Carrefour des lecteurs

Au diable vert l’environnement

Les conservateurs d’Andrew Scheer ont présenté leur plan de lutte contre les changements climatiques devant un beau plan d’eau. Il faut convenir qu’un environnement bucolique est plus vendeur que les terres balafrées d’Alberta d’où est tiré le pétrole sale.

M. Scheer considère que «le Canada contribue peu au problème mondial», vu qu’il n’est responsable que de 1,6 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de la planète. Cette façon de voir est malhonnête, car selon une analyse de Climate Transparency, c’est le Canada qui produit le plus de GES par personne au sein des pays du G20. Chaque Canadien produit en moyenne 22 tonnes de GES par année, équivalant à près de trois fois la moyenne des membres du G20. Les Canadiens sont également les plus gros consommateurs d’énergie par habitant, les émissions qui proviennent du secteur des transports et des bâtiments correspondant à quatre fois la moyenne du G20. Si les Chinois et les Indiens imitaient les Canadiens, ce serait la catastrophe. Avec Andrew Scheer, ce sera comme avec Stephen Harper : après moi le déluge. Les générations futures casqueront, tout simplement.

Sylvio Le Blanc, Montréal

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Un marché sans âme

Le Grand Marché de Québec est moderne et beau, il n’y a pas de doute. Mais je n’y ai pas trouvé l’âme qui anime un marché public digne de ce nom.

La structure intérieure est impressionnante, mais tellement impersonnelle. Il y a autant d’atmosphère que dans un centre d’achats. Des boutiques disséminées un peu partout, un coin pour les marchands saisonniers. Vraiment je n’y ai pas trouvé l’ambiance qui régnait au Marché du Vieux-Port où les odeurs des marchandises fraîchement cueillies remplissaient l’air, pas plus que je n’y ai vu la fébrilité des visiteurs, allant d’un kiosque à l’autre, discutant avec les marchand(e)s et maraîcher(ère)s.

Quand on compare avec le Marché Jean-Talon à Montréal, celui de Québec ne fait pas le poids. Ni même avec celui de Sainte-Foy, pourrais-je avancer. Dans ces endroits au moins, on ne se sent pas dans un centre commercial.

Réal Labbé, L’Ancienne-Lorette

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Faire place au communautaire dans la francisation des immigrants

Au ministre Simon Jolin-Barrette

Votre gouvernement désire accueillir plus d’immigrants. Vous avez déclaré être sensible à leurs besoins en intégration et en francisation. Ainsi en est-il de votre ministère: vous êtes désigné pour respecter tous ces besoins, incluant ceux des immigrants et réfugiés peu ou pas scolarisés, voire analphabètes.

C’est pourquoi des cours de francisation et alphabétisation sont essentiels pour tous ces immigrants et réfugiés. Sinon, leur intégration tant sociale qu’économique est quasi impossible. Nous nous devons donc de les accueillir, leur offrir une francisation et une alphabétisation fonctionnelles. Des organismes communautaires offrent une telle formation. Ils ont développé une expertise et des programmes uniques au fil des années. Ainsi favorisent-ils les petits groupes, un programme fonctionnel adapté et étalé, des suivis par des bénévoles.

Nous vous demandons donc de ne pas éliminer de votre sélection d’immigrants ceux et celles qui sont peu ou pas alphabétisées. L’histoire, même récente, nous a démontré que ces personnes adoptent le Québec et y contribuent avec générosité.

Nous vous demandons donc de reconnaître que le milieu communautaire est très bien adapté pour répondre aux besoins de toutes ces personnes.

De plus, à titre de ministre de l’Inclusion, ne croyez-vous pas normal de faire appel à la contribution des organisations communautaires spécialisées dans l’alphabétisation et la francisation?

Johane La Rochelle, citoyenne engagée, Québec

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À la défense du Boisé Rochebelle

Bien d’accord avec les personnes qui se portent à la défense du Boisé Rochebelle. Comment peut-on, encore aujourd’hui, remplacer une source de vie pour le futur de ces jeunes par de l’asphalte? Rien ne justifie cette décision, d’autant plus que nous luttons pour diminuer le nombre de voitures pour favoriser le transport en commun. Les autorités doivent penser à l’avenir de la jeunesse plutôt que de donner des marchés de ce genre d’entreprises qui n’ont pas de scrupules à détruire la nature. Citoyens, Rochebellois, unissez-vous pour vous rebeller.

Marielle Défossez

Québec

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Un monde en évolution

Le monde que j’ai connu dans mon enfance était un monde monochrome qui manquait de couleurs et de lumière : un monde blanc, francophone et catholique. La révolution dite tranquille nous a amenés ailleurs dans un monde plus ouvert, plus diversifié, un monde où les différences de langue, d’ethnie, de religion n’étaient pas menaçantes, mais plutôt une richesse accrue.

Les Québécois ont cessé d’avoir peur de l’étranger; au lieu de l’éviter, nous l’avons invité à nous rejoindre pour poursuivre la route dans un monde en évolution. Par exemple, une de mes filles partage sa vie avec un anglophone protestant, un de mes gars a épousé une belle Haïtienne, un neveu et sa conjointe asiatique, etc. Les réunions de famille deviennent plus colorées et les propos plus diversifiés. Le Québec fait preuve d’ouverture et l’adoption de la loi sur la laïcité est un autre exemple de cette évolution d’un peuple en marche, confiant dans son avenir qui promet d’autres gestes d’ouverture favorisant la diversité sociale, culturelle, économique. Une diversité encourageante. Nous avons cette obligation individuelle et collective de travailler à la beauté, à la santé, à l’évolution de nos familles, nos régions, notre Québec, terre d’accueil et de prospérité. Et rien n’étant parfait, nous devons demeurer actifs et vigilants pour que cette évolution se continue dans l’harmonie.

