Une maison hantée par la déco!

Lisette Boily et son conjoint Simon Grenier sont des mordus de la déco festive. Depuis la mi-septembre, leur maison de Beauport est envahie par les sorcières, fantômes et autres créatures d'outre-tombe. De leur demeure de la rue Odette-Pinard émanent parfois des cris stridents et des rires macabres. Rien de plus normal.
Mme Boily, coiffeuse et propriétaire du salon Bon-Air, préfère Noël, mais on ne s'en doute pas une miette lorsqu'on entre dans sa maison décorée pour l'Halloween. Une explosion de noir et d'orangé. 
Mme Boily déguise sa résidence, l'intérieur comme l'extérieur, pour animer la veille de la Toussaint depuis 33 ans. Elle orne même son auto. La dame s'est d'ailleurs fait apostropher récemment par un automobiliste paniqué. Il croyait réellement qu'un homme - en vérité un faux bras rembourré - était coincé dans le coffre de son véhicule. 
Les courges aux visages malveillants ont poussé partout sur le terrain. Une grosse araignée gonflée a élu domicile sur le toit et des cadavres essaient tant bien que mal de sortir de terre. À l'intérieur, de nombreux automates aux cris stridents accueillent les visiteurs. «Il ne s'en fait plus des comme ça», indique Mme Boily en présentant au Soleil une vilaine sorcière aux yeux rouges. «Je me fais peur moi-même, parfois!»
La dynamique Beauportoise cumule les objets d'épouvante depuis trois décennies. Une véritable exposition. Tout a commencé par les guirlandes lumineuses, puis se sont ajoutées les citrouilles, lumineuses aussi. Ont suivi les jolis personnages : poupées, squelettes, sorcières. Et les automates, qu'elle adore.
Bien qu'elle en possède plusieurs, Mme Boily n'aime pas beaucoup les structures gonflables, tendance des dernières années. Elles ne sont pas très résistantes : elle a peur qu'elles s'envolent au vent.
Toutes les pièces de la maison, dont le salon de coiffure de Mme Boily, sont décorées. Même la verrière, pour l'usage exclusif des résidents, arbore la thématique. Un sapin d'Halloween y a été érigé. Il change de couleur au rythme des fêtes. 
Le couple commence à décorer pour l'Halloween un mois et demi avant le jour J. À trois, Mme Boily estime que l'entreprise nécessite une semaine de travail. Et une fois la fête terminée, on rangera le tout et passera à Noël tout de suite! Où met-elle donc tout ça, en fait? La salle de la fournaise est réservée à l'Halloween et le couple a un cabanon dédié uniquement à Noël.
Soirée pour petits et grands
Le 31 octobre en soirée, Mme Boily et son conjoint laissent la porte ouverte pour les enfants et accueillent famille et amis pour un goûter (et pour qu'ils les aident lors de cette soirée éreintante, il va sans dire). 
Les enfants sont accueillis à l'intérieur ainsi que dans l'abri d'auto, où une scène d'épouvante est animée par les «babounes» de Mme Boily, des ados, devenus adultes, qui viennent toujours s'y amuser. Dracula, une télé dégoulinante de sang, un fantôme volant et une machine à fumée sont au menu. Thriller de Michael Jackson mettra les jeunes dans l'ambiance dès la rue. 
Mme Boily attend encore cette année quelque 600 petits costumés. «Il y en a qui viennent de la Beauce», assure-t-elle. Et des curieux se postent devant chez eux pour regarder défiler les enfants. «C'est tellement le fun», lance-t-elle, ravie de faire plaisir à autant de gens. 
Le couple ne lésine pas quand il s'agit de décorer. Il achète aussi pour près de 1000 $ de bonbons pour satisfaire leurs nombreux visiteurs. Il ne faut pas négliger les costumes, non plus : un nouveau, chaque année! Pas question de décevoir les enfants.
À 71 ans, Mme Boily affirme que cette passion festive lui permet de rester jeune. Le couple Boily-Grenier décore aussi pour la Saint-Valentin, le Carnaval et Pâques. L'été, on fait une pause, on range tout. Sauf les guirlandes de lumières, Mme Boily en a un besoin viscéral. «Et rendu au mois d'août, raconte la dame, j'ai hâte à septembre pour recommencer!»