Point de vue

La forêt pour contrer les changements climatiques

Depuis l’élection du nouveau gouvernement, la gestion du Fonds vert est dans l’actualité. Avec une dépense annuelle de près de 700 millions $ en 2017-2018, le potentiel du Fonds vert en tant qu’outil de lutte contre les changements climatiques est énorme. Il est donc normal qu’on s’interroge sur la pertinence de l’utilisation des sommes en jeu.

Le Québec a fait le choix de percevoir des redevances, d’établir un marché du carbone et de se doter de moyens pour lutter contre les changements climatiques et nous appuyons cette décision. Il s’agit maintenant de choisir les meilleures façons pour atteindre nos objectifs collectifs, ne pas concentrer les investissements dans quelques agglomérations et permettre au plus grand nombre de profiter de ses retombées.

Ces dernières semaines, on souligne avec raison que les transports constituent la principale source de la hausse des émissions des gaz à effets de serre au Québec. Les données sont claires et cette question accapare une grande partie de l’attention des médias en raison du rôle de la voiture dans nos sociétés modernes et des problèmes de congestion qui affectent un grand nombre de nos concitoyens. Le gouvernement doit donc prendre des mesures pour s’attaquer à ce problème et nous croyons que l’offre en transports collectifs doit être améliorée.

Toutefois, les régions ont également voix au chapitre et la captation de ces gaz doit aussi faire partie de la solution.

Le Québec fait déjà mieux que les autres grâce à l’hydroélectricité. Mais il pourrait améliorer davantage son bilan en profitant de l’énorme potentiel que représentent ses forêts. En effet, chaque arbre étant un puissant capteur de carbone et les forêts couvrant déjà près de 50 % du territoire québécois, des investissements sylvicoles à grande échelle constitueraient un moyen particulièrement efficace pour la lutte contre les changements climatiques. 

Les experts sont unanimes à ce chapitre : un effort massif de reboisement permettrait au Québec d’éliminer encore plus de gaz à effet de serre et de diminuer sensiblement son empreinte carbone. C’est d’ailleurs ce que proposait le Forestier en chef dans son rapport de décembre 2017 : «Le gouvernement du Québec doit compter sur le potentiel de contribution de la forêt dans l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre. […] L’intensification de l’aménagement forestier et l’augmentation de l’utilisation du bois font partie des stratégies internationales reconnues dans la lutte aux changements climatiques.»

Cet effort favoriserait aussi la régénérescence de nos forêts et une utilisation optimale du territoire bénéfique pour le développement économique des communautés qui forment le Québec des régions. Une stratégie gagnante devant comporter plusieurs moyens, le gouvernement du Québec doit reconnaître la forêt comme vecteur essentiel de la lutte contre les changements climatiques et consacrer une partie importante du Fonds vert à des investissements accrus afin d’augmenter la possibilité forestière de nos territoires, et ainsi accroître la culture, la récolte et la production. Tous les Québécois, ceux qui vivent de la forêt et ceux qui la fréquentent, en sortiraient gagnants.

À titre de porte-parole des régions, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) demande donc à la ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, MarieChantal Chassé, d’utiliser le Fonds vert pour accroître de façon importante les travaux sylvicoles partout au Québec.

Jacques Demers, maire de Saint-Catherine-de-Hatley, préfet de la MRC de Memphrémagog, président de la FQM

Yvon Soucy, préfet de la MRC de Kamouraska, premier vice-président de la FQM, président du Regroupement des communautés forestières et porte-parole de la campagne Une forêt de possibilités

Point de vue

OPTILAB ou le gâchis qu’on peut encore éviter

Il y a une dizaine de jours, loin des projecteurs, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Chaudière-Appalaches (CISSS) a annoncé le transfert, le 14 janvier prochain, de la quasi-totalité des analyses de pathologie des laboratoires de l’Hôpital de Saint-Georges-de-Beauce vers ceux de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Le CISSS fait ainsi un pas de plus dans l’application de la réforme qu’on appelle OPTILAB.

