Une maison inspirée par le paysage maritime

Karyne Tremblay fréquente les salons internationaux de design, travail oblige. Elle y a trouvé l'inspiration pour sa nouvelle maison de Berthier-sur-Mer, contemporaine, certes, mais bien intégrée à ses voisines plus traditionnelles et à un paysage maritime venteux plein d'horizon.
De la rue, de la voiture même, la beauté et l'intelligence de cette maison sont perceptibles : on voit le fleuve à travers les fenêtres positionnées justement pour ça.
Ingénieure en transformation du bois de formation, Karyne Tremblay en a fait les plans elle-même. C'est sa troisième maison, mais il s'agit de la première dont elle est l'unique propriétaire. Elle y vit depuis janvier, avec ses enfants, Iris (huit ans) et Alix (cinq ans).
La configuration de sa maison est remarquable. Elle a une forme de U, la partie vide étant réservée à une terrasse à l'abri du vent, fermée sur trois côtés. La branche gauche du U renferme les trois chambres; la droite, le salon et la salle à manger. La cuisine occupe la base et s'ouvre ainsi sur la terrasse par une rangée de portes vitrées. 
Devant, c'est le fleuve et, au loin, la marina de Berthier-sur-Mer, les montagnes, le ciel de l'est et une faune ailée qui va et vient au gré des marées.
Afin de se conformer aux normes de Berthier, Karyne Tremblay a opté pour un toit à double versant, pour une lucarne «revisitée» et pour une construction en forme de «rectangle traditionnel» qu'elle a fait recouvrir de pin. La teinture semi-transparente devra être refaite tous les «quatre, cinq ans», précise-t-elle.
Chêne blanc
De ses voyages à Milan, la jeune femme est revenue pâmée sur le chêne blanc. L'escalier et le plancher de la mezzanine en sont parés. Mais ce sont surtout les armoires de cuisine qui épatent, par leur classicisme et par leur parfaite incorporation à cet espace de vie lumineux et épuré.
Deux colonnes carrées recouvertes «d'érable parfait» sont dressées «au milieu de la place». Elles sont pourtant bien amalgamées à la cuisine et procurent à tout coup aux invités le même effet de surprise que Karyne a ressenti en les voyant pour la première fois.
Penser autrement
Il n'y a pas de sous-sol chez Karyne Tremblay. Beau «défi technique» quand il est question du rangement et de la «mécanique de la maison» (boîte électrique, échangeur d'air, etc.). «Il faut penser autrement», a-t-elle analysé. Elle en a conclu qu'il lui fallait un garage. Répondant à l'appel des «tant qu'à y être», elle l'a doté d'un plancher de béton radiant, à l'instar de son rez-de-chaussée.
L'absence de sous-sol l'a aussi forcée à réfléchir à l'emplacement de la salle de jeux. Elle l'a aménagée en mezzanine. Ce qu'elle aime, c'est l'accès visuel - et auditif - à cet étage ouvert où ses enfants ne se sentent pas confinés comme ils le seraient dans un sous-sol. 
Une chambre d'amis et une petite salle d'eau occupent aussi un coin discret de cette mezzanine.
La jeune femme a commencé à travailler sur ses plans en février 2014. La construction a débuté en septembre et les travaux se sont achevés en janvier dernier.
«En 2014, ç'a goalé», résume-t-elle, tout à sa fierté d'avoir géré ce projet toute seule, grâce à l'efficacité d'un entrepreneur qui a compris sa démarche, Pierre Deschênes, de la compagnie Construction André Deschênes, de Montmagny.