«Les étudiants étrangers sont les mieux placés pour apprécier la vie ici, et surtout les mieux préparés pour y rester. Ce sont des citoyens québécois et canadiens en devenir», écrit Samir Ghrib.

Au-delà du PEQ

POINT DE VUE / Le PEQ n’est pas juste une question d’insertion professionnelle, ce n’est pas juste un «programme». Le PEQ évoque pour moi surtout les deux dernières lettres du sigle PEQ «expérience québécoise». Et cette expérience, je l’associe avant tout à ceux qui sont déjà là par choix, les étudiants étrangers, entre autres, qui décident de rester vivre au Québec.

Cette «expérience québécoise» est avant tout humaine, une histoire d’amour avec le Québec. Une histoire d’intégration dans une société chaleureuse et accueillante. Je ne connais pas beaucoup d’endroits où l’on vous fait sentir «chez vous» assez rapidement.

C’est ce contexte positif qui vous donne le goût de rester vivre ici et de contribuer au développement de sa société d’accueil. J’ai ce sentiment-là depuis 35 hivers, et il ne changera pas en fonction des aléas de l’actualité, ici comme ailleurs, aussi brûlante soit-elle.

Cette «expérience québécoise» peut être difficile pour certains, mais j’ai la certitude que ça se passe toujours mieux ici comparativement à d’autres coins de la planète.

Je suis très reconnaissant de l’accueil que m’ont fait les Québécois, et surtout reconnaissant à l’égard de mes parents qui m’ont donné un passeport pour la vie : une éducation et surtout des valeurs universelles qui vous permettent de nouer des relations avec autrui, d’aller vers l’autre pour créer un rapport harmonieux.

Il est vrai que j’évolue dans le milieu sportif, un milieu où les barrières tombent le plus vite entre personnes de diverses origines. Une équipe, c’est une société en miniature avec ses codes, ses défis et surtout ses valeurs de fonctionnement. Pour la faire avancer, il faut y adhérer avec la recherche d’un équilibre entre privilèges, devoirs et obligations. D’où le respect avant tout des valeurs de la société d’accueil. L’intégration, elle marche dans les deux sens.

Venir ici comme étudiant vous permet en effet de vous intégrer rapidement et tranquillement, d’apprendre l’histoire du Québec, ses us et coutumes, et surtout ses combats. Les étudiants étrangers sont les mieux placés pour apprécier la vie ici, et surtout les mieux préparés pour y rester. Ce sont des citoyens québécois et canadiens en devenir.

Le Canada et le Québec font leur part au niveau de l’accueil des réfugiés. Mais, il faut «prendre soin», à l’image de la devise de la CAQ (qui a opéré un recul pragmatique, «québécois»), de ceux qui sont déjà là par choix, les étudiants étrangers, imprégnés de la culture québécoise, dans un monde du travail en mutation constante.

Le PEQ n’existait pas à mon époque. Ce ne sont pas des études en économie, en science politique et à la maîtrise en relations internationales qui m’ont amené à ce que je fais aujourd’hui : vivre de ma passion comme coach de soccer. Un privilège, dans un havre de paix, dans une ville que j’aime.

Autrefois, on avait un travail pour la vie, ce n’est plus le cas aujourd’hui pour certains. Notre belle jeunesse a l’embarras du choix entre des filières traditionnelles et celles de l’économie de demain. La société québécoise nous offre surtout un cadre où l’on peut s’épanouir, et ça n’a pas de prix.