Opinions

Avant de dire non à Apuiat

ÉDITORIAL / Le débat actuel entourant le projet de parc Éolien Apuiat, promis en 2015 par le gouvernement du Québec aux communautés innues, est malsain. Non pas parce qu’on ne devrait pas en discuter, mais parce qu’on devrait le faire sur des bases factuelles et en connaissance de cause, ce qui n’est pas le cas présentement.

On oublie trop facilement que ce projet est d’abord et avant tout une entente entre gouvernements. «Apuiat constitue le premier projet national de la Nation Innue», ont rappelé ces communautés après que la lettre du président d’Hydro, Éric Martel, ait été rendue publique.

La caricature de Jean Isabelle du 17 août 2018

La caricature de Jean Isabelle du 17 août 2018
Jean Isabelle

Opinions

De la cohérence, M. Couillard

Symbole de l’appui du gouvernement du Québec, le premier ministre du Québec a marché le 3 décembre dernier en appui aux travailleuses et aux travailleurs de Chantier Davie. Des élus de tous les paliers de gouvernement et de toutes les couleurs politiques ont appuyé le dernier grand chantier maritime du Québec dans sa bataille pour obtenir sa juste part des contrats fédéraux.

Or, nous apprenions récemment que le gouvernement du Québec était impliqué pour plusieurs millions de dollars dans un projet pour remplacer le CTMA Vacancier, aux Îles-de-la-Madeleine, et qu’un appel d’offres international serait lancé ne comportant comme exigence que 30 % de contenu local.

Opinions

Véritable compensation ou nouvelle injustice ?

Aujourd’hui, le ministre des Finances annoncera les détails de la première vague des compensations à émettre aux propriétaires de permis de taxi. Dans son dernier budget, Carlos Leitão a mis 250 millions $ de côté, spécifiquement à cette fin. Six mois plus tard, on attend toujours non seulement les chèques, mais même leur mode de distribution.

Depuis quatre ans, le gouvernement de Philippe Couillard va d’injustice en injustice dans ce dossier. Tout d’abord, en laissant Uber opérer dans la plus totale illégalité, pendant deux ans. Ensuite, en récompensant cette illégalité en lui octroyant le privilège d’un projet-pilote, l’équivalent de 3000 permis de taxi (d’une valeur de 600 M$), alors que la multinationale refuse même de rembourser à Revenu Québec les taxes impayées. Enfin, à la toute dernière minute, sentant la grogne, ce même gouvernement a sorti une «première compensation» de son chapeau. Messieurs Couillard, Fortin et Leitão, un début d’équité se fait toujours attendre, à une semaine du déclenchement des élections. L’annonce d’aujourd’hui sera-t-elle enfin une véritable compensation ou simplement une nouvelle injustice?

Opinions

Cartographie des zones inondables: 35 ans plus tard

Trente-cinq ans, c’est ce qu’il a fallu au gouvernement du Québec pour corriger le tir et mettre en place son programme INFO-Crue. Espérons que cette fois-ci, ce sera la bonne.

En 1979, lorsque j’ai été embauché comme arpenteur-géomètre au Service de la cartographie du ministère québécois des Terres et Forêts, c’était comme chargé de projet en cartographie photogrammétrique des risques d’inondations. C’était dans le cadre d’un programme national visant à cartographier les plaines inondables des rivières de la Vallée du Saint-Laurent. Les cartes que nous produisions à l’époque étaient d’une si grande précision que même les balcons des résidences y apparaissaient. La chose la plus importante cependant, c’était que l’on y montrait de manière très claire les endroits où l’eau se rendrait lors de crues exceptionnelles, une fois tous les 20 ans et une fois tous les 100 ans.

Opinions

Vous avez rompu le contrat social avec les retraités du gouvernement

En réaction au point de vue «Des mesures concrètes pour la qualité de vie des aînés», des ministres Carlos J. Leitao et Francine Charbonneau, paru le 16 août.

Les deux ministres ont commenté un point de vue de monsieur René Paquette, soit la dure réalité des retraités du personnel d’encadrement du gouvernement du Québec, sans pour autant aborder le sujet principal soulevé. Les retraités doivent dorénavant vivre sans l’indexation de leur rente de retraite pour les six prochaines années.

Éditorial

L’appât du 8 $ par jour

ÉDITORIAL / Si les politiciens se préoccupaient vraiment du bien et du développement des tout-petits, ils proposeraient des actions pour augmenter la qualité dans les services de garde — tous types confondus — au lieu de simplement rechercher le vote de leurs parents en leur faisant miroiter un tarif unique à 8,05 $ par jour, la gratuité pour tous les enfants ou ceux de 4 ans.

Le volet qualité des services de garde est toujours négligé, voire ignoré, lors des campagnes électorales. Il semble que la prochaine ne fera pas exception même si chaque formation parlera de l’importance d’agir tôt et du rôle des services éducatifs à la petite enfance pour la réussite éducative. 

Le gouvernement du Québec dépense plus de 2,5 milliards $ par an pour des services de garde et pour des crédits d’impôt aux parents dont les petits ne fréquentent pas des garderies subventionnées. Il devrait se soucier de la qualité des services et de leur plus-value pour les enfants. 

Les partis se livrent depuis vingt ans à une surenchère sur le nombre de nouvelles places et sur la contribution réclamée aux parents, mais ils sont trop peu actifs sur les éléments qui font que la fréquentation d’un service de garde aura un effet positif et marquant sur le développement de l’enfant, qu’importe le milieu où vit l’enfant. C’est pourtant un des objectifs de la politique familiale. Le but de celle-ci — il ne faut pas l’oublier — ne se limite à faciliter la conciliation travail-famille, à accroître le taux d’activité des jeunes mères sur le marché du travail et à réduire le travail au noir.

Or, pour avoir un effet positif, le service de garde doit être éducatif et de qualité. Malheureusement, celle-ci n’est pas toujours au rendez-vous. 

Dans la dernière enquête Grandir en qualité (2014), l’Institut de la statistique du Québec relève que la moitié des enfants de 18 mois à 5 ans inscrits dans un CPE (centre de la petite enfance) ont des services classés de qualité acceptable, que 45 % obtiennent des services jugés bons ou excellents et que 4 % reçoivent des services de qualité insatisfaisante. 

Dans les garderies non subventionnées, 53 % des enfants reçoivent des services considérés comme acceptables, 10 % des services jugés bons ou excellents et 36 % sont inscrits dans des milieux où les services sont qualifiés d’insatisfaisants. Faute de données, l’Institut n’a pu évaluer les garderies subventionnées et les milieux familiaux subventionnés.

Comment peut-on se contenter d’une cote moyenne passable et prétendre que les services de garde prépareront mieux les tout-petits, notamment ceux en difficulté et ceux de milieux défavorisés, à la vie et à leur entrée à l’école? 

Cessons de nous raconter des histoires et de penser que nous rattraperons le temps perdu avec des maternelles 4 ans.

Pour que les services de garde fassent une différence dans la vie des jeunes, des conditions doivent être réunies. 

Des chercheurs ont indiqué à la Commission sur l’éducation à la petite enfance que les principaux facteurs de qualité sont la formation initiale et continue du personnel ainsi que son expérience, le ratio éducateur/enfants, les interactions entre le personnel éducateur, les enfants et les parents, le programme éducatif, la capacité à organiser un environnement physique et social adapté aux enfants. Une synergie entre les services de garde, les services sociaux et de santé, les groupes communautaires et les écoles est également nécessaire.

Bien sûr, promettre un tarif de 8 $ par jour ou la gratuité est plus facile à vendre en campagne électorale que des pratiques éducatives dont les effets ne sont pas visibles dans l’immédiat ni dans le portefeuille. Il est pourtant du devoir des élus d’établir des politiques publiques efficaces.

Carrefour des lecteurs

Facture pour Uber: 250 millions $

Irréaliste! Les Québécois devront débourser 250 millions$ pour la venue d’UBER au Québec afin de compenser la perte de valeur des permis de taxi engendrée par cette multinationale multimillionnaire. L’annonce devrait être faite cette semaine par le Ministre Carlos Leitao. C’est unique et scandaleux non pas que je ne comprenne pas que l’on doive compenser les propriétaires de taxi qui ont souvent de la difficulté à gagner leur vie mais on aurait pu se passer d’UBER.

En 2016, les jeunes libéraux déchiraient leurs chemises pour défendre UBER et la supposée économie de partage et Éric Caire de la CAQ en faisait tout autant par ses envolées à l’Assemblée nationale. Les lobbyistes d’UBER devaient s’en donner à cœur joie sur la Colline Parlementaire à Québec. Lucide, Robert Poéti, alors Ministre des Transport du gouvernement libéral avait dit : «La meilleure réponse des citoyens, c’est de prendre les taxis légaux» .Il s’opposait à UBER et il en a perdu son poste et est tombé en disgrâce libérale.

UBER avait gagné.

Le parti québécois s’est opposé vivement à la venue d’UBER sans succès et s’est porté à la défense des chauffeurs de taxi qui ont été les grands perdants.

Plusieurs pays ont renvoyé UBER et c’est ce que devrait être fait sans hésitation.

Le 250 millions doit aller pour nos aînés, nos écoles, nos hôpitaux…et un chauffeur de taxi interviewé hier résumait ainsi la situation : «sortez UBER et nos permis vont reprendre leur valeur».

Pas question d’argent public pour conserver ce service privé.

Richard Gagné, Sainte-Pétronille

Carrefour des lecteurs

La peur du peureux

La campagne électorale n’a pas encore débuté que Philippe Couillard joue déjà la carte de la peur. C’est une tradition au Parti libéral du Québec de vouloir effrayer le peuple québécois.

Je ne suis pas un électeur de la CAQ, mais je trouve que le premier ministre semble désespéré lorsqu’il accuse François Legault d’être, au fond, un souverainiste alors que ce dernier a répété maintes fois son abdication de l’option souverainiste.

La peur ne va pas fonctionner cette fois-ci. En effet, les Québécois ne mordront pas à l’appât de Philippe Couillard. En bout de course, c’est lui qui va passer pour le peureux qui a peur... de perdre ses élections.

David Doyon, Québec