De la rue, la maison se dresse comme une forteresse. Une portion du mur de bois a été peint en blanc. Les débords de toit servent à éviter «la surchauffe» estivale.

Une maison pleine de mystère dans Charlevoix

C'est une maison pleine de mystère. Elle se dévoile peu à peu, jusqu'à la montée finale, à 517 mètres d'altitude, dans une chambre camouflée derrière une porte discrète, où nous apparaissent, dans un panorama à 270°, le Massif, l'île aux Coudres et les premiers contours du parc des Grands-Jardins.
<p>Le mur et le plafond de cèdre rouge, la poutre d'acier, les murs blancs et le plancher de béton radiant composent un intérieur unique et audacieux.</p>
«Les projets de ce calibre sont rares dans la région de Québec», fait remarquer Olivier Bourgeois qui nous a ouvert les portes de cette maison conçue par sa firme, Bourgeois Lechasseur architectes. «C'est l'un de nos premiers contrats, dit-il. La conception nous a pris un an.» Et la construction a duré neuf mois.
Installé là à temps plein depuis novembre, Marc Turgeon, le propriétaire, nous a accueillis avec affabilité. Sa conjointe, Nancy Guay, y vient les fins de semaine avec leur fille de 13 ans et leur fiston de 9 ans. Entrepreneur et promoteur (Construction des Grands Jardins), M. Turgeon s'est beaucoup impliqué dans cette maison qu'il a construite pour lui-même, «avec des gars de la place».
«Elle donne l'impression d'avoir toujours été là», analyse l'architecte. Dominant le fleuve tel un bateau de croisières, elle procure un effet de vertige. «Ancrée dans le roc», elle résistera aux secousses sismiques. De la rue, elle se dresse comme une forteresse, gardienne imprenable de l'intimité de ses occupants. Mais le réel émoi vient du sud, de ce Charlevoix montagneux qui s'évanouit dans le Saint-Laurent en se gavant de lumière.
<p>Un tableau de Dominic Besner est suspendu devant les fenêtres orientées au nord. L'éclairage a été pensé en fonction de chacune des oeuvres d'art de la maison.  <br /> <span><br /></span></p>
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<p>La salle de télé est située au rez-de-chaussée. Un fauteuil Loge a été placé près de la fenêtre. La toile de Guy Paquet a été judicieusement sélectionnée pour convenir à la pièce.</p>
C'est une maison de points de vue. Chaque ouverture est «une carte postale». Ici et là, des structures en acier bien visibles fragmentent le paysage à travers un «X» magistral qui exprime le vocabulaire de son architecture.
Le rez-de-chaussée n'est qu'une mise en bouche en regard de l'éblouissement qui nous attend à l'étage. Les fenêtres oscillo-battantes pleine hauteur de la compagnie Alumilex, le plancher de béton radiant, les foyers au bois de la firme allemande Stûv, le mobilier de la Ligne Roset, les oeuvres vibrantes qui ornent les murs immaculés: la cohérence et le bon goût cohabitent dans cette demeure du secteur Le Fief, à Petite-Rivière-Saint-François.
L'escalier, le corridor et le plafond de l'étage sont parés de ce cèdre rouge qui recouvre aussi les murs extérieurs et les balcons. La main courante encastrée est illuminée de l'intérieur. Chouette détail. 
C'est un peu sombre. On dirait un sas. Rien ne laisse présager de ce qui nous attend en haut. Il est là, le mystère...
<p>De la salle de bain attenante à la chambre, l'île aux Coudres et le fleuve composent un paysage grandiose de la chambre principale.</p>
<p>Les armoires de mélamine italienne blanche ont été fabriquées chez Cuisine Simard, une entreprise de Saint-Tite.</p>
Aire ouverte
Un espace de vie à aire ouverte entièrement vitré surplombe la piscine et les arbres. Un foyer central Stûv se dresse à l'ouest. Le propriétaire a bricolé un monte-charge électrique qui lui sert à hisser ses bûches au salon. Un tableau de Dominic Besner est suspendu devant une fenêtre du nord, pour donner du plaisir et créer un écran. Le salon s'avance en porte-à-faux au-dessus de la piscine, accentuant l'effet bateau de croisières.
Toute blanche, la cuisine est constituée d'armoires de mélamine italienne lustrée. «On la voulait pure, c'est pour ça qu'il n'y a pas de poignée», mentionne Marc Turgeon. Une portion du comptoir de béton se prolonge jusqu'à l'extérieur, sur le balcon. Une fenêtre s'ouvre, comme celle d'un casse-croûte. Flash d'architecte.
Puis le proprio ouvre une porte insérée dans le mur de cèdre. Voilà le quartier des parents. Un demi-mur forme un petit corridor que l'on franchit en trois enjambées avant d'arriver dans une chambre lumineuse à laquelle est annexée une salle de bain tout aussi fenestrée. Et toujours ce paysage qui apaise et qui incite au silence. La résidence des Grands Jardins fait partie des projets que tout architecte souhaite réaliser une fois dans sa vie, confie Olivier Bourgeois.