Le remaniement ministériel au Québec vient d’élever la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, dont les parents étaient d’origine haïtienne, au rang de vice-première ministre.

1734-2017 : De Marie-Josèphe à Dominique

Le remaniement ministériel au Québec vient d’élever la ministre de l’Économie, madame Dominique Anglade au rang de vice-première ministre. C’est une grande première très importante en ce moment où on discute beaucoup de l’organisation d’une commission sur le racisme systémique : les parents de madame Dominique Anglade étaient d’origine haïtienne. Une brillante femme résiliente ayant perdu ses parents dans le tremblement de terre en Haïti.

En 1996 alors que j’allais en Haïti après 17 ans d’absence avec le magazine transatlantique et au même moment qu’une délégation canadienne conduite par le ministre des Affaires étrangères d’alors, je m’étais trouvée dans le même avion que les parents de Dominique Anglade, à savoir Georges Anglade, cofondateur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) où il a enseigné la géographie, ancien ministre en Haïti après la dictature. Son épouse Mireille Neptune était enseignante et militante féministe. 

En 2010, j’étais sidérée d’apprendre la mort du couple Anglade dans le tremblement de terre en Haïti. Au service funèbre à la basilique Notre-Dame de Montréal, j’étais impressionnée de la résilience de Dominique Anglade et de sa sœur qui s’est renforcée d’année en année. Au lieu de sombrer dans la déprime, madame Anglade, indépendante de fortune grâce à son mari qui a fait son argent dans les nouvelles technologies, s’est engagée dans une carrière professionnelle en entreprise et a mis au point l’organisme KANPE avec son amie Régine Chassagne du groupe musical Arcade Fire et qui a déjà contribué pour des millions de dollars dans des projets humanitaires locaux en Haïti.

Une première

Suivant l’exemple de ses parents, Dominique Anglade s’est lancée en politique avec la Coalition Avenir Québec (CAQ) avant de diriger à Montréal International où le premier ministre Couillard est allé la chercher pour lui offrir l’important ministère de l’Économie, une première pour une femme noire au Québec et au Canada.

Mme Anglade a livré la marchandise au point que l’économie du Québec n’a jamais été aussi florissante qu’actuellement. Sa nomination comme vice-première ministre apaise un peu la mémoire des souffrances de l’esclave noire Marie-Josèphe Angélique, condamnée injustement et exécutée à Montréal en 1734.

Nous l’avons fait réhabiliter avec l’équipe du Magazine transatlantique le 20 février 2012 par la désignation d’une place adjacente à la station de métro Champ-de-Mars, comme nous l’avions aussi fait pour une rue à Québec en l’honneur de Mathieu Dacosta, cofondateur africain du Canada en 1604 et de Québec en 1608. Pour qui également nous comptons inaugurer une nouvelle rue à Rivière-des-Prairies, dans l’est de Montréal. Il est aussi important de souligner récemment que Postes Canada vient d’émettre un timbre à son effigie. 

Des actes concrets comme la nomination de madame Anglade créent des modèles et font reculer le racisme, tout comme d’autres moyens, comme les enquêtes et des commissions…

Mercedes Durosel, présidente de l’Association Economico féminine multi ethnique (AECOMETH) et ex-membre du conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (C.C.C.S.F.), Montréal