La ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, se dit très préoccupée par des dérapages à caractère sexuel survenus en septembre dans certaines universités, au cours d'activités d'initiation.

Décembre étudiant

ÉDITORIAL / Les étudiants québécois s'opposaient à ce que les 80 millions $ dégagés par Ottawa dans son dernier budget aboutissent dans les coffres des cégeps et des universités. Ils estimaient que l'argent devait servir à la bonification du programme de prêts et bourses. Ils ont convaincu la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David. Une bonne façon pour le gouvernement Couillard de se démarquer de celui de Jean Charest et de ses rapports houleux avec les étudiants.
C'est une belle occasion aussi de mettre à jour le régime d'aide financière et de l'adapter au profil des étudiants d'aujourd'hui. Outre la bonification des frais de subsistance qui profitera à quelque 146 000 jeunes, plus de 11 000 étudiants et étudiants chefs de famille monoparentale toucheront une aide plus généreuse et mieux axée sur leurs besoins. La conciliation famille-études, c'est une réalité en 2016. 
Les libéraux ont également l'occasion ici de démontrer que l'accessibilité aux études supérieures, qu'importent les revenus familiaux, est importante pour eux. Si le Québec veut disposer d'une main-d'oeuvre bien formée et hautement qualifiée, tous ceux qui ont les capacités de mener des études au cégep et à l'université doivent pouvoir le faire. Les revenus ne doivent pas être un frein.
Cette fois-ci, la ministre n'a pu utiliser la formule usuelle depuis que Québec affiche des surplus. L'annonce de jeudi n'est pas attribuable à la marge de manoeuvre dégagée grâce à des mois de rigueur budgétaire et de reprise de contrôle des finances publiques. 
Si Mme David a pu se présenter avec les représentants étudiants enthousiastes, c'est parce que le gouvernement de Justin Trudeau a décidé de donner un coup de pouce aux jeunes moins bien nantis et à ceux de la classe moyenne du Canada.
Dans le budget de Bill Morneau, les crédits d'impôt pour études et manuels scolaires ont été abolis, mais 300 millions $ de plus ont été accordés au programme de soutien canadien de prêts et bourses. Québec ayant son propre régime d'aide financière aux études, il pouvait exercer son droit de retrait avec pleine compensation. 
La Fédération des cégeps aurait souhaité qu'une partie des 80 millions $ qui revenaient au Québec soient dirigés vers les établissements plutôt que dans les poches de certains étudiants. Les contraintes budgétaires imposées par Québec avaient, selon elle, affecté tous les étudiants. Tous devaient donc profiter d'un réinvestissement de Québec.
La ministre a plutôt penché du côté des étudiants. Elle évite un affrontement avec eux. Après le tumultueux printemps érable de 2012, cela vaut mieux ainsi. Elle prévient aussi des tiraillements entre Québec et Ottawa. Ayant déjà un désaccord avec Ottawa sur les transferts en santé, Québec s'en épargne un en éducation comme au temps de Jean Chrétien avec les Bourses du millénaire.
Mme David a manifestement gagné la confiance des étudiants. «À un moment où l'on discute de remaniement ministériel, nous tenons à souligner le travail effectué par la ministre. Nous souhaitons que le premier ministre ne redémarre pas le carrousel qu'a été le ministère de l'Enseignement supérieur ces dernières années», soutient le président de l'Union étudiante du Québec (UEQ) dans un communiqué. 
Philippe Couillard doit en prendre bonne note. Cela doit faire belle lurette qu'un ministre libéral suscite un commentaire aussi positif de la part d'un leader étudiant. L'UEQ parle aussi d'un «gain historique» pour les étudiants plus démunis.
Ce climat de confiance et de collaboration est de bon augure pour faire avancer d'autres dossiers dans les cégeps et les universités. Le gouvernement Couillard aime répéter que l'éducation est sa priorité. On attend la suite.