Au printemps dernier, OPTILAB a défrayé les manchettes dans Le Soleil à cause de retards considérables dans l’analyse des prélèvements. Quelque 2300 échantillons de routine, devant normalement être analysés dans un délai de 15 jours, étaient en attente depuis des semaines, sinon des mois, rapportait notamment Le Soleil. Évidemment, les patients, eux, ont dû attendre leurs résultats.

Le CISSS avait alors tenté tant bien que mal de justifier les ratés de l’opération. Il a dû réquisitionner les laboratoires de tous ses hôpitaux pour rattraper les retards, louer et emprunter des équipements, solliciter des quarts de travail supplémentaires auprès de ses technologistes médicales et faire appel à un sous-traitant, Dynacare, aux frais des contribuables.

Avec le transfert récemment annoncé, on peut d’ores et déjà anticiper les problèmes que va provoquer l’augmentation considérable du volume d’analyses transféré de Saint-Georges à Lévis. Un autre cafouillage est malheureusement à prévoir. Pariez que Dynacare viendra à la rescousse encore une fois. Une autre facture en vue pour les contribuables, et les patients risqueront encore d’attendre.

La situation a quelque chose d’ironique : OPTILAB, comme son nom l’indique, a la prétention d’optimiser les processus de laboratoire. À vous de juger… L’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (APTS) dénonce depuis le début cette énième réforme du DBarrette qui vise à démanteler la plupart des laboratoires dans les hôpitaux du Québec pour centraliser les analyses dans quelques établissements seulement.

Comme tous les projets de l’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, OPTILAB est une réforme mise de l’avant dans le manque le plus total de transparence. Un projet mené pédale au fond sans aucune consultation, un projet imposé et mal ficelé. Un projet dont les bénéfices, sur papier, n’ont jamais été démontrés. OPTILAB, c’est la méthode bulldozer! Un gâchis assuré, ont mis en garde des centaines d’intervenants de tous les horizons.

De fait, tous ceux et celles qui connaissent le dossier de près ou de loin dénoncent cette réforme : les technologistes médicales regroupées sous la bannière de l’APTS, de nombreux médecins généralistes et spécialistes, plus d’une centaine de villes et municipalités, les partis de l’opposition (sauf les libéraux), etc. La réprobation est unanime. Une pétition lancée par l’APTS et demandant un moratoire a d’ailleurs récolté quelque 20 000 signatures.

Même le nouveau premier ministre a une opinion bien arrêtée sur le sujet. «On est contre le projet OPTILAB, a déclaré François Legault à l’hebdomadaire Les 2 Rives durant la dernière campagne électorale. Les emplois seront transférés alors qu’on a besoin plus que jamais d’avoir des emplois bien payés en région. C’est inacceptable», a-t-il tranché.

En fait, un des seuls, sinon le seul, pour qui la réforme apparaît encore acceptable est le CISSS Chaudière-Appalaches, qui s’obstine encore à aller de l’avant. Partout en province, OPTILAB semble sur pause. Si le cafouillage anticipé s’avère au matin du 14 janvier 2019, il sera aussi le seul à en porter l’odieux. Politiquement.

Jean-François Travers, représentant national – Chaudière-Appalaches, Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (APTS)

Point de vue

Oui à une politique des aînés!

Il y a quelques années, dans une lettre ouverte, nous rapportions des situations touchant la santé et la sécurité des aînés au Québec : fermeture de lits dans les CH, temps d’attente aux urgences, fonctionnement déficient des GMF, accès difficile aux médecins de famille, difficultés de recevoir des soins spécialisés en région, manque de soins palliatifs et de fin de vie à domicile, manque de formation au personnel en CHSLD, soins et services à domicile déficients, lacunes au niveau de la sécurité dans les maisons d’hébergement, abus et maltraitance, etc.

Aujourd’hui, qu’observons-nous? À quelques exceptions près, les mêmes déficiences perdurent et certaines s’aggravent comme la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs qui touchent les aînés, bris de services spécialisés dans certains CH. On a modifié la structure, tenté d’apporter des correctifs ici et là, mais malheureusement, sans coordination apparente. De plus, nous constatons que la situation financière de beaucoup d’aînés est précaire et que plusieurs s’appauvrissent davantage. L’augmentation des rentes est inférieure à la hausse du coût de la vie.

En octobre 2007, au Bas-Saint-Laurent, lors d’une rencontre à laquelle j’assistais, la ministre responsable des aînés au gouvernement de l’époque, Marguerite Blais, disait ceci : «On se rend bien compte, en parcourant le Québec, que nous avons l’obligation de nous donner une vision beaucoup plus large des conditions de vie de nos aînés [...] de voir comment notre société veut accueillir ces aînés et ces familles donc, de développer une vision prospective, et peut-être aller jusqu’à une politique des aînés. En tout cas, nous sommes dans ce mode de réflexion-là.»

Or, aujourd’hui, que dirait Mme Blais, qui est à nouveau ministre responsable des aînés sous le nouveau gouvernement en place? Elle pourrait possiblement répéter le même message qu’en 2007.

Nous savons tous que d’ici quelques années, l’espérance de vie n’aura pas diminué et que 25 % de la population du Québec aura plus de 65 ans.

Selon moi — et je ne suis pas le seul —, le nouveau gouvernement doit mettre en place rapidement un vaste chantier sur la question. Il lui faut réunir les ministères et les organismes concernés, les intervenants sociaux-économiques, le monde médical, les associations et les regroupements de citoyens impliqués afin d’en arriver à un plan global et concerté à propos de cette problématique à laquelle nous faisons face.

Il faut bouger! Le temps presse, il y a urgence!

Normand Bérubé, membre de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic, Matane

Éditorial

L’impossible rêve de Theresa May

ÉDITORIAL / La première ministre britannique, Theresa May, a préféré battre en retraite plutôt que de subir la cuisante défaite qui s’annonçait si le Parlement avait voté aujourd’hui, comme prévu, sur l’entente du Brexit négociée avec l’Union européenne. Selon Sky News, l’entente aurait été rejetée par 422 voix contre 186 (31 indécis, et 11 abstentions).

Elle retourne donc à Bruxelles pour clarifier, et non renégocier, les termes de l’accord qui accrochent, sur la frontière avec l’Irlande, c’est-à-dire avec l’Europe. Cela ne fera sans doute que retarder l’échéance. Quoi qu’elle obtienne comme éclaircissement, les députés d’Irlande du Nord (DUP) ont déjà annoncé qu’ils rejetaient l’accord dans sa forme actuelle, éclaircissements ou pas.

Londres est dans une impasse, et pour plusieurs raisons.

Le Oui du référendum a été obtenu sous de fausses représentations et après une campagne dans laquelle le camp du Brexit a triché avec la loi, avec les finances et avec les données des électeurs.

Les attentes créées par des promesses irréalistes ne pourront pas être comblées, et cette réalisation devient plus évidente de jour en jour. La possibilité d’un deuxième référendum est pour l’instant écartée, tant par le gouvernement en place que par l’opposition travailliste, mais les voix qui le réclament se font de plus en plus fortes et de plus en plus nombreuses.

L’option souvent évoquée d’une entente «Norvège Plus», où la Grande-Bretagne joindrait les pays membres de L’Association européenne de libre-échange (AELE), ne semble pas plus réaliste. La Norvège y est opposée d’une part, et les conditions actuelles de l’entente entre l’Europe et l’AELE seraient jugées inacceptables par les Britanniques.

Le problème de la frontière irlandaise est pratiquement insoluble. L’Irlande du Nord ne veut ni d’une frontière qui entraverait les échanges avec la République, ni d’une frontière entre les deux îles britanniques, ce qui reviendrait à l’exclure de la Grande-Bretagne.

