La designer d’intérieur Sylvie Decherf, Anne Turcotte, dirigeante d’agence, courtière immobilière et conseillère pour Engel & Völkers et Marie-Hélène Poulin, courtière immobilière et conseillère pour Engel & Völkers.

Unir deux condos: une tendance dans le marché de luxe?

Dans le milieu immobilier haut de gamme depuis 37 années, courtière depuis 16 ans, Anne Turcotte de Engel & Völkers remarque une rareté de condos très grands et luxueux à Québec. Selon elle, fusionner deux unités de copropriété pour en faire une plus spacieuse est une tendance qui s’installe de plus en plus.

«Le problème n’est pas de trouver des gens qui ont des sous, mais de trouver ce qu’ils cherchent», lance-t-elle d’entrée de jeu.

Elle donne l’exemple de professionnels retraités, de baby-boomers qui ont des moyens et envie de se gâter. «Certains achètent un condo qu’ils trouvent luxueux, mais trop petit pour leurs besoins. Ils vont se voir obligés de le revendre en peu de temps.» Ce qui surcharge le marché.

Quand elle regarde du côté de la construction neuve, les promoteurs réservent souvent les deux étages supérieurs et les coins de leurs immeubles pour des appartements de grande superficie. Des unités vendues 1 à 2 millions$, parfois même sans la finition, pour offrir une expérience complète, avec plan personnalisé, grande terrasse privée, un premier choix pour les garages, les rangements, etc.

Un constat: ces condos XXL trouvent souvent preneur plus rapidement. Preuve du nombre limité de ce type de produit. Il n’est pas rare qu’un étage complet soit acheté par une personne ou une famille. «C’est une tendance qu’on voit beaucoup à Montréal», précise la courtière, aussi conseillère et dirigeante d’agence.

Mais revenons à cette clientèle qui a acheté un produit luxueux, mais trop petit à l’usage. «Il s’avère que des gens ont apprécié le mode de vie en condo. Certains se sont un peu enracinés à leur site, à leur immeuble, à leur voisinage», décrit Mme Turcotte. «En leur montrant ce qu’on peut faire en fusionnant deux condos, c’est parfois la révélation.» Comme dans le cas de Claude Dussault et Martine Thibault, qui ont fusionné deux condos au cinquième étage du George V, sur l’avenue Wilfrid-Laurier, face aux plaines d’Abraham.


« En leur montrant ce qu’on peut faire en fusionnant deux condos, c’est parfois la révélation »
Anne Turcotte, dirigeante d’agence, courtière immobilière et conseillère pour Engel & Völkers

Les gens décident alors d’investir pour leur bien-être. Dans l’exemple présenté au George V, les travaux et le mobilier ont coûté 250$ le pied carré, pour une superficie de 2500 pieds carrés. «Ça ressemble beaucoup au prix pour se construire une maison de même format avec taxes. Le condo luxueux n’est pas un choix économique. C’est un choix rationnel pour un mode de vie», estime Mme Turcotte.

Par condo luxueux, elle entend une unité d’au moins 2000 pieds carrés, idéalement 2400 à 2500, avec un minimum de trois chambres, deux salles de bain et une salle d’eau, un bureau, une grande terrasse privative avec vue, deux garages intérieurs, le tout très bien localisé. 

Obtenir tous ces «attributs» en fusionnant deux condos ajoute énormément de valeur à une propriété, poursuit la courtière. Dans cette catégorie, à la revente, on peut aller chercher des prix de pointe de 500$ à 1000$ le pied carré à Québec.

Des rénos assistées

Mais de telles rénovations peuvent faire peur et ne se font pas sans accompagnement, plaide Anne Turcotte. «Il y a parfois des contraintes de structure, des rachats de stationnements impossibles... Il faut quasiment se faire donner un diagnostic précis par un professionnel.»

Avec sa collègue Marie-Hélène Poulin, courtière et conseillère pour Engel & Völker, et la designer d’intérieur Sylvie Decherf, le trio de femmes complémentaires souhaite travailler dans ce sens.

Ensemble, elles cumulent déjà quelques transformations. Elles peuvent offrir un produit monté sur papier, le montrer en photos réalistes et sur vidéo pour que les gens puissent circuler et se projeter en 3D. 

Sylvie Decherf développe des con­cepts très fidèles au résultat final, d’après les maquettes élaborées pour le couple Dussault-Thibault. Elle intègre à ses montages jusqu’au mobilier et aux accessoires préalablement magasinés. Les projets peuvent être livrés meublés et décorés dans «l’exactitude».

Marie-Hélène Poulin parle d’un accompagnement de A à Z, un peu comme un concierge. Elles font le suivi de chantier, la réalisation et vont jusqu’à aller chercher leurs clients à l’aéroport!