Opinions

Un «Phare» congestionné

Depuis l’annonce de la construction du «Phare», le secteur de la rue des Châtelets subit déjà un impact négatif. Cette rue dessert quelques 636 appartements répartis sur huit bâtiments. N’est-ce pas là un secteur déjà à haute densité.

Occupé à 100% en 2014-2015, on y constate un taux de vacances de plus de 10% actuellement. C’est autant de revenus de taxes en moins pour la Ville.

Les occupants de ces 636 appartements (avec autant d’espaces de stationnement) subissent déjà des contraintes à la circulation. En effet, à partir de 15h l’après-midi jusqu’après le souper, il y a des difficultés à simplement sortir de la rue pour emprunter la rue Lavigerie.

Pour bien en comprendre les impacts, considérons la problématique du centre commercial Laurier Québec, qui comporte 5300 espaces de stationnement et est accessible par plusieurs entrées situées sur le boulevard Laurier, le boulevard Hochelaga, la rue Germain-des-Prés et la rue Jean-Dequen (en tout neuf entrées/sorties).

Le boulevard Laurier comporte six voies de circulation. Le boulevard Hochelaga comporte quatre voies de circulation. On parle donc ici de 10 voies de circulation principales est-ouest sur les boulevards avoisinants et pas moins des huit entrées/sorties.

Pour le projet «Le Phare», sur la seule rue d’accès aux 3300 espaces de stationnement souterrains qui s’ajouteront (la rue des Châtelets à deux voies seulement), il n’y aura qu’une seule entrée/sortie pour y accéder ou en sortir.

En plus, on nous annonce qu’il y aura 10 000 transits quotidiens par le réseau de transport collectif dans le même quadrilatère!

Donc, malgré les contraintes actuelles sur la rue des Châtelets, l’ajout de ces 3300 espaces de stationnement ainsi que 10000 transits quotidiens par autobus/tramway/tram bus n’auront aucun impact négatif (selon leurs dire).

Peut-on le garantir à la population? Les élus et tous les tenants de ce projet pourront-ils s’engager à mettre sur la table un cautionnement équivalent à tous leurs revenus des 40 prochaines années? Comme il n’y aurait, toujours selon eux,  aucun impact négatif sauf durant la construction du projet, il n’y aura donc pas grand risque.

Henry Jenkins
Québec

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GARE AU PREMIER JOINT

En réaction à la chronique «Le premier joint de Charles» de la journaliste Isabelle Légaré parue le 15 octobre

Votre texte donne un éclairage important et très réaliste concernant les effets possibles et inconnus de la marijuana sur le cerveau. Merci à vous, Mme Légaré... la consommation légalisée de la drogue invitera en effet bien des jeunes à essayer ce qui semble inoffensif, et ils s’y accrocheront!

Jeanine Jacques
Québec

Opinions

Le rôle des employeurs en matière de violence familiale

Lorsqu’on parle de violence familiale et conjugale, on ne mentionne que très rarement les besoins qu’éprouvent les personnes qui en sont victimes d’être soutenues par leur employeur, pas plus que le besoin de venir en aide aux employés qui s’occupent d’un membre de leur famille qui subit de mauvais traitements. Or, il ne fait aucun doute que le souci que nous avons pour la sécurité et le bien-être d’un employé doit inclure les répercussions de ce type de violence et qu’il faut encourager les employeurs à intervenir.

C’est un enjeu de sécurité. Pensez à une femme qui conduit un autobus, qui utilise une machine ou qui prépare une dose de médicament, sans avoir fermé l’œil de la nuit et qui est incapable de se concentrer parce qu’elle envisage avec appréhension ce qui pourrait lui arriver lorsqu’elle retournera à la maison.

Opinions

La fable du rêve brisé de l’érable de Charlevoix

Au départ, il y avait un rêve (celui de Daniel Gauthier et de Groupe Le Massif), qui, telle une samare, s’est implanté dans le sol pour devenir un plan d’avenir. La graine est allée chercher l’eau et les nutriments dont elle avait besoin (les sous du contribuable et son approbation) pour créer une jeune pousse pleine d’idéaux qu’on nommait alors «l’antithèse même d’un Resort».

Plusieurs y ont cru, certains ont même changé la direction de leur vie pour participer modestement à la germination et au développement de ce dessein. Le brin a grandi rapidement dans plusieurs directions (développement de la montagne, hôtel à Baie-Saint-Paul, train touristique), créant un trop grand nombre de frondaisons à soutenir pour le faible tronc en devenir. 