La République irlandaise ne veut pas plus se voir coupée de l’Europe, et vice-versa. Le coordonnateur des négociations pour le Parlement européen, Guy Verhofstadt, a réitéré hier que «nous ne laisserons jamais tomber les Irlandais».

Cette question est au cœur de l’opposition à l’entente débattue pendant trois jours à Westminster, et rien n’annonce une solution à l’horizon. La Cour européenne de justice a de plus mêlé les cartes hier, avec une décision qui reconnaît que Londres pourrait unilatéralement mettre fin au Brexit et demeurer au sein de l’Europe aux mêmes conditions qui prévalaient avant le référendum.

Cela signifie que, contrairement aux prétentions de Mme May, le choix ne se limite pas à accepter l’entente négociée, ou alors quitter l’Europe sans entente. Il existe désormais une troisième option, mais la Cour a spécifié que l’annulation de Brexit devrait toutefois «suivre un processus démocratique».

La triste réalité, du point de vue des partisans du Brexit, est qu’il est pratiquement impossible de dénouer les liens que l’intégration européenne a créés. Les Britanniques devront payer un prix élevé pour s’en retirer, contrairement à ce qu’on leur a fait croire, ou alors ils doivent se résoudre à de sérieux compromis et accepter un partage des pouvoirs avec le continent européen, comme le font les membres de l’AELE.

Ce sera l’un ou l’autre. Et pour l’instant, ni l’un ni l’autre ne sont acceptables aux yeux des responsables du Brexit. Le divorce doit avoir lieu en mars 2019, il ne reste plus beaucoup de temps et le réveil s’annonce brutal.

Carrefour des lecteurs

Voter du bon bord

Monsieur Labeaume,

Vous semblez croire que les citoyens du district Neufchâtel-Lebourgneuf ont voté pour un référendum et que s’ils n’ont pas voté du bon bord, comme vous dites, ils ne sont pas intéressés, entre autres choses, par l’amélioration de leur bibliothèque et centre communautaire.

Vous ne réalisez pas que les promesses que vous avez faites n’étaient que l’écho de ce que promettait QC21. Exception faite du viaduc sur Lebourgneuf, coin Robert-Bourassa, dossier sur lequel vous n’avez aucun contrôle.

Vous allez traiter ces électeurs comme vous l’avez fait dans le district Chute-Montmorency–Seigneurial en utilisant la subvention pour l’amélioration de leur bibliothèque dans le centre-ville. Vous avez agi de même en enlevant le projet de réfection du parc de l’Orme, dans le district Loretteville-Les Châtels. Pour une autre raison, vous faites fi de l’opinion des gens du secteur de Sainte-Foy en ignorant le résultat des consultations (PPU) concernant la construction du Phare. Et que dire de l’ensemble résidentiel de Beauport, sur les terres agricoles, que vous approuvez. On ne devait pas limiter l’étalement urbain, l’ouverture de nouvelles rues? Un vrai gaspillage.

Agir de cette façon fait preuve de petite politique. Quiconque n’est pas de votre avis n’est rien. De la façon dont vous agissez, on est porté à croire que vous seul détenez la vérité. Nous sommes quand même en droit de nous questionner.

Je souhaite un bon succès à M. Paquet.

Guy Leclerc, Québec

Carrefour des lecteurs

L’immigration, une planche de salut

Le gouvernement Legault se tire dans le pied en voulant baisser le pourcentage d’accueil des immigrants au Québec.

Par ce geste, il affaiblira notre poids démographique dans la fédération canadienne. Il est impératif pour nos régions d’accueillir de nouveaux arrivants pour combler la criante pénurie de main-d’œuvre. Je suis de ceux qui croient que nous devons donner priorité à l’accueil des gens qui ont une connaissance suffisante de notre si belle langue française. Si les nouveaux arrivants parlent déjà le français, ça facilitera nos échanges et ce sera un départ constructif qui développera possiblement un lien d’amitié avec nous, Français d’Amérique. Et pour ceux qui n’ont pas la chance de connaître la langue de Molière, le gouvernement a le devoir de faire renaître le (COFI) Centre d’orientation et de formation pour les immigrants.

