Une maison entre fleuve et forêt

Nicole et Benoît ont trouvé leur paradis dans une maison de Saint-Romuald juchée sur la falaise, entre fleuve et forêt, à quelques kilomètres des centres de Québec et de Lévis. «C'est la campagne en ville», se réjouit le couple de retraités.
Ils ont acheté leur terrain en 2002, après avoir enfin trouvé celui qui répondait à leurs trois critères : «le spot, le spot et le spot», badine Benoît. La rue ne compte que cinq maisons. «Personne ne vient ici», affirme-t-il. 
Il n'y avait pas d'aqueduc en 2002. Les négociations avec la Ville de Lévis «pour faire monter l'eau» ont duré cinq ans, relate-t-il. Et la facture a été salée, «plusieurs centaines de milliers de dollars» que les cinq voisins se sont partagés.
En 2008, le couple obtenait enfin le droit de se construire. Inspirée des «cubes d'Habitat 67», à Montréal, Nicole, designer d'intérieur, a «dessiné à main levée» une maison contemporaine. L'architecte Maurice Boutin, décédé en 2013, a mis en plan les esquisses de la dame.
De la rue, sa structure cubique est bien visible. De l'intérieur, elle se prend pour «un grand loft», fenestré du plancher au plafond. 
Le fleuve s'étire à perte de vue au nord, alors que tout autour la forêt a gardé ses droits. Le couple étête les arbres de la falaise afin de jouir du panorama qui englobe les ponts, à l'ouest, et le mont Sainte-Anne, par temps clair, à l'est. À l'image de la maison, la terrasse comporte plusieurs segments. Elle surplombe le terrain qui totalise 33 000 pieds carrés, incluant la falaise.
Les pièces dialoguent entre elles grâce à leurs murs d'un gris anthracite soutenu, à leurs planchers de hêtre foncés et à leurs fenêtres triple vitrage habillées de noir.
Le salon, en contrebas de la salle à manger, est doté d'un foyer enserré dans des carreaux de céramique à l'aspect d'acier rouillé.
Concept italien
La cuisine a été réalisée par l'entreprise Richard et Lévesque. Comptoirs de quartz et de placage de zébrano, armoires laquées couleur café au lait, grands tiroirs pour la vaisselle et les chaudrons : le lieu était avant-gardiste en 2008 et l'est encore aujourd'hui. En vertu d'un «concept italien», il n'y a pas d'armoire dans le haut de la pièce.
Au coeur de la maison, un bloc flanqué d'un escalier en inox s'élève du sous-sol à l'étage. Nicole l'a recouvert sur toutes ses faces d'un papier peint gris et orange, dont les motifs de cercles tranchent avec les lignes carrées de la résidence.
Deux chambres embrassent le Saint-Laurent, alors que la troisième semble blottie dans la canopée. Des meubles de bois leur confèrent un supplément de chaleur. Les couvre-lits blancs unifient le décor. Même la pièce-penderie a sa fenêtre et sa vue sur les arbres.
Benoît Gagnon précise que la maison est bâtie sur le roc, «aux quatre vents». Mais avec sa structure d'acier et sa fondation de béton armé, elle est «anti-destruction». C'est une maison «blindée», assure-t-il.