Certaines branches se sont cassées puis ont été ramassées au sol par d’autres (Groupe Germain, Train de Charlevoix). Ensuite, l’eau a manqué et chacune des racines a été mise à l’épreuve. Toute manœuvre faite par l’érable pour se déployer devenait plus difficile et il se mit à imaginer d’autres moyens d’y arriver.

Une idée extravagante lui apparut, celle de la venue d’un géant étranger (Club Med) sur son territoire. À force d’arguments économiques, de rhétorique contrefaite et de jeux d’influences, il mit fin à la confusion créée par cette vision et les bourses furent déliées à nouveau pour permettre aux ramures de continuer leur développement, dans la direction opposée à celle promise.

Cette croissance improvisée cachait une maladie rapide et incurable qui causa la destruction irréversible de l’habitat de l’érable, le tout approuvé par les instances, lesquelles accordaient bien des faveurs pour réaliser la chimère sur des terres publiques.

Pour plusieurs, faute de mémoire, c’était la conséquence logique de la venue d’un titan chinois, alors que d’autres rappelaient les engagements du passé («un projet écotouristique, vert et responsable») tout en évoquant les risques pour l’avenir. Entre les deux groupes, la communication s’avérait difficile et l’érable tardait à intervenir pour expliquer la situation et le saccage du paysage dans une région (Réserve de la biosphère) qui avait pourtant besoin de toute sa beauté pour continuer à attirer les visiteurs.

Pendant ce temps, les médias s’interrogeaient sur les changements apportés aux lois sans réussir à émouvoir la grande majorité qui croyait que l’arbre n’avait rien à se reprocher, malgré les «conditions essentielles» à la réalisation du projet initial bafouées. Pour les autres, il ne restait que la tristesse et les questions, alors que sous les feuilles mortes se cachait un tout petit espoir de persuader l’érable de reprendre le chemin vers les rayons du Soleil et de réaliser son rêve.

Véronique Tanguay
Baie-Saint-Paul

Opinions

Non, le Québec n’est pas à l’abri de la violence obstétricale

Marie-Hélène Lahaye, une juriste et auteure belge, était de passage à Montréal lors du lancement de son livre «Accouchement : Les femmes méritent mieux». Elle a effectué une tournée qui a touché des centaines d’individus, membres d’organismes communautaires, de groupes militants, en plus de participer à des panels de discussion.

Il semblerait que son passage ait été remarqué par l’Association des obstétriciens gynécologues du Québec (AOGQ) puisque son président a pris la peine d’écrire un texte sur votre plate-forme. Il est cependant malheureux que monsieur Fabien Simard, président de l’AOGQ, profite de l’occasion pour rapporter des propos tout à fait inexacts. Monsieur Simard a écrit ce texte «du point de vue de l’AOGC» et par cette réponse, nous invitons monsieur Simard ainsi que son association à élargir leur compréhension des violences obstétricales.

L’AOGC via son Président soutient que nous ne pouvons comparer nos pratiques en obstétrique et celles de la France. Il prétend également que les violences obstétricales n’existent pas au Québec. Il est vrai que les systèmes de santé du Québec et de la France sont tout à fait différents à plusieurs égards mais la différence ne prouve aucunement une absence de violence obstétricale.

Nous aimerions rappeler que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a produit une déclaration sur «La prévention et l’élimination du manque de respect et des mauvais traitements lors de l’accouchement dans des établissements de soins» après avoir constaté qu’un nombre croissant d’études sur l’expérience des femmes pendant l’accouchement rapportaient de nombreuses atteintes aux droits fondamentaux des personnes en situation d’accouchement, et ce, à travers le monde. Est-ce que monsieur Simard veut nous dire que le Québec fait exception à la règle? Il serait pour le moins étonnant que ce soit le cas, sachant que plusieurs chercheures du milieu universitaire québécois étudient la violence obstétricale en ce moment même, et ce, dans plusieurs disciplines.

Le Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) étudie la question des violences obstétricales depuis plus de 10 ans par le biais de participation à des études partenariales avec des chercheures et par des ateliers dans de nombreuses régions du Québec qui nous ont permis de récolter les témoignages de centaines de femmes de tout horizon. Ce qui est indéniable, c’est que ces témoignages sont diamétralement opposés aux propos de monsieur Simard. Or, qui est le mieux placé pour juger de la situation au Québec entre un président d’une association de professionnel.les et les personnes qui vivent concrètement, dans leurs corps, l’expérience de l’accouchement?

