Carrefour des lecteurs

Moue anti-olympique

Il y avait un quelque chose d’agaçant à voir les hockeyeuses canadiennes recevoir leur médaille d’argent avec leurs mines de Mi-Carême, une d’elles allant même jusqu’à retirer sa médaille aussitôt après avoir été mise à son cou.

Je comprends très bien leur frustration, là n’est pas la question. Mais cette réaction que je vois depuis plusieurs olympiades de la part des médaillés d’argent du hockey féminin, deux pays confondus, témoigne d’une certaine culture du milieu selon laquelle seule la médaille d’or a de la valeur. 

La capitaine Marie-Philip Poulin allait justement dans ce sens en entrevue à la CBC. Cette attitude va complètement à l’encontre de l’idéal olympique qui est de faire son maximum pour gagner, sans considérer une défaite comme un déshonneur. 

J’ai donc tout simplement le goût de leur dire: Hey les filles! c’est correct que vous puissiez vivre votre peine d’avoir perdu, mais s’il vous plaît, pouvez-vous, une fois sur le podium, vous mettre un peu de sérénité dans le visage comme ça se voit dans les autres sports au programme?

Steve Boivin, Saint-Flavien

Point de vue

Projet de loi 141: cri d’alarme de deux ex-parlementaires

Il est très rare, voire inédit, que deux anciens parlementaires, qui ont siégé face à face au Salon bleu, prennent conjointement la plume pour écrire à tous les membres de l’Assemblée nationale. La situation est critique : nous sommes extrêmement préoccupés par plusieurs orientations et dispositions du projet de loi 141 (PL 141) qui vont directement à l’encontre à la fois de la protection des consommateurs et de la mise en valeur du professionnalisme des personnes œuvrant dans l’industrie. Nos préoccupations sont également largement partagées par les regroupements de consommateurs. Nous décrivons maintenant quelques-uns des points majeurs soulevant des questionnements et des objections.

Premièrement, le projet de loi propose de laisser n’importe qui pouvoir offrir des conseils financiers, sans être certifié auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et sans être imputable de ses gestes et sans avoir un code de déontologie. Sans l’exigence de conseils fournis par des professionnels certifiés de l’industrie, on favorise ainsi la réduction du nombre de professionnels et de leur place relative au sein de l’industrie, avec un impact particulièrement marqué en régions. De plus, un consommateur mal assuré ou mal desservi par son produit ne s’en rendra compte seulement lorsqu’il y aura une réclamation, souvent plusieurs années après l’achat du produit.

Point de vue

Conteneurs à Beauport : faux projet de développement

Le 21 février dernier, je me suis présenté à l’activité «Porte ouverte» organisée par le Port de Québec sur le tout nouveau projet Beauport 2020 – conteneurs. Mes attentes étaient plutôt modestes, je l’avoue. Elles n’ont pas été déçues.

Il faut dire que je ne n’avais pas roulé 50 km uniquement pour me faire rassurer quant aux mesures qui seront prises pour faciliter la vie des dernières hirondelles de plage qui fréquentent encore le lieu. Non, ce qui m’interpelait, ce sont les facteurs de risque pour ces éternels oubliés que sont les humains. Que se produira-t-il pour eux, une fois que les Post-Panamax auront déposé sur le quai 500 000 conteneurs/année? À terme, que restera-t-il comme plaisir récréatif à ces familles habituées à fréquenter la petite plage située juste à côté (la seule disponible pour les quartiers centraux) lors des opérations quotidiennes de manutention de 2000 conteneurs? «Pour les impacts sonores, ça viendra plus tard», me dit-on.

Point de vue

Budgets 2018-19 : la croissance repose sur la compétitivité

Les budgets 2018-19 des gouvernements du Canada et du Québec seront bientôt rendus publics, et ce, dans un contexte de concurrence internationale exacerbée pour les entreprises canadiennes.

Certes, l’avantage concurrentiel du Canada ne tient pas aux seuls taux d’imposition des entreprises, si cruciaux soient-ils. Ce serait une erreur de nous lancer dans une surenchère d’avantages fiscaux à seule fin d’attirer et de conserver des entreprises d’envergure. Toutefois, dans le contexte actuel, il faut prendre avec lucidité la mesure de la compétitivité canadienne, dans laquelle l’ensemble de nos politiques fiscales jouent un rôle central.

Carrefour des lecteurs

On a tué la médecine

Ce diagnostic est sans appel : la médecine telle qu’elle devrait être est en voie de disparition et le point de rupture a été atteint au cours des dernières années. Elle est devenue la profession la plus réglementée, des lois aussi bien que des règles corporatives et des conventions collectives régissant son fonctionnement et conséquemment ses membres. Rien de comparable par rapport aux autres professions du domaine de la santé et cela commence dès l’admission en médecine.

Tout est dicté, encadré. On vous dit où l’on vous permet de travailler, la charge de patients que vous devrez avoir et les types de malades que vous devrez soigner. Les malades sont chiffrés, les patients en CHSLD étant à zéro! Le patient n’est plus au centre des préoccupations, mais les données qui y sont attribuées. Gare au patient non inscrit ou qui ose consulter là où il n’est pas inscrit.

Point de vue

Cannabis: respectez nos compétences

Madame Jody Wilson-Raybould, ministre de la Justice et procureur général du Canada Madame Ginette Petitpas Taylor, ministre de la Santé Monsieur Bill Morneau, ministre des Finances

À l’occasion de l’étude du projet de loi C-45 par le Sénat, nous souhaitons réitérer un certain nombre de demandes du Québec concernant la législation fédérale sur le cannabis.

Éditorial

Compassion et capacité de payer

ÉDITORIAL / «Respecter la capacité de payer des Québécois.» La formule sonne faux quand un gouvernement rehausse de façon indécente la rémunération de 10 000 médecins spécialistes. Pire, elle choque lorsque cette préoccupation est exprimée devant des parents dont un enfant a été tué et qui demandent, non pas la lune, mais davantage de soutien psychologique pour survivre à un tel drame, ainsi que de l’aide financière pour assister au procès du présumé meurtrier de leur fils ou de leur fille.

Des représentants de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) étaient présents jeudi à l’Assemblée nationale pour réclamer une réforme et une bonification du programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).

La caricature de Côté du 24 février 2018

La caricature de Côté du 24 février 2018
André-Philippe Côté

Point de vue

Camille, 13 ans, ira au CHSLD et nous serons tous perdants

Vous avez entendu le cri du cœur de cette mère de famille qui s’est vue refuser le droit au supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels? La situation que subissent Valérie Larouche et sa fille Camille est une bien triste histoire. Comme vous avez pu le constater à la lecture des nombreux articles publiés ces derniers jours à ce sujet, Mme Larouche n’a pas droit à l’allocation de près de 1000 $ par mois offerte aux parents d’enfants lourdement handicapés. La raison? Camille ne répond pas aux critères exigés. Et pourtant, juste à voir la liste de ses nombreux handicaps, ça donne froid dans le dos. C’est à pleurer tellement cette histoire est inhumaine.

L’alternative pour Mme Larouche? Pour éviter l’épuisement et le découragement extrêmes, elle devra en toute logique se résoudre à placer sa fille en institution. Imaginez un seul instant la détresse de cette mère lorsque surviendra ce jour fatidique. Quant au sort de Camille, 13 ans, qui se retrouvera en CHSLD, privée de l’ultime soutien de sa mère, moi je n’ai pas la force de l’imaginer.