L’étranger n’est pas une menace, il est notre espoir.

Michel Houle, Québec

Point de vue

Côte de Sillery: le belvédère doit mieux s’intégrer

Lettre à Marie-Claire Ouellet, pdg de la CCNQ

En descendant à pied la côte de Sillery ce matin, j’ai pris connaissance de votre projet de belvédère. Quelle bonne idée que cet aménagement qui permettra aux marcheurs de s’arrêter pour contempler le fleuve Saint-Laurent et le paysage qu’il sillonne tout du long. La Commission de la Capitale nationale nous a donné au fil des ans de belles réalisations dont la promenade Champlain qui signe maintenant l’entrée à Québec par le boulevard du même nom.

Malheureusement, pour ce projet de belvédère, vous avez retenu, selon moi, une proposition dont l’architecture est inutile pour donner accès à un magnifique point de vue. La structure blanche surmontant l’assise du belvédère proprement dit n’apporte rien à l’accessibilité; elle est même une obstruction pour l’œil qui regarde, et de loin, elle sera une construction qui dépareillera la côte et son promontoire. Déjà que les travaux d’amélioration apportés à la structure de la côte incluent maintenant un éclairage de nuit inutile tant sur le plan de l’accessibilité que de la sécurité, il ne faut pas en ajouter davantage.

Rappelons-nous les aménagements faits sur les quais du Vieux-Port en 1984 : des structures de métal peintes en rouge qui ne s’intégraient nullement à leur environnement, dont on se demandait à quoi elles servaient, ce qu’elles faisaient là; d’ailleurs elles ont fini par être démolies. Ne répétons pas une erreur semblable.

L’aménagement doit être au service du territoire et des citoyens, s’intégrer harmonieusement à l’environnement naturel et déjà bâti, le mettre en valeur. Si une œuvre d’art a le projet d’être visible et porteuse d’un discours, les plus grandes réussites d’aménagement du territoire font preuve de discrétion pour valoriser l’objet de leur action.

Pendant qu’il en est encore temps, merci de revoir votre décision et de proposer aux citoyens un projet de belvédère simple, intemporel, utilisant des matériaux de qualité qui passeront à travers le temps; l’ajout de quelques bancs pour les marcheurs serait apprécié.

Un belvédère est fait pour voir et non pour être vu.

Paule Bussières, Québec

Point de vue

Pourquoi un tramway à Québec et un métro à Montréal?

Comment peut-on faire preuve d’autant de laxisme et de rêveries dans la préparation et le choix d’un projet aussi important?

Ce n’est certainement pas parce que le climat de Québec est rude et désagréable, limitant davantage le déplacement de nos aînés et des personnes à mobilité réduite qui se trouveront dans le rayon de 800 mètres desservi par le tramway. Ni pour sa capacité, contrairement à la versatilité d’un métro, de bien desservir les principaux centres d’activités de notre ville puisqu’il doit emprunter nos principales voies de circulation suffisamment larges pour en permettre l’installation, mais qu’il faut refaire.

Ni pour la garantie d’un service rapide et efficace en circulant à 70 km/h le long du boulevard Pie-XII et à 50 km/h sur une plateforme surélevée d’environ six pouces dans le reste de la ville, accessible à tous, sur laquelle on nous a informés que tous les véhicules d’urgence pourront circuler prioritairement. Ces objectifs sont d’autant plus irréalistes qu’il y a 60 passages à niveau non protégés, munis de feux de circulation sur le parcours choisi et que 5000 passagers devront traverser, aller-retour, les voies de circulation automobiles très achalandées la bordant, à chacune des heures de pointe. Un sérieux problème de sécurité publique s’annonce.