Monsieur Simard parle de taux de satisfaction de 85% à 90%, mais nous savons depuis des années que ces chiffres sont erronés en raison de la méthodologie utilisée. En ce moment, les femmes sont interrogées sur leurs satisfactions dans un délai trop court, habituellement 24 heures. Pourtant de nombreuses études démontrent que cette façon de faire n’est pas adéquate et qu’il est nécessaire d’avoir un recul, ce qui est essentiel à une analyse appropriée des données. Comme toute expérience humaine, il faut laisser du temps au temps avant de pouvoir l’analyser et en faire ressortir des données fiables.

Quand l’Association des obstétriciens gynécologues du Québec affirme que ses membres établissent une relation basée sur la confiance et la continuité avec leurs patientes, on est en droit de se demander si leur président comprend l’organisation des soins qui prévaut dans le système de santé du Québec. La plupart des femmes se présenteront en travail à l’hôpital et devront se fier à un médecin inconnu d’elles. Peu de continuité est offerte aux femmes enceintes qui accouchent sous les soins des obstétriciens et obstétriciennes. Ce qui leur est offert c’est plutôt une continuité de surveillance et d’interventions gérées par des protocoles rigides et des pratiques non basées sur les données probantes qui ne sont pas adaptées à la personne qui accouche.

Le président parle beaucoup des sages-femmes du Québec dans son texte. Encore là, nous ne comprenons pas le lien entre les violences obstétricales, le nombre de suivis sage-femme et le taux de transfert. De plus, les chiffres cités sont encore une fois erronés. La violence obstétricale est une violence systémique genrée qui se manifeste par un non-respect des droits fondamentaux par des professionnels de la santé, peu importe le titre des professionnels en question.

Le président affirme également que tout est fait pour respecter l’autonomie de décision de la personne qui accouche, ce qu’on appelle dans le jargon médical le droit au consentement libre et éclairé. Le consentement libre et éclairé implique que la personne a pu consentir sans qu’une professionnelle ne fasse de pression sur elle et que le ou la professionnelle ait remis une information neutre permettant le choix éclairé.

Or, ce droit au consentement est constamment bafoué, non seulement au Québec, mais partout dans le monde! Si monsieur Simard en doute, nous l’invitons fortement à se documenter sur les études produites partout à travers le monde et au Québec. Il nous fera d’ailleurs plaisir de lui suggérer quelques lectures. Enfin, nous l’invitons à écouter celles que l’on devrait toujours écouter en premier, les premières concernées, celles qui vivent l’expérience, c’est-à-dire les femmes et les personnes qui accouchent.

Sophie Mederi pour le Regroupement Naissance-Renaissance
Montréal

La caricature de Côté du 18 octobre 2018

La caricature de Côté du 18 octobre 2018

Éditorial

Pas «moumoune» d’appeler à l’aide

ÉDITORIAL / Les hommes n’ont plus peur de passer pour des «moumounes». S’ils s’estiment victimes de violence conjugale, ils n’hésitent plus à alerter la police, du moins sur le territoire de la ville de Lévis. Voilà un changement social positif. Les actes de violence sont à dénoncer, que ce soit une femme ou un homme qui en est victime.

«Violence conjugale. Signalements masculins en hausse à Lévis», titrait mardi Le Soleil. 

Notre journaliste Marc Allard écrit que les policiers de cette ville ne s’étonnent plus que des hommes rapportent avoir été frappés. «C’est de plus en plus fréquent», indique le porte-parole du Service de police. 

Rappel important, ce sont des femmes qui sont les principales victimes de violence conjugale.

Au Québec, 78 %, des victimes sont de sexe féminin, selon les données contenues dans le Plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale, 2018-2023, dévoilé en août. 

Selon des données de Statistique Canada de 2016, les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à subir des agressions sexuelles, à être battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau.

Des statistiques qui ne dispensent pas pour autant de se préoccuper aussi du sort des hommes qui se retrouvent du côté des victimes à cause d’une conjointe ou d’un conjoint qui fait preuve de violence psychologique, verbale, physique ou économique. 

