Le jury de l'APMAQ a choisi d'honorer Yves Laframboise pour «sa contribution exceptionnelle à l'éducation populaire sur la maison ancienne québécoise ainsi que pour ses nombreuses publications et films documentaires sur le sujet».

Yves Laframboise reçoit le prix Robert-Lionel-Séguin

L'Association Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec a décerné son prix Robert-Lionel-Séguin 2017 à Yves Laframboise. Cette reconnaissance lui a été remise le 23 septembre à la Villa Estevan des Jardins de Métis par le directeur du lieu, Alexander Reford.
Le jury a choisi d'honorer Yves Laframboise pour «sa contribution exceptionnelle à l'éducation populaire sur la maison ancienne québécoise ainsi que pour ses nombreuses publications et films documentaires sur le sujet».
Tout au long de sa carrière, l'ethnohistorien et historien de l'architecture a reçu plusieurs prix, surtout pour son livre Villages pittoresques du Québec. Sans vouloir paraître prétentieux, M. Laframboise admet qu'il était prévisible qu'il reçoive un jour cette récompense. «C'est une consécration, considère le lauréat. On reconnaît le travail que j'ai fait et pour lequel, par bouts, je me suis senti un peu seul. Enfin, on le reconnaît!»
L'intellectuel se défend d'être un pur et dur du patrimoine. «J'aime l'architecture traditionnelle, mais je n'ai aucun problème avec l'architecture contemporaine, dit-il. Ce avec quoi j'ai des problèmes, c'est quand on introduit du contemporain, des édifices et des maisons modernes qui ne s'intègrent pas aux bâtiments anciens. Il faut qu'on puisse insérer un bâtiment qui, par ses matériaux, ses couleurs et ses dimensions, s'harmonise avec le bâtiment ancien. Je suis contre les pastiches!»
Le citoyen de Québec s'est porté à la défense de quelques constructions anciennes menacées par des projets de promoteurs immobiliers, dont celui de l'îlot Esso, au coin du boulevard René-Lévesque et de la rue Cartier. Curieusement, s'il avait un combat à livrer en ce moment, ce serait contre certaines conditions de préservation de bâtiments anciens qu'il juge obtuses.
«Il y a certains comités qui sont trop stricts sur la conservation des caractéristiques architecturales de bâtiments anciens, estime Yves Laframboise. Dans le quartier Montcalm, il y a beaucoup de duplex et de triplex qui datent des années 1925 et 1930 qui font l'objet de transformations au niveau des galeries à l'extérieur. La position de la Ville de Québec, actuellement, c'est de reconstruire tout en bois, exactement à l'ancienne. Moi, je trouve que c'est trop strict! Je trouve que c'est de passer à côté de nouveaux matériaux.»
Dans l'Est-du-Québec, le membre fondateur de l'Association des plus beaux villages du Québec est inquiet de la destinée de Percé, en Gaspésie, à cause de la prédominance et de l'omniprésence des commerces. «Ça finit par avoir une incidence sur la perception du paysage bâti traditionnel», déplore-t-il. En revanche, il salue la préoccupation du village de Métis-sur-Mer, près de Mont-Joli, de protéger son patrimoine bâti. «C'est vraiment un village exceptionnel, croit-il. Ça, c'est un lieu exemplaire.»