L’Atelier C3 Design fabrique les panneaux de cuisine dans sa propre usine, à Lévis, depuis janvier.

Vos rénos: oser le turquoise!

À seulement 23 ans, le designer Matthieu Boulianne a déjà plusieurs projets derrière la cravate. Après avoir fait ses premières armes sur la maison de ses parents, à Québec, il y a quelques années, il s’est attaqué avec assurance à leur nouvelle demeure de Lac-­Beauport, achetée au printemps.

Cette maison, dessinée par un architecte dans les années 1980, avait besoin d’un sérieux coup de pouce. «C’était une reprise de finance», précise le designer. Il y avait des infiltrations d’eau, le toit avait fait son temps. «Tout le revêtement extérieur a été refait.»

La façade avant les travaux extérieurs

Il a opté pour un neutre «gris chaud», qu’il a marié à du blanc. Le gris a l’avantage de relever ce qui l’entoure, ici, la nature environnante.

Tout le revêtement extérieur a été revu.

Si les travaux extérieurs ont été réalisés par des professionnels, les propriétaires, assez bricoleurs, se sont chargés des rénovations intérieures. 

D’entrée de jeu, le punch est dévoilé à la cuisine, avec un îlot turquoise puissant et pleinement assumé. L’Atelier C3 Design, dont Matthieu Boulianne est président, a obtenu sa licence d’entrepreneur spécialisé en janvier et fabrique depuis ses cuisines dans sa propre usine, à Lévis. Tout est programmé par machine et un ébéniste d’origine italienne s’occupe de l’installation.

L’Atelier C3 Design fabrique les panneaux de cuisine dans sa propre usine, à Lévis, depuis janvier.
Le designer Matthieu Boulianne, dans la cuisine de ses parents

Le designer «n’en peut plus» du noir, du gris et du blanc en cuisine. Et comme sa mère rêvait d’avoir du turquoise, il a osé. «C’est en bois, donc si jamais ils se tannent, ils repeignent.»

Il a refait la configuration de la pièce, tout en récupérant une partie des armoires en polyester couleur crème. «Tout était crème, ici. C’était lourd. Quand on a appliqué le blanc au plafond, il a semblé plus haut.» 

Une fausse poutre suspendue au-dessus de l’îlot maximise l’éclairage, comme la tablette avec une bande DEL intégrée au-dessus de l’évier. «On est venu s’amuser avec un panache et une thématique un peu chalet», décrit le designer.

Pour les comptoirs de cuisine, le jeune designer ne jure que par le Dekton, un matériau résistant aux égratignures et à la chaleur.

La cuisine s’ouvre sur la salle à manger. Un escalier central mène au rez-de-jardin et ses parois de verre laissent porter le regard jusqu’au salon. Plusieurs meubles de l’ancienne maison ont été récupérés, d’autres, intégrés. Comme un pouf et le coffre de l’arrière-grand-père, lovés dans une table en bois d’érable du Québec, fabriquée par une étudiante en ébénisterie.

La maison construite dans les années 80 a été dessinée par un architecte.
Touche d’éclectisme au salon. L’Atelier C3 Design a imaginé l’unité murale.

L’Atelier C3 Design a créé sur mesure l’unité murale du salon, qui comprend un foyer à vapeur Dimplex, un produit électrique qui simule les effets de flammes et de fumée, sans nécessiter d’installation complexe.

Le rez-de-chaussée comprend aussi la chambre principale. «Je n’aime pas les kits!» prévient Matthieu Boulianne. Il a donc érigé un mur séparateur qui cache un walk-in ouvert, rendant inutile toute commode.

Un nouveau mur dissimule le walk-in dans la chambre principale. Pour éviter de fermer l’espace, il ne monte pas jusqu’au plafond.

Cette nouvelle division sert aussi de tête de lit, avec éclairage DEL intégré et un grand panneau de tissu importé d’Europe. «On voit toutes les tendances passer à travers ça!» Cet été, l’aquarelle était dans le ton. Le motif choisi reprend des touches de turquoise pour compléter l’harmonie.

Le premier meuble a avoir adopté cette couleur est un lit escamotable fabriqué par le grand-père de Matthieu Boulianne. Il se trouve dans la chambre d’invité, au rez-de-jardin, qui accueille «grand-maman» quand elle vient du Saguenay. Elle-même a rembourré et  recouvert les fauteuils. On lui doit aussi les fourrures au salon. Quelques antiquités, une literie et de la dentelle noire et blanche complètent le décor.

La chambre de la grand-mère de Matthieu Boulianne. Le lit escamotable a été repeint en turquoise, premier test pour cette couleur devenue la signature de la maison.

Ce projet de retraite n’est pas terminé pour ses occupants. Restent encore les salles de bain à repenser. En famille, comme tout le reste.

En rafale

Le budget : 15 000 $ pour la cuisine incluant les comptoirs en Dekton, 5000 $ pour l’unité murale et le foyer à vapeur au salon, 4000 $ pour les matériaux de la chambre principale. Ces montants ne comprennent aucune main-d’œuvre, puisque les propriétaires ont effectué eux-mêmes les travaux. 

L’inspiration : En séjour d’études à Paris, Matthieu Boulianne a constaté que les designers européens aiment superposer une «touche d’artiste, de wow» sur une base neutre. Le choix du turquoise pour l’îlot de la cuisine découle de cette observation, mais aussi du penchant naturel de sa mère pour cette couleur.

L’anecdote : «Avec ma mère, il faut toujours qu’il y ait du petit brillant partout. On dose ensemble», rigole le jeune designer. 

La propriétaire aime tout ce qui brille. Son fils a dosé en choisissant ces luminaires à la fois industriels et glamour.