La violence conjugale, qu’importe ses formes ou ses auteurs, ne doit pas être banalisée. Qui plus est si de jeunes enfants et des adolescents en sont témoins. 

Pendant des décennies, et encore aujourd’hui, on a conseillé et répété aux femmes d’aller chercher de l’aide et de dénoncer les actes de violence qu’elles subissent de la part d’un amoureux ou d’un mari.

Le même réflexe a pris plus de temps à s’imposer chez les hommes. 

Ce n’est pas la manifestation d’actes de violence de la part des femmes qui est nouvelle, selon le chercheur Jacques Roy, du Réseau Masculinités et Société. Mais bien que des hommes osent aujourd’hui dénoncer et réclamer du soutien.

Ils ne se sentent pas moins virils, moins «hommes» parce qu’ils appellent à l’aide.

Leur intervention peut éviter une escalade de violence et une dégradation encore plus grande des relations du couple. 

M. Roy, qui est aussi intervenant social au centre de ressources pour hommes AutonHommie, estime que la hausse de signalements masculins à la police de Lévis est révélatrice d’un changement social.

Il y voit le recul de stéréotypes masculins rigides et traditionnels.

Si de jeunes hommes se sentent à l’aise d’appeler la police, c’est aussi le signe que les corps policiers recoivent leur plainte adéquatement. «On n’y va pas selon le sexe, on y va selon les faits», a expliqué au Soleil le porte-parole du Service de police de Lévis. 

C’est important que les hommes puissent recevoir des services adaptés à leurs besoins de la part des policiers, mais aussi du réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que des groupes communautaires.

Le Québec s’est d’ailleurs doté l’an dernier d’un plan d’action ministériel pour la santé et le bien-être des hommes 2017-2022.

Le ministre Gaétan Barrette notait à cette occasion qu’intervenir sur les facteurs de vulnérabilité qui concernent davantage les hommes permet d’avoir une incidence positive sur leur santé, mais aussi sur celle de leur entourage, notamment leurs conjointes et leurs enfants. 

Il ne faudrait donc pas craindre qu’un soutien accru aux hommes se fasse au détriment des femmes. Les deux doivent avoir accès à des services et à des soins appropriés à leurs besoins.

Point de vue

Famille d’accueil: l’humanisme avant la business

Dans le cadre de la Semaine des familles d’accueil, les familles d’accueil membres de l’Association démocratique des ressources à l’enfance (ADREQ CSD) réclament du gouvernement élu des gestes concrets pour répondre à l’une de leur plus grande revendication : rétablir des relations cordiales et humanistes entre les établissements de santé sous la responsabilité de l’État (CIUSS et CISSS) et les familles d’accueil afin de remettre les enfants au cœur de leur mission.

Accueillant sous leur toit les enfants les plus vulnérables de la société afin de leur offrir un milieu de vie chaleureux, équilibré et surtout, un cadre de vie favorisant l’épanouissement, les familles d’accueil jouent un rôle inestimable au Québec. Elles se définissent comme des gens de cœur qui acceptent de se dévouer 24 heures sur 24, 365 jours par année, dans l’unique but d’aider des jeunes qui n’ont pas eu la vie qu’ils auraient normalement dû avoir, et ce, pour des raisons hors de leur contrôle.

Malheureusement, dans les dernières années, l’humanisme derrière cette vocation est de moins en moins reflété par le ministère de la Santé et des Services sociaux qui impose un cadre de plus en plus «affairiste» et «business» dans ses relations avec les familles d’accueil. Le partenariat, la collaboration ainsi que l’ouverture entre les intervenants des établissements et les familles sont des principes fondamentaux qui s’effritent sans cesse dans certaines régions. 

L’établissement dicte les services qui doivent être rendus aux jeunes que l’on appelle «usagers» et la famille doit rendre ces services et se soumettre à des exercices de contrôle de la qualité qui sont dictés unilatéralement par l’établissement, ce dernier semblant perdre de vue la véritable raison de leurs interventions, les enfants.

Mais encore, la professionnalisation du rôle de la famille d’accueil oblige celle-ci à effectuer de plus en plus de lourdes tâches administratives. Naturellement, tout ce temps passé à effectuer cette paperasse représente une amputation du temps de qualité qui devrait être consacré aux jeunes confiés à ces familles d’accueil.

