Aliénation, quand tu nous tiens!

POINT DE VUE / Les médias sociaux sont capables du meilleur comme du pire, mais dans le pire, ils sont les meilleurs. À l’heure de la post-vérité où les faits ont moins d’importance que les émotions, même les vérités scientifiques sont reléguées au rang d’opinions.

Jeudi dernier, Le Soleil rapportait les résultats d’une étude sur la confiance des Québécois envers les médias effectuée par le Centre d’études sur les médias de l’Université Laval et publiée sur Internet. Il n’est pas innocent que ce centre d’études sur les médias soit situé à Québec, car la région fait figure de cas particulier, même si le phénomène sur lequel se penche l’étude, en l’occurrence l’érosion de la confiance de la population envers l’information véhiculée par les médias traditionnels et les réseaux sociaux, est universel.

Tout peut devenir vrai ou faux pour peu que des individus abonnés à tel ou tel influenceur s’aliènent volontairement. Les journaux sérieux peinent à combattre les mensonges par omission, à débusquer la vérité derrière les stratégies de communication tendancieuses qui ressemblent davantage à des «pitchs» de vente, à accéder aux données fiables sans passer par la loi d’accès à l’information, à vérifier et nuancer les opinions polarisées qui circulent sur les réseaux sociaux et la radio.

Le combat est-il inégal? Qui a intérêt encore à ce que des journalistes d’enquête fassent publiquement ressortir les faits, les vérités, si la demande s’affaiblit de plus en plus chez les jeunes, les institutions politiques et les grandes entreprises privées?