MISSION [+] SKI

Le plaisir de travailler au grand air

Comme la plupart des secteurs de notre économie, les stations de ski et autres entreprises de plein air font face à un cruel manque de main-d’œuvre. Comment convaincre les jeunes et moins jeunes de venir travailler à la montagne avec des horaires atypiques et des conditions météorologiques parfois difficiles?

Selon Marc Éthier, coach professionnel, mentor d’affaires et conférencier, ce n’est pas une question de salaire, mais de plaisir. «Les jeunes de moins de 30 ans ne veulent pas être dirigés, ils veulent être coachés», explique celui qui a coécrit le livre Donnez les rênes aux Y avec le regretté Yvan Dubuc. «Au Parc Safari d’Hemmingford, où j’agis comme consultant, ce sont les employés qui recrutent et ils n’ont aucun mal à trouver des candidats. Pourtant, les autres commerces se trouvant à proximité, comme la boutique hors taxes de Lacolle, offrent de meilleurs salaires. Environ 94% des employés y retournent été après été pour retrouver leurs amis. Le parc thématique est situé loin des grands centres, mais les jeunes font du covoiturage pour s’y rendre.»

Il ajoute que la clé réside dans l’ambiance de travail agréable. «Les recruteurs du Parc Safari ne sont pas payés pour cet aspect de leur travail. Ils agissent comme des ambassadeurs et ils éprouvent du plaisir à le faire.» L’auteur de la conférence Amusez-vous et performez! cite en exemple la Fish philosophie, qui vient d’une poissonnerie du Pike Market de Seattle. Les employés de ce commerce transforment les tâches les plus pénibles en jeux. Ils jouent, crient, s’amusent… et les clients font la file pour y acheter leur poisson.

Soigner son personnel

«Prenez soin de vos employés et ils prendront soin de votre entreprise », dit le milliardaire Richard Benson. Cette phrase est criante de vérité en contexte de pénurie de main-d’œuvre. « Il est plus que jamais essentiel de donner aux employés certains privilèges comme des billets de ski, la location d’équipement gratuite et même des cours de glisse pour renforcer leur sentiment d’appartenance», affirme Marc Éthier. À Tremblant, les guides de montagne ne reçoivent que ce genre de privilège en guise de salaire. Et ils en sont très heureux.