Ni pour plaire aux milliers de citoyens riverains, qui souffriront de la pollution sonore produite par le tramway ou de la perte d’une partie de leur cour arrière comme ceux qui résident sur le boulevard Pie-XII, et des quartiers limitrophes dont les rues résidentielles seront envahies par les véhicules qui chercheront à éviter la congestion routière et les virages à gauche rares et hasardeux qu’il engendrera. Sans oublier les impacts majeurs sur les gens d’affaires qui perdront les stationnements (1130) sur rues, un peu partout le long de son parcours, face à leurs commerces, et dont ils ont besoin pour en assurer la rentabilité ou qui seront tout simplement expropriés.

Contrairement à la mise en place d’un métro financé entièrement par les gouvernements supérieurs, la Ville de Québec prévoit être obligée de dépenser 300 millions $ pour les aménagements extérieurs et les multiples expropriations prévues pour passer le tramway. Ce montant représente environ 22 % de son budget annuel. À titre d’exemple pour un payeur de taxes : sur un compte de taxes de 5000$, 1100$ seront consacrés à des coûts reliés au tramway. Le fait d’étaler ce montant sur plusieurs années n’y change rien. Les propriétaires immobiliers transmettront évidemment ce fardeau supplémentaire à leurs locataires.

Un métro permettrait en outre de conserver les emplois pour la construction de ses rames chez nous. L’appel d’offres pourrait spécifier toutes les caractéristiques des rames Azur du métro de Mont­réal, présentement construites à La Pocatière par Bombardier, ce qui en réduirait le coût, éliminant en pratique la concurrence étrangère, ce qu’on ne pourra pas faire pour l’achat des rames de tramway.

Deux raisons ont été données pour le choix du tramway. La première a trait à la vue extérieure pour les passagers du tramway. Quant à moi, je préfère un métro éclairé à l’intérieur, roulant sur pneumatique, dans lequel je pourrai me rendre à destination en douceur en moins de 15 minutes, à un tramway roulant fer sur fer, beaucoup plus lent, en grelottant chaque fois que les portes s’ouvriront l’hiver tout en voyant le panorama à travers des fenêtres recouvertes de gadoue.

La deuxième est liée aux coûts. Aucune étude sérieuse n’a été faite à ce sujet par la Ville. Son porte-parole a dit lors de la première consultation publique tenue à Sainte-Foy qu’un tramway souterrain (métro) coûtait 150 millions $ du kilomètre à construire, alors que la Ville avançait une estimation de 200 millions $ sur son site Internet.

Jean Guilbault, ex-conseiller municipal, district Laurentien

Carrefour des lecteurs

Avant de blâmer les CHSLD

En réaction au texte «En CHSLD contre son gré» de la journaliste Élisabeth Fleury, paru le 6 décembre.

Vous n’avez pas idée comment tous ces articles critiquant les CHSLD peuvent faire du tort à tant de gens. J’ai dû déménager ma mère de 91 ans en CHSLD ce lundi. J’en ai pleuré un coup quand l’infirmière du CLSC nous l’a proposé et à chacune des étapes. On entend tant d’histoires d’horreur.

Pourtant, maman habitait une résidence privée très chère. Mais une plaie de lit étant causée par un manque de soins et de changements de positions, il fallait agir pour s’assurer qu’elle reçoive les soins professionnels que sa situation exige. On a tout donné, mais elle a besoin de plus.

J’ai été très impressionnée par l’équipe de professionnelles qui l’ont accueillie. Elle est entre bonnes mains.

Parfois, en pensant bien faire, on prodigue de l’acharnement et prolonge les souffrances de la personne.

Mes grands-parents sont morts de vieillesse naturellement. Pourquoi n’est-ce plus possible au 21e siècle?

Marie-Dominique Rouleau
Québec

La caricature de Côté du 10 décembre

La caricature de Côté du 10 décembre