En somme, l’humanisme qui devrait être la pierre angulaire des relations entre les intervenants des établissements de santé et les familles d’accueil est mis à mal par le modèle technocratique et affairiste. Une relation empreinte de civilité est cruciale afin d’atteindre l’objectif commun, qui devrait être au centre des préoccupations de tous : le bien-être des enfants.

Comme société, nous avons le devoir de corriger le tir rapidement car, rappelons-le, une famille d’accueil n’est pas une institution, mais un milieu de vie naturel qui permet aux enfants de se développer et de s’épanouir.

Christiane Cloutier, présidente, ADREQ (CSD) — Saguenay–Lac-Saint-Jean

Bertholette Demostène, présidente, ADREQ (CSD) — Montréal

Véronique Quirion, présidente, ADREQ (CSD) — Estrie

Diane Thomas, présidente, ADREQ (CSD) — Chaudière-Appalaches

Louise Vincelette, présidente, ADREQ (CSD) — Montérégie

Point de vue

18 octobre, lendemain d’un buzz médiatique

Le 17 octobre 2018 : ça fait plus d’un an que tout le monde parle de cette date!

Anticipée par certains, crainte par d’autres, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ce n’est que le lendemain d’un drôle de buzz médiatique!

Quoi de nouveau sous le soleil pour toi si tu as 18 ans et plus?

• Tu vas pouvoir t’acheter du pot légalement dans une succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

• Tu vas pouvoir fumer ton joint légalement dans certains lieux publics, selon la municipalité où tu habites.

• Tu vas pouvoir partager légalement avec tes proches jusqu’à 30 grammes de cannabis. 

Légalement ou pas, la grande différence c’est qu’il y a maintenant une source fiable d’approvisionnement légale de cette substance et à la portée des consommateurs adultes. C’est tout. 

Alors, si tu n’es pas un consommateur, inutile de te rendre à la SQDC. 

Sans le vouloir, tout le monde, depuis près de 18 mois, a contribué à créer un buzz autour des produits du cannabis. Le 17 octobre 2018 marque simplement la fin de la prohibition d’une substance aussi nocive que l’alcool et le tabac. Depuis hier, au moins, tu peux choisir un produit qui te convient sans pesticides néfastes pour ta santé et peut-être opter pour un produit sans combustion et ainsi laisser reposer tes poumons. Au passage, parce que c’est un peu mon rôle de le rappeler, le cannabis c’est légal, mais pas banal c’est préférable de choisir des produits qui se consomment sans combustion.

Puisque le cannabis est une substance psychoactive, au même titre que l’alcool et le tabac, il est normal d’en donner accès aux adultes de 18 ans et plus. Si t’es assez grand pour voter, pour boire de l’alcool, pour être dans l’armée et pour te marier, t’es assez grand pour décider par toi-même si tu veux consommer ou pas du tout. 

Émilie Dansereau-Trahan, M. A., Spécialiste de contenus, substances psychoactives

Point de vue

Enlever le crucifix, c’est tuer notre mémoire

Que l’on soit croyant d’une religion ou d’une autre ou encore athée, agnostique, féministe ou quoi d’autre encore, rien ne pourra justifier historiquement parlant la disparition du crucifix à l’Assemblée nationale et voici pourquoi:

Enlevez ce crucifix et vous tuerez du même coup la mémoire identitaire du peuple québécois, et ce, que vous soyez croyant ou non. La justification de sa présence ne doit pas être débattue en raison de la crise identitaire qui prévaut actuellement et des suites à ce problème d’où sont issues nos différentes propositions d’accommodements raisonnables et cette justification ne doit pas se construire non plus à partir d’un souci de justice que ressentent les baby-boomers envers les adeptes des autres religions vivant au Québec, mais bien en raison d’un signe indélébile et distinctif de notre nation auquel tous les autres peuples qui habitent notre territoire national doivent reconnaître comme faisant partie du respect que les Québécois de souche ont envers eux-mêmes et envers leur propre histoire, que nous soyons encore croyants ou non.

C’est pourquoi la justification de la présence du crucifix dans ce haut lieu réside tout d’abord dans l’inconscient collectif de la nation québécoise comme l’aurait sans doute dit le parrain de la loi 101 au Québec, le docteur Camille Laurin.

