Sandra-Chloé Dionne montre un de ses «oeufs à souhaits», qui sont des bibelots tout à fait inutiles qu'une touriste de passage à Québec a achetés à ses enfants pour Noël prochain. «En première année de cégep, l'oeuf a été mon défi de tournage», mentionne l'artiste.

Voguer entre le graphisme et la céramique

À force d'entendre «sacrée Chloé!» par-ci, «sacrée Chloé!» par-là, Sandra-Chloé Dionne a décidé de transformer cette expression en marque de commerce. Sur ses gobelets et sur ses bouteilles de céramique, un petit logo en forme de labyrinthe amalgame le «S» au «C» dans le même esprit ludique qui caractérise toutes ses créations.
Des assiettes et des bols de service
Des tuiles murales ornées de petits dessins, du genre de ceux qu'on gribouille lorsqu'on est au téléphone.
Sacrée bonne femme que cette Sandra-Chloé! Elle vogue entre graphisme et céramique avec la sensation de flotter entre la deuxième et la troisième dimension. En tant que graphiste, elle a redessiné, de paire avec son conjoint, le nouveau logo de Carac'terre, l'exposition de céramique qui se tient à la place de l'Université-du-Québec, dans le quartier Saint-Roch, jusqu'au 28 août. La céramiste, elle, y propose des objets en trois dimensions pleins de fantaisie et de subtilités cachées.
L'artiste désigne un soliflore debout sur trois pieds évasés. «Quand la fleur est morte, tu retournes le vase et les pieds de céramique deviennent les pétales d'une fleur», explique-t-elle, toute fière de son effet.
Ses «oeufs à souhaits» sont des bibelots tout à fait inutiles qu'une touriste de passage à Québec a achetés à ses enfants pour Noël prochain. On glisse dans leur cavité un petit papier plié sur lequel un voeu est exprimé. Sandra-Chloé Dionne a cinq moules de plâtre qui donnent à ses oeufs une diversité intéressante de formes. «En première année de cégep, l'oeuf a été mon défi de tournage», mentionne-t-elle.
La céramiste de 39 ans est arrivée à son art par l'intermédiaire de sa boîte de graphisme baptisée Immaculae Conception Graphique. Le jour où elle a eu le Cégep Limoilou comme client, elle s'est attardée à ses programmes et a vu que les métiers d'art y figuraient. C'était pour elle! Elle s'est donc inscrite, en 2007, «toute neuve» et excitée de passer des deux dimensions du graphisme aux trois dimensions des objets d'argile.
C'est sa troisième année à Carac'terre, mais sa première en tant que céramiste professionnelle. Et cette fois, curieusement, ce qui la remplit d'orgueil, c'est son nouveau logo, ce «petit bouton» sur le devant de ses gobelets et de ses bouteilles de saké qui pique la curiosité des promeneurs. Est-ce un symbole chinois? Une poignée carrée? Une fantaisie d'artiste? Non, juste un «S» et un «C» fusionnés qui signifient «sacrée Chloé!»
Sandra-Chloé Dionne demeure à Limoilou dans une maison qui disposait d'un atelier d'ébéniste quand elle l'a achetée. Elle l'a adapté à son art, y a installé tout le matériel de céramiste qu'elle ramassait depuis des années et elle s'est mise à faire un peu moins de graphisme...
Sa production est des plus variées. On y retrouve, notamment, des tuiles murales ornées de petits dessins, du genre de ceux qu'on gribouille lorsqu'on est au téléphone. La céramiste a ainsi développé ses personnages enfantins de mini-astronaute et de «bonhomme-nuage».
Ses ensembles à saké et à thé évoquent l'idée d'origami. Cha­que pièce n'est constituée que d'un seul morceau découpé, plié et assemblé. Simples, jolis et originaux, ils s'insèrent dans tous les décors, tout en reflétant la «dualité rigolo-chic ou sobre-ludique» de l'artiste.