La cuisine a un côté classique avec ses armoires shaker, ses moulures arrondies en hauteur et ses poignées en coquille au fini bronze antique. Audacieuse, la tablette éclairée dans l'îlot a représenté un défi.

Une cuisine mûrie

Audrey Samson a déménagé 10 fois en 10 ans. Pour sa nouvelle cuisine, cette gastronome savait exactement ce qu'elle voulait, jusqu'à la grandeur des tiroirs à épices. Un projet ultra personnalisé et gagnant d'un prix Nobilis, mais qui ne s'est pas fait en criant ciseau.
Cette belle pièce de 15 pieds sur 13 pieds a été longuement réfléchie. La cuisine est au coeur de la maison toute neuve d'Audrey et de sa conjointe, Maude Turcot, dans Sainte-Foy. Avec en tête des besoins clairement définis, les propriétaires ont dû magasiner un cuisiniste, puisque celui qui collaborait avec leur entrepreneur ne répondait pas à leurs attentes.
Elles ont jeté leur dévolu sur Cabico lors d'un salon de l'habitation. «On a aimé leur approche et leur ouverture», indique Maude, en parlant du fabricant québécois d'armoires sur mesure, qui a une boutique rue Cyrille-Duquet.
Faire différent, sortir des sentiers battus, voilà ce que voulait le duo. «On a déjà eu une cuisine très contemporaine, laquée blanche, avec les panneaux qui ouvrent par en haut. Je n'ai pas aimé ça», tranche Audrey, très active aux fourneaux. Cette fois, elles souhaitaient quelque chose de plus classique, d'intemporel, de chaleureux ET de pratique.
Chaque pied carré a été utilisé, en témoignent des tiroirs dont la façade est enfoncée à 90 degrés pour épouser un coin.
«Des bonnes vieilles armoires qui s'ouvrent de façon traditionnelle, ça reste ce qu'il y a de plus efficace quand on veut fonctionner rapidement. Les panneaux qui s'ouvrent par le haut, c'est plus cher et on perd de l'espace à cause de la quincaillerie», indique Audrey. Chaque pied carré a été utilisé, en témoignent des tiroirs dont la façade est enfoncée à 90 degrés pour épouser un coin.
Audrey et Maude tenaient à avoir un îlot à deux niveaux, orné de noyer massif et de granit poli. Elles peuvent ainsi cuisiner et recevoir à l'aise.
Elles voulaient aussi un îlot sur deux niveaux, pour les invités qui ont envie de mettre la main à la pâte quand elles font un party de homard ou de dumpling et qu'il y en a partout. Ils peuvent travailler sur une surface en noyer massif, assis confortablement et sans empiéter sur l'espace de cuisson un peu plus haut, le royaume d'Audrey. La cuisine ouverte a ainsi ses zones. Maude peut faire un dessert ou un brin de vaisselle sur un autre comptoir à côté.
Un gros plus pour Maude, qui est très grande, les armoires sont hautes, ce qui donne du dégagement pour travailler. Une marque de commerce de Cabico. Pour Audrey, plus petite, le cuisiniste a intégré un escabeau dans le coup de pied. Ingénieux.
Le compromis
Toutes deux rêvaient d'un garde-manger walk-in, notamment pour dissimuler les petits électroménagers. Mais elles y ont renoncé par manque d'espace. La solution? Une section d'armoire avec tablettes coulissantes et prises électriques intégrées. Grille-pain, friteuse, bouilloire ont trouvé leur place sans traîner sur les comptoirs. «Tout le monde devrait avoir ça!» lance Maude qui aime une cuisine ordonnée.
Maude ne se passerait pas de cette section avec tablettes coulissantes et prises électriques intégrées pour les petits électroménagers.
Au plancher, pas question de mettre de la céramique. «Quand des choses tombent par terre, ça salit les joints. Un plancher de bois, c'est ce qui se nettoie le mieux», trouve Audrey. 
Pour l'îlot de cuisson et les comptoirs, les propriétaires sont allées choisir leur morceau de granit directement à l'entrepôt, à Montréal. «On ne voit rien sur un échantillon d'un pied par un pied», plaide Audrey en pointant la complexité de la roche. Les grandes surfaces de travail sont donc en granit noir avec beaucoup de veinage aux teintes crème et ocre. 
Le reste de la cuisine se décline en noir, en crème et en champagne. C'est la designer cuisiniste de Cabico Boutique, Laura-Lou Duchesne-Fortin, qui a proposé d'intégrer une section d'armoires plus claires, sans briser l'harmonie et la dominance foncée. Le fond de ces armoires vitrées est plaqué en noyer, un beau rappel avec l'îlot des invités.
Tout est à portée de main dans cette cuisine pratique. Maude fait remarquer que les intérieurs de tiroir sont en bois, une norme chez Cabico.
Avant même de commencer la cuisine, Audrey savait exactement de quel espace elle avait besoin pour ranger ses épices.
Dernière étape au projet, