La mairesse de Montréal Valérie Plante au lancement des travaux pour le REM.

Appuyer la construction et les grands projets: le choix d’une nation prospère

Alors que la Caisse de dépôt annonce le lancement des travaux concernant le Réseau express métropolitain, un concert de critiques se fait entendre depuis quelques semaines, que ce soit au sujet du contenu local, des tracés ou de la pertinence même du projet pour certains. Pendant ce temps, l’industrie de la construction se réjouit et se mobilise pour s’assurer que les projets structurants de ce genre puissent se réaliser à l’abri de la politisation et des idéologies extrêmes. En effet, pour notre industrie qui représente 12% du PIB et où oeuvrent plus de 150 000 travailleurs, le projet du REM est une nouvelle bouffée d’air dans un domaine aux emplois précaires et qui vit des années difficiles malgré la bonne performance globale de notre économie. La construction de ce projet permettra la création de plus de 20 000 emplois sur une période de quatre ans, représentant un impact énorme pour des milliers de travailleurs.

En effet, alors que l’économie québécoise est dans une situation enviable et que le taux de chômage atteint des bas niveaux historiques, l’industrie de la construction vit une situation beaucoup plus précaire. Sans l’apport important des travaux d’infrastructures et des grands chantiers de génie civil, la construction vivrait des heures sombres et ce, depuis plusieurs années. À titre indicatif, depuis 2012, le nombre d’heures déclarées a diminué de près de 20% dans les secteurs du résidentiel et du génie civil et voirie ainsi que de 40% dans la construction industrielle. D’ailleurs, malgré les importants investissements gouvernementaux, le taux de chômage dans la construction en 2017 était de 9% alors qu’il était de 6% au niveau national. De plus, je vous rappelle que la moyenne d’heures déclarées par une travailleuse ou un travailleur de l’industrie est d’un peu moins de 1 000 heures par année.

La réalisation des projets annoncés jusqu’à aujourd’hui est donc primordiale et il est de notre devoir de nous assurer que les citoyens, les autorités et les groupes de pression aient conscience de l’impact positif de ces projets sur les travailleurs de la construction, leurs familles, les entreprises qui les emploient, leurs fournisseurs et les milliers d’autres citoyens qui gravitent autour de ces entités.

Nous ne pouvons continuer à politiser les projets de construction au Québec et à en faire des véhicules idéologiques. En tant que syndicat, nous croyons impérativement à l’acceptabilité sociale des projets, au respect des meilleures normes environnementales, à la promotion des meilleures normes et à la bonne gestion de l’argent des contribuables dont nous faisons partie. Nous sommes aussi les premiers à exiger des conditions de travail dignes pour tous les employés, l’utilisation de matériaux de qualité et de normes élevées et un respect exemplaire des règles de santé et sécurité.

Nous sommes donc des alliés de tous ceux qui veulent s’assurer que les projets de construction au Québec soient des modèles au plan international et que nous fassions les choses selon les plus hauts niveaux de qualité. Cependant, la recherche d’un consensus autour de la réalisation de grands projets comme celui du REM ne doit pas conduire à leur abandon. En effet, quand la recherche de consensus se transforme en recherche de l’unanimité, que nous critiquons des projets sans même essayer de les bonifier ou que nous empêchons l’entreprise privée de réaliser ce qu’elle propose, c’est toute une industrie, des milliers d’entreprises et surtout des dizaines de milliers de travailleurs et leurs familles qui s’affaiblissent.

À titre de président du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), je désire lancer un appel à dialoguer sur la réussite des projets, à participer à leur bonification et à promouvoir les entreprises qui bâtissent nos routes, nos bâtiments et nos infrastructures. Le projet du Réseau express métropolitain nous offre une excellente occasion de soutenir une organisation qui a une crédibilité incontestée pour la qualité de ses investissements à travers le monde et qui pourra utiliser ce projet modèle qu’il exportera à travers le monde à notre bénéfice. Utilisons sa construction pour améliorer nos connaissances, pour outiller nos entreprises et pour diversifier notre économie. C’est la meilleure façon de développer le Québec.

Nous pourrons ainsi prospérer comme individus, comme industrie, comme économie, comme nation et comme peuple.

Michel Trépanier
Président
Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International)