On peut être pour ou contre l’héritage de ses ancêtres, mais on ne peut être contre la «substantifique moelle» dont étaient pourvus ceux et celles qui ont fondé et bâti le Québec d’aujourd’hui, y compris les artisans de sa révolution tranquille au moment même où notre nation vivait son adolescence. D’ailleurs, cette révolution tranquille, cette séparation aussi de l’Église et de l’État a été justement tranquille en raison de l’ambiguïté même que renfermait cette révolution à l’endroit de nos ancêtres. 

Oui, on rejetait ce compagnonnage nocif de la religion qui mangeait de ce qui sortait de la main de Duplessis, mais on ne rejetait pas le Père Georges-Henri Lévesque, de ce qu’il représentait, car étant celui-là même qui avait inspiré et provoqué cette souhaitable révolution. Non, les artisans de cette révolution ne rejetaient pas tout de l’héritage provenant de la foi de nos ancêtres mais, par contre, oui ils rejetaient cette caricature grotesque de l’Église qu’avaient dessinée plusieurs membres de sa hiérarchie. À bas les tares que renfermait cette Église du Moyen-Âge, mais reconnaissants envers tout ce beau qu’elle possédait, par lequel nous avons triomphé du vouloir que l’on disparaisse en tant que nation.

Je reviens spécifiquement au crucifix de l’Assemblée nationale, enlevez-le et vous ne saurez plus d’où vous venez, de ce qui nous distingue en tant que peuple en rapport à un autre. On ne peut se départir de ce que nous étions et qui fait ce que nous sommes, et les autres qui viennent s’établir ici sur cette terre québécoise ne peuvent et ne pourront rien changer à cela, eux aussi.

À moins que nous acceptions de devenir, comme le souhaitent entre autres certains de nos décideurs politiques, un peuple atteint d’une maladie permanente que l’on pourra qualifier ultérieurement comme étant la maladie de l’Alzheimer du peuple québécois, peuple qui avait appris, chemin faisant, à comment mourir et non plus celui duquel certains de nos devanciers glorieux écrivaient en leur temps que nous étions «d’une race qui ne sait pas mourir.»

Jacques Béland, Québec

Point de vue

La gestion d’Uber: quel laxisme!

Nous apprenions la semaine dernière que le projet pilote d’Uber était prolongé d’un an, soit jusqu’en octobre 2019.

Quelle surprise de voir que le ministre sortant des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, M. André Fortin, se rende jusqu’à imposer ainsi ce projet à son successeur de la Coalition avenir Québec (CAQ)! M. Fortin a donc su respecter jusqu’au bout la ligne de conduite du gouvernement libéral… de l’indulgence et de la tolérance démesurées envers Uber Canada. Du laxisme!

Si ce jugement peut sembler sévère aux yeux des partisans d’Uber, je leur rappelle que cette entreprise a envahi le Québec avec ses gros «sabots» en ne se souciant pas d’offrir ses services dans le respect des règles applicables à l’industrie du taxi et en ne percevant pas les taxes devant être versées à l’État. Il faut croire qu’il y a toutes sortes de façon d’arriver et d’entrer en compétition… Un comportement inéquitable et illégal, qui semble être resté impuni. Au contraire, le gouvernement du Québec a autorisé la poursuite de «l’agression» envers l’industrie du taxi en proposant à Uber, en septembre 2016, un projet pilote devant prendre fin en octobre 2017. Ce mois-là, le projet pilote a été reconduit à nouveau pour une autre année, mais en imposant des critères plus exigeants. Il fallait bien que le gouvernement donne l’impression qu’il était sérieux…

À ce jour, ces années d’une gestion désastreuse de la présence d’Uber sur le territoire québécois ont eu des conséquences monétaires majeures sur cette industrie en diminuant de plusieurs millions $ son chiffre d’affaires et la valeur des permis de taxi. D’ailleurs, le gouvernement l’a reconnu en versant une indemnité de 250 millions $ aux chauffeurs de taxi en 2018 et le ministre des Finances, M. Leitão, n’excluait pas une deuxième indemnisation.

Cette présence d’Uber d’abord tolérée et ensuite encadrée par un projet pilote a fragilisé l’industrie du taxi et les familles qui en vivent. Quant aux payeurs de taxes que nous sommes, nous avons contribué aux 250 millions $. Espérons que le gouvernement de la CAQ choisira de mettre fin à ce projet pilote dans le meilleur délai et qu’il investira plutôt dans la consolidation de l’industrie du taxi!

André Demers, Québec