André Drapeau, Saint-Roch-des-Aulnaies

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Feux en ville

Ça y est, la saison des feux «de camp» en ville est commencée. J’habite au centre-ville de Québec et, plusieurs fois par semaine, des citoyens font brûler du bois, ou pire, de la «cochonnerie». En plus de polluer énormément, les feux à ciel ouvert en ville, disons-le sans détour, ça pue.

En campagne, assis autour d’un feu, sans avoir la fumée dans le visage, le feu de camp est agréable. Mais pas en ville.

Je ne comprends pas pourquoi les feux à ciel ouvert ne sont pas encore interdits, en 2019, dans les centres-ville du Québec, alors qu’on désire diminuer notre empreinte écologique. Est-ce que ce petit plaisir capricieux vaut la peine de polluer autant?

Qu’attendent les maires pour agir?

David Doyon, Québec

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Raymond Gagné, un journaliste précurseur

Le Soleil nous apprenait le 17 juin le décès du journaliste Raymond Gagné.

Cet homme s’était fait remarquer à la fin des années 1970 par sa vision environnementale, rédigeant notamment des articles forçant le ministère des Terres et Forêts de l’époque à tenir des audiences publiques sur le programme d’arrosage d’insecticides chimiques pour lutter contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Je me souviens qu’il a aussi été un précurseur, parlant du nouveau concept de foresterie urbaine pour protéger les arbres de notre ville de Québec. Raymond Gagné a été le premier journaliste identifié à l’environnement sensibilisant les pouvoirs publics, les entreprises et la population à la nécessité de protéger l’environnement. 

Nous avons un devoir de mémoire envers ces gens qui, par leur vision et leur détermination, ont marqué la voie à suivre pour une approche environnementale respectueuse.

Gaston Déry, C.M., Québec

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La ministre LeBel n’est pas à la hauteur

La ministre Sonia LeBel (sans lien de parenté avec le soussigné) a voté en faveur du projet de loi 21 sur la laïcité.

J’ai toujours cru qu’un ou une responsable du ministère de la Justice se devait de défendre l’État de droit. Mais la partisanerie semble l’avoir ici emporté. Comment une telle ministre peut défendre une loi qui suspend des droits et libertés et qui interdit préventivement tout contrôle judiciaire par l’usage de clauses dérogatoires? J’aurais pensé que Me Sonia LeBel a eu au moins la décence de s’abstenir de voter sur le projet de loi. En agissant ainsi, elle ne me semble pas à la hauteur de son importante fonction.

Michel Lebel, Entrelacs

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La machine à saucisse du PQ

Les mois se suivent au PQ et le passé peut-il être garant d’un avenir florissant? Rien n’est moins certain!

Après avoir passé à «ça» de soulever la coupe de la victoire à deux occasions, depuis ce temps une épaisse masse nuageuse noircit l’horizon. Le PQ, porteur de l’indiscutable dogme, par sa faute, sa très grande faute, a littéralement oublié de former la relève dans les circuits inférieurs. On n’en avait que pour les vieilles barbes, cet infaillible conseil de sages propriétaires du vernaculaire péquiste, disait-on! Oh malheur! Québec solidaire, longtemps dans le rétroviseur du PQ, a joyeusement pesé sur l’accélérateur pour devancer le PQ. Imaginez, tout cela avec des jeunes passés maîtres du symbole de l’inclusion. Maintenant, le PQ doit se repenser et se débarrasser d’une efficace machine à saucisse non souhaitée.

Michel Beaumont, Québec

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BÂTIMENTS PATRIMONIAUX

J’arrive tout juste de visiter mes petits-enfants dans le Kent au sud de Londres. J’ai été fascinée de voir les édifices modernes côtoyer les anciens à la campagne comme en ville. Que signifie ancien et patrimonial? En Europe, un bâtiment ancien, qu’il soit maison, manoir, école, château ou forteresse, est bien plus que centenaire. Ces édifices, encore utilisés, ont souvent été construits avant que Jacques Cartier mette le pied à terre en Gaspésie. 

Ce n’est pas parce qu’une maison a 100 ans qu’elle est d’intérêt, surtout si elle a été construite avec des matériaux de piètre qualité. Que dire de notre collection d’églises que personne ne veut plus fréquenter? Doit-on garder nos vestiges beaux et laids? Le temps est un concept relatif. Notre pays est bien jeune, son histoire aussi. Vous mentionnez un expert italien, ses propos s’appliquent sans doute à son pays qui a une très longue histoire. Avant d’engager argent et ressources publiques dans des sauvetages de bâtiments, il serait, me semble-t-il, sage de relativiser ce qui est pertinent de préserver ici par rapport à ce qu’on retrouve dans les «vieux pays».

Marie-Dominique Rouleau, Québec

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Il compte pour deux malades

«Je suis maintenant inscrit comme patient vulnérable sur la liste de mon médecin de famille et je compte pour deux malades», m’a-t-il dit. «Cela m’inquiète un peu d’avoir cette étiquette, mais semble-t-il que je serai vu plus souvent et plus longtemps par mon médecin. J’espère que ça prendra moins de temps à avoir un rendez-vous et que j’attendrai moins longtemps dans la salle d’attente. Ça me désole de prendre une autre place, mais quand je mourrai, j’en libérerai deux.» 

Il fut un temps où, peu importe son état, un malade était un patient. L’écrire, l’annoncer et le monnayer comme on l’a vu me rend malade!

Richard Gagné, Sainte-Pétronille