La toiture plate a été conçue pour recevoir des végétaux qui seront plantés cet été.

Une maison écolo sur un lieu idyllique

Catherine Demers et son conjoint, William Dumais, rêvaient d'un chalet. Sur le bord du lac Bleu, à Lac-Beauport, ils ont déniché un terrain si idyllique qu'ils ont décidé de quitter le centre-ville pour s'ancrer en pleine nature, dans l'une des premières maisons certifiées LEED Or de la région de Québec.
«Il s'agit en tout cas de la première dans la MRC de la Jacques-Cartier», affirme Catherine Demers, architecte chez DMG architecture, une firme de Québec spécialisée dans les domaines institutionnel, industriel et commercial.
La jeune femme a commencé à s'intéresser à la certification LEED il y a une dizaine d'années. Elle a étudié le système, a passé les examens et est devenue l'un des premiers architectes accrédités à Québec. Ce système est maintenant intégré à sa pratique.
Elle a eu le goût d'appliquer ses connaissances à sa maison de Lac-Beauport. Elle a piloté le projet de A à Z et constaté, en côtoyant l'entrepreneur, Martin Chabot, que «tout devait être fait différemment».
Ainsi, quand elle s'informait de la provenance du bois, il répondait : «De chez Canac», relate-t-elle avec humour. Mais encore? De Portneuf ou de la Pennsylvanie? L'utilisation de ressources locales est importante dans la certification LEED. Tout comme les bas taux de COV (composés organiques volatils) dans les scellants, les colles, les peintures. «L'entrepreneur a très bien collaboré», précise-t-elle.
La maison contemporaine de Catherine Demers et de William Dumais, un spécialiste en contrôle de système de mécanique du bâtiment, est plantée sur le bord du lac Bleu, en contrebas de la route. Ce site est magnifique avec ses dénivelés, les montagnes alentour et la végétation qu'on devine très dense une fois passé l'hiver.
La maison lui fait honneur. Le contact avec l'extérieur est favorisé par de vastes terrasses en continuité avec les planchers, de grandes portes ouvrantes et des fenêtres pleine hauteur. Le défi du couple était d'obtenir une bonne performance énergétique, malgré ces fenêtres, fussent-elles en triple verre, qui offrent moins de valeur isolante que des murs.
<p>Cette section de la salle de bain communique avec la chambre principale. Une porte coulissante l'isole de la toilette. La douche, elle, est située derrière le mur du meuble-lavabo.</p>
Géothermie
Les deux conjoints se sont entendus pour installer un système géothermique qui tire du sol une énergie renouvelable, durable, sans émission toxique et... locale. Ils ont opté pour une distribution mixte : par le plancher radiant à l'eau, en béton apparent, et par des conduits qui pulsent l'air sous le plancher surélevé du salon et le projettent à partir du sol sous les grandes fenêtres. «C'est très confortable, car la température est uniforme», a constaté le couple.
La maison ne comprend qu'une salle de bain. Un couple et un petit bonhomme de quatre ans ont-ils besoin de plus? Non, bien sûr... Ils ont tout de même installé deux lavabos et aménagé des zones (bain, douche et toilette) qui s'isolent les unes des autres par des portes coulissantes.
La maison de 2100 pieds carrés n'a pas de sous-sol. Les propriétaires ont remédié à leur besoin de rangement en faisant construire des armoires, des garde-robes et des tiroirs tout autour de la mezzanine lumineuse qui fait office de bureau et de chambre d'amis. Le lit escamotable libère beaucoup d'espace. On accède au toit-terrasse et au toit-jardin par cette mezzanine.
Les astuces de rangement constituent des «éléments distinctifs» de la maison : le vestiaire d'entrée, immense et ouvert; le dessous d'escalier; le module pour les jouets qui sépare le salon de la salle de jeux; le vide-poches creusé comme une petite niche dans un mur de l'entrée; l'alcôve pour le bois à côté du foyer. Une grande partie du mobilier est intégrée, ce qui fait la fierté de l'architecte.
Catherine Demers la voulait, sa certification LEED. Elle a atteint l'or «avec satisfaction», en précisant qu'elle ne s'était pas lancée dans une course aux points.
<p>Les portes accordéon en verre de la compagnie allemande NanaWall s'ouvrent tout grand sur la salle à manger. Cette photo montre la grande quantité de bois qui a été utilisée pour cette maison et qui a contribué à sa certification.</p>
Vers des aménagements plus durables
L'objectif de la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est d'amener les entrepreneurs à adopter des pratiques de construction et d'aménagement plus durables. Elle relève du Conseil du bâtiment durable du Canada, qui a donné à Écohabitation le mandat d'accompagner les constructeurs québécois dans leurs projets de certification pour les habitations. La certification est basée sur un système de pointage et elle se divise, pour le secteur résidentiel, en huit catégories : innovation et processus de conception; emplacements et liaisons; aménagement écologique des sites; gestion efficace de l'eau; énergie et atmosphère; matériaux et ressources; qualité des environnements intérieurs; sensibilisation et formation.
Catherine Demers et William Dumais ont ainsi perdu des points dans la catégorie emplacements et liaisons, car leur maison est loin des transports en commun. En revanche, l'utilisation de matériaux durables et de haute qualité, ainsi que la gestion exemplaire (très peu de perte) qu'ils en ont faite leur a valu un pointage élevé dans la catégorie matériaux et ressources. Des peintures sans COV, des vernis à base d'eau, du mobilier intégré fait de contreplaqué sans urée formaldéhyde et un tuyau d'évent qui extrait le radon ont entraîné une bonne performance dans la catégorie qualité des environnements intérieurs.