, après mon repas, je retourne m’installer sur mon patio, qui donne sur la place de l’église, pour finir mon verre de rouge. Ma conjointe et moi voyons un vieux couple se tenant par la main. Ils traversent laborieusement la rue pour entrer sur le terrain du couvent, derrière l’église du village.

Je le mentionne à ma conjointe. C’était tellement beau de voir ces deux personnes avancer pas à pas, la main dans la main!

Dès qu’elles ont atteint le terrain du couvent, ce n’était pas moins beau, mais c’est avec surprise que nous les avons vues s’arrêter. Elles ont chacune sorti une clope qu’elles ont allumée et aspirée d’un grand coup.

Ce ne fut pas long que nous pouvions sentir l’odeur de leurs cigarettes sur notre patio.

C’est là que m’est revenu le souvenir du temps où je fumais régulièrement.

Je me souviens de cette fois où mon nouveau médecin de famille m’avait demandé si je fumais. Assis devant lui, avec mon bon vieux veston de tweed qui devait empester le cendrier, je lui avais répondu le plus sérieusement du monde qu’il m’arrivait d’en brûler une occasionnellement. Son sourire était tellement parlant!

Comme je me plais à le dire aujourd’hui, j’ai arrêté de fumer il y a au moins 40 livres!

C’est la vie!

Denys Hawey, Saint-Michel-de-Bellechasse

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Se faire soigner, au public

En réaction à la lettre d’opinion «Se faire soigner ici» de Mme Diane Francoeur, parue le 1er août

Lire la lettre ici.

Je me permets de réagir à la lettre de la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Ce qui m’indigne, c’est que vous dénoncez un «système politique dysfonctionnel» et vous mentionnez le jugement Chaoulli de 2005 qui recommande de «desservir dans des délais raisonnables» des soins de santé. Par la suite, vous affirmez que «la Fédération des médecins spécialistes du Québec que je préside s’est clairement positionnée en faveur du système public, et nous ferons tout ce qui sera possible pour le défendre et l’améliorer». Je me questionne: comment se fait-il qu’en 2018, il existe encore autant de délais?

Là où le bât blesse, c’est que vous suggérez qu’il existe des chirurgies hors RAMQ au Québec «à des coûts moins prohibitifs que ceux que vous envisagez à l’étranger.» Donc, puisque j’ai une blessure au genou depuis 10 mois, vous me suggérez de consulter au privé malgré tous les impôts payés pour un système public qui ne fonctionne plus! Quand pourrais-je rencontrer un spécialiste? Qu’est-ce qu’un agent administratif?

Pour conclure, j’ai une grande difficulté à comprendre comment la présidente d’une fédération puisse conseiller à une personne d’aller se faire soigner au privé. Je n’ose même pas imaginer que le président ou la présidente des commissions scolaires du Québec puisse conseiller aux payeurs d’impôt d’aller à l’école privée parce que notre système d’éducation public est «dysfonctionnel».

Patrice Royer, Québec

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Une terre inhabitable?

En réaction à l’éditorial «Nous avons créé ces canicules» du journaliste Pierre Asselin, paru le 1er août

Les canicules deviennent de plus en plus fréquentes, comme on le constate cet été. Depuis près de 150 ans, on extrait des entrailles de notre planète une énergie (charbon et pétrole) qui conduit cette planète à sa perte alors qu’à sa surface elle nous offre son hydro-électricité, son énergie éolienne et celle du soleil.

Malgré tout cela et au nom de leur économie nationale, d’importantes puissances se désistent de l’Accord de Paris, alors que d’autres pays assouplissent de façon irresponsable leurs normes environnementales.

À quoi donc serviront tous ces progrès techniques des dernières décennies sur cette terre quand on ne pourra plus y vivre? Un héritage dont on ne peut être fier.

Gilles Côté, Lévis

Carrefour des lecteurs

Un 3e lien obsolète?

Un troisième lien routier entre Lévis et Québec ne serait pas en service avant une quinzaine d’années, le temps de faire les études de faisabilité, de préparer les plans et devis et de construire cette infrastructure.

D’ici là, on aura rendu sécuritaire l’usage des voitures autonomes et la technologie des autos volantes se sera développée. Dans quelques décennies, ces nouveaux moyens de transport deviendront usuels.

Notre réseau routier sera-t-il alors en partie obsolète?

Les décisions prises maintenant d’investir des milliards de dollars dans le prolongement et la construction d’infrastructures routières sont-elles les bonnes?

Le transport de masse des passagers et des marchandises restera cependant un enjeu important.

Plutôt que de construire un troisième lien routier, pourquoi ne pas prolonger la ligne de tramway et la faire passer sous le fleuve à la hauteur de Saint-Nicolas et de Lauzon pour le déplacement des citoyens sur les deux rives et aussi pour le transport des marchandises en dehors des heures de pointe?

Benoît Bouffard, Lévis

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La CAQ: pour anglos et francos

En réaction à l’article «Legault tend la main aux anglophones» paru le 31 juillet

En tant qu’anglophone et ancien candidat à la présidence de la commission scolaire Lester-B. Pearson en novembre 2014, je crois que les anglophones devraient accueillir à bras ouverts une victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ) le 1er octobre prochain. La promesse d’éliminer les élections scolaires ne doit pas être une source de crainte quant à l’incidence du Plan éducation de la CAQ, lequel vise à revitaliser notre système d’instruction publique anachronique.

Les droits des anglophones ne seront pas mis à risque, car les enseignants, les directeurs d’école, le personnel de soutien et les parents constitueront un nouveau moyen de prendre des décisions, plutôt que de laisser cette tâche à un groupe de commissaires isolé, dont la moitié assument leurs fonctions par acclamation, protégeant ainsi leur poste.

Un gouvernement de la CAQ n’apportera rien de pire pour les anglophones, peut-être mieux, et aura un plus profond respect des communautés. En ce qui a trait aux lois régissant la protection de la langue et de la culture françaises (projet de loi 101), très peu changera. La CAQ dirigée par François Legault, ancien ministre de l’Éducation, promet de convertir le coûteux réseau des commissions scolaires élues, d’une entité de décideurs politiques à un fournisseur de services pour les écoles.

Par conséquent, les conseils d’établissement auront plus de pouvoir décisionnel afin de mieux gérer et contrôler leurs propres institutions tout en centrant leurs efforts sur les élèves.

Le plan de la CAQ est un cadeau pour les communautés francophones et anglophones du Québec.

Chris Eustace, Montréal

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Se faire soigner ici

En réaction à la lettre de Suzel Brunel, «Une hanche à Paris?», parue le 28 juillet 

Votre lettre ouverte m’a interpellée. Nul ne peut rester indifférent ou impassible devant votre souffrance. Bien que notre système de santé compte du personnel compétent et dévoué, des décisions politiques l’ont rendu souvent dysfonctionnel.

Les Québécois financent un réseau public de santé qui doit les desservir dans des délais raisonnables. À la suite du jugement Chaoulli en 2005, le gouvernement a d’ailleurs fixé ce délai à six mois pour certaines chirurgies, dont les prothèses de la hanche. À défaut de quoi, une référence doit être faite dans un autre établissement à l’intérieur du système public ou dans une clinique affiliée. Loin de moi l’idée d’encourager le système privé, la Fédération des médecins spécialistes du Québec que je préside s’est clairement positionnée en faveur du système public, et nous ferons tout ce qui sera possible pour le défendre et l’améliorer.

Du reste, des chirurgies hors RAMQ sont offertes au Québec à des coûts moins prohibitifs que ceux que vous envisagez à l’étranger. J’espère que vous serez bien renseignée dans ce choix de traitement. Sachez d’ailleurs qu’il est fortement déconseillé de voyager en avion après pareille intervention en raison du risque d’embolie pulmonaire.

Votre clinique d’orthopédie et l’agent administratif à votre dossier doivent être informés de la détérioration de votre condition, voire de votre douleur incapacitante. Nul ne mérite d’être laissé en souffrance sur une liste d’attente.

Je me permets de vous souligner que les médecins spécialistes ont sensibilisé le gouvernement à limiter la fermeture de blocs opératoires pendant l’été et à favoriser l’achat regroupé de prothèses pour éliminer les quotas qui allongent les listes d’attente.

Je vous souhaite des démarches fructueuses et un rapide retour à la santé.

Diane Francœur, présidente , Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)

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Trump a raison sur le fond

En réaction à l’éditorial «Le bordel» du journaliste Jean-François Cliche paru le 26 juillet

Le recul récent, ces derniers jours, de l’Union européenne sur les tarifs douaniers et qui reconnaît qu’elle doit faire un effort de réduction du déficit et la Chine qui est d’accord pour réduire le déficit commercial astronomique de près de 500 milliards $. Le Mexique et son nouveau président qui, lui aussi, est prêt à donner du lest donne raison à l’ennemi planétaire Donald Trump, sur le fait que les États-Unis ont raison sur le fond du problème, soit de réduire le déficit commercial annuel de 900 milliards $.

Si le Canada était dans la même situation, on exigerait de nos dirigeants de faire quelque chose et de corriger le problème. Ça n’a rien à voir avec la personnalité d’un individu.

Jacques Dumais, Lévis