Bombardier: socialiser les pertes et privatiser les profits

Bombardier vient d’annoncer la suppression de 2500 emplois au Québec. On se rappelle que Bombardier avait reçu une aide financière de 1,3 milliard de dollars de la part du gouvernement Couillard dans la CSeries qui est maintenant la propriété d’Airbus. Même si la «restructuration» annoncée ne touche pas la CSeries, il n’en demeure pas moins que Bombardier a profité largement de l’aide monétaire de l’État tout au long de son histoire. Si ces coupures de postes vont plaire aux actionnaires, elles auront des conséquences désastreuses auprès des employés licenciés qui ont appris la nouvelle via un communiqué de presse laconique de la haute direction de l’entreprise.

Véritables «assistés sociaux» dans les moments difficiles, les dirigeants de Bombardier se sont remplis les poches aussitôt que l’entreprise a eu la tête hors de l’eau en s’octroyant des hausses salariales et des primes indécentes. Pour eux, sky is the limit… même si parfois certaines décisions concernant les grandes orientations de l’entreprise ont volé bas.

Voilà un bel exemple d’une société néolibérale où les gouvernements interviennent à même les fonds publics, en socialisant les pertes des grandes entreprises dans les secteurs des banques, de l’automobile, de l’aéronautique et autres. Une fois la tempête passée, ils laissent libre cours à des stratagèmes qui visent une maximisation des profits, engraissant ainsi les portefeuilles des actionnaires avides de rendements, tout cela au détriment d’une main-d’œuvre de plus en plus jetable.

Marcel Perron
Neuville

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LE MANQUE DE CONSCIENCE SOCIALE

Le problème de Bombardier, ce n’est pas qu’il effectue des mises à pied. On ne peut lui reprocher de prendre des mesures difficiles, mais nécessaires pour renouer avec la rentabilité. Mais on peut lui reprocher son manque de conscience sociale. Sa façon de gérer les mises à pied est brutale : un simple communiqué, inattendu, et même contraire à des propos antérieurs récents. Aucune communication avec les représentants syndicaux ni avec les employés. Silence radio sur la gestion des ressources humaines.

Cela après que les gestionnaires se soient accordé des augmentations scandaleuses puisées à même les fonds publics. Lors d’une conférence de presse portant sur l’annonce de la restructuration, le responsable des relations publiques de Bombardier ne semblait avoir aucune gêne à demander à tous les employés de faire un effort.

Bombardier agit en capitaliste pur et dur lorsque ça fait son affaire, mais est toujours aux premières loges lorsqu’il a besoin de l’aide de l’État. Comme toutes les autres entreprises du domaine de l’aéronautique à travers la planète, il en a pourtant fortement besoin. Il ne se facilite pas la tâche pour ses prochaines demandes.

En passant, M. Legault en a échappé une, cette semaine, en refusant de soulever la moindre réserve à l’endroit de la politique de rémunération des dirigeants de Bombardier, pour ne pas parler de leur cupidité.

Serge Parent
Québec