Une maison au chic cachet kitsch

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. On pense d'emblée à la loi de Lavoisier quand on visite la maison de Louis et Julie. Les trouvailles de marchés aux puces y reprennent vie, du bois déniché au sous-sol est transformé en nouveau «vieux» plancher, l'ancien tambour sert maintenant de comptoir et d'escalier. Et ce n'est qu'un aperçu.
Louis et Julie aiment le cachet, le kitsch, le bricolage et dégoter des pièces vintage pour quelques dollars. Ils ont acheté en 2006 une maison unifamiliale dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, avec ouverture sur la basse ville. Pas de voisin qui a une vue en plongée sur la cour arrière. Une rareté dans le quartier.
La maison a été enregistrée en 1924, «sauf que quand on a strippé les murs, on a trouvé des journaux qui remontent jusqu'à 1874», raconte Louis. Et les proprios ont découvert des poutres calcinées. «On pense que la maison a été reconstruite sur une maison incendiée», suppute Louis. Mais ce n'est qu'une hypothèse. 
Une dame y habitait depuis 57 ans. Elle l'avait elle-même héritée de son grand-père qui l'avait construite.  «C'est une maison typique du quartier d'avant la gentrification», explique Louis. Rénovée par petits bouts, au fil du temps. 
Le couple a pris connaissance de ces changements successifs en dénudant les murs et le sol, révélant les multiples couches de papiers peints, de prélart et de tapis. «On voulait aller chercher le cachet sans rajouter du nouveau. En fait, on a enlevé tout le nouveau pour retourner au squelette.» 
Louis et Julie ont exposé le pièce sur pièce des murs, laissé tel quel. On voit encore entre les «craques» des morceaux de vêtements utilisés pour boucher les trous. Car il n'y a pas d'autre isolation. Les proprios ont aussi découvert des sous-planchers tout à fait convenables, dans plusieurs pièces, qu'ils ont refinis. À l'étage, il y avait tellement de couches de revêtements de sol qu'on a été obligé de rallonger les portes!
Opération récupération
À la base, Louis et Julie voulaient récupérer beaucoup de matériaux qui se trouvaient déjà dans la demeure. Ils ont notamment détruit un tambour qui se trouvait à l'arrière. On le trouve maintenant dans le nouvel escalier et la cuisine. Il forme le comptoir et la structure des armoires. Les portes d'armoires ont été récupérées d'un bungalow de Sainte-Foy qui a été démoli. Les matériaux n'ont pratiquement rien coûté, mais le couple y a investi beaucoup de temps, même s'il a fait affaire avec des entrepreneurs. 
Julie a hérité du mobilier provincial français bleu et doré de ses grands-parents. Il faut dire qu'elle était la seule dans la famille à en vouloir. Joie! Les héritages, elle en raffole. Mais loin d'elle l'idée de s'en tenir à un seul style. «On ne veut pas reproduire une époque!»  La table à manger scandinave mid-century qui vient des parents de Louis, qui s'en étaient lassés, les ravit aussi. 
Au sous-sol, on trouve les chambres des deux garçons du couple ainsi qu'une salle de bain au sol en béton chauffant. Le bain a été couvert avec de bois récupéré. Le lavabo de la salle de bain du sous-sol vient aussi du bungalow en fin de vie. Chez Louis et Julie, tout a une histoire, et chaque histoire a sa place.