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Maquette du projet Laurentia
Maquette du projet Laurentia

Abandonner Laurentia est la seule option pour le Port de Québec

Collectif d'auteurs
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POINT DE VUE / L’opposition citoyenne gronde, les appuis politiques s’effritent et l’évaluation des impacts confirme que si le projet voit le jour, l’environnement et les résident-es de Québec en feraient les frais. Plutôt que de se lancer dans une énième opération charme pour nous faire avaler son projet d’agrandissement mal ficelé, le Port de Québec est obligé de se rendre à l’évidence: il doit abandonner Laurentia.

Les expert-es indépendants de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (l’Agence), qui ont planché pendant près de cinq ans sur le dossier, en s’appuyant sur les avis des ministères tant provinciaux que fédéraux impliqués, confirment que Laurentia aurait des «effets négatifs importants». De plus, l’Agence débute et termine son rapport par un lourd constat: l’ensemble des mesures proposées par le Port pour réduire les dommages aux milieux naturels et à la qualité de vie des citoyen-nes «ne permettraient pas d’atténuer suffisamment les effets potentiels du projet». Les consultations publiques qui ont suivi la publication du rapport nous ont aussi appris que le Port, malgré les nombreuses demandes de l’Agence, ne répondait que partiellement aux questions et aux demandes de précisions. Si l’évaluation environnementale a pris autant de temps, seul le Port en est responsable.

Le Port a dépensé sans compter pour acheter l’opinion publique: il a payé des expert-es américains pour produire une panoplie d’études, il s’est lancé dans de vastes opérations de relations publiques auprès d’auditoires tous azimuts, et il a échafaudé des partenariats avec des entreprises et des organisations reconnues de la région, dont l’Université Laval. Rien n’a été épargné pour gagner l’acceptabilité sociale qui n’est pas au rendez-vous et qui s’effrite encore davantage depuis la parution du rapport de l’Agence.

Laurentia ne comptait déjà pas beaucoup d’appuis, et nombre de citoyen-nes et d’organismes le contestent depuis des années, mais le rapport de l’Agence a enflammé le débat et une vive opposition au projet s’est manifestée au sein de la population régionale et même provinciale. Plus de 90 professeur-es, ainsi que 43 000 étudiant-es de l’Université Laval, s’y opposent formellement.

Plus de 200 représentant-es du milieu culturel de Québec ont aussi demandé le rejet du projet pour que notre magnifique ville ne soit pas défigurée.

Un nombre croissant d’élu-es, incluant tous les conseillers et conseillères municipaux des quartiers centraux de Québec, se prononcent maintenant contre le projet, par respect pour les citoyen-nes qu’ils et qu’elles représentent. Le Comité de vigilance des activités portuaires, organisme financé par la Ville de Québec et la Commission de la Capitale-Nationale, plaide carrément pour que le gouvernement fédéral rejette le projet, et que l’appui du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec soit retiré.

Rappelons qu’en septembre 2019, une pétition signée par 15 477 personnes a été remise à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique et au ministre des Transports de l’époque. Les signataires demandent aux deux ministres fédéraux de refuser le projet et d’exiger un projet de nettoyage et de modernisation des infrastructures actuelles du Port, sans agrandissement, sans impact sur les milieux naturels et la baie de Beauport, et sans danger pour la population locale.

La fin est proche pour le projet d’agrandissement du Port de Québec. Ce dernier n’a pas été en mesure de justifier son projet qui aurait des impacts néfastes trop importants. Dès que le Conseil des ministres à Ottawa aura en main le rapport final de l’Agence, il n’aura pas le choix: il devra refuser le projet. Nous demandons au Conseil des ministres de se prononcer rapidement pour qu’enfin le Port lâche prise et abandonne Laurentia.

Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec 
Véronique Lalande, porte-parole de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec 
Alizée Cauchon, analyste consommation, relations gouvernementales et partenariats d’Équiterre 
Daniel Guay, porte-parole d’Accès Saint-Laurent Beauport 
Pierre-Paul Sénéchal, porte-parole du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM)