Une échelle de meunier sert de présentoir à souliers, tandis qu'un berceau accueille des toutous.

Une friperie rehaussée par le design

Qui a dit que les friperies devaient ressembler à un sous-sol d'église? La Friperie du Café Rencontre a été remise au goût du jour, durant le dernier mois, grâce à un design imaginatif qui fait la part belle au bois de palette et aux meubles usagés métamorphosés en présentoirs.
Pascale Rancourt, designer graphique à l'Université Laval, a proposé ses services bénévoles pour réaménager cette boutique de la rue du Pont, dans le quartier Saint-Roch, pour l'embellir et pour maximiser son espace.
«Je tripe sur la récupération et le design», s'enthousiasme la jeune femme dont le conjoint occupe le poste d'adjoint administratif au Café Rencontre.
«Il s'agit d'un projet d'envergure», fait-elle valoir. La Friperie, en effet, est restée fermée un mois, le temps d'effectuer les travaux. Et Pascale Rancourt estime qu'elle a consacré six mois à la recherche et à la réflexion.
Les matériaux ont coûté 2500 $, ce qui équivaut au montant total du chantier, puisque la main-d'oeuvre était bénévole.
Pascale a tenu un registre précis du matériel employé : 15 % de stock réutilisé, 15 % d'achats neufs, 30 % de meubles usagés et 40 % de dons et d'objets trouvés dans les poubelles, ce qui inclut le bois de palette fourni par le centre industriel Saint-Malo, avec lequel les ébénistes en herbe ont accompli des miracles. Ils ont confectionné une porte, une paroi ajourée entre le comptoir et l'arrière-boutique, des tables, un babillard, des panneaux décoratifs.
<p>La conceptrice Pascale Rancourt et la gérante Renée Wiseman sont bien fières de leur nouvelle porte en bois de palette.</p>
«Je voulais que ce soit hot, que ça inspire les gens pour qu'ils soient tentés de faire la même chose eux aussi, mentionne Pascale Rancourt. J'ai essayé de créer du cachet, pas cher, mais hyper intéressant.»
Une échelle de meunier sert à montrer les chaussures d'enfants, et des tuyaux de gicleur, de tringles pour les petits vêtements. Une montagne de toutous ont été regroupés dans un vieux berceau. Deux anciennes chaises du restaurant Bâton Rouge ont été fixées au mur et utilisées comme présentoirs. Des ustensiles et des menus objets ont été déposés dans des pots Masson dont les couvercles ont été vissés sur des poutres de bois.
En maximisant la hauteur des présentoirs, la Friperie du Café Rencontre a doublé la quantité de vêtements dans sa boutique, fait remarquer la gérante, Renée Wiseman. «On a éclairci le local pour les mettre en valeur», ajoute Pascale Rancourt.
Ouvert depuis 27 ans, le Café Rencontre est une soupe populaire de la rue Saint-Joseph qui sert, moyennant 0,50 $, près de 300 repas par jour à des démunis. «C'est le resto le plus populaire de Saint-Roch», plaisante la jeune femme. À deux pas, au 305, rue du Pont, se trouve la friperie La Manne à linge, qui fournit un revenu d'appoint au Café Rencontre depuis 18 ans.
La Manne à linge a changé de décor, puis elle a été rebaptisée La Friperie du Café Rencontre, afin d'être clairement associée à la soupe populaire qu'elle soutient. Elle a rouvert jeudi, à l'occasion d'un 5 à 7 qui a marqué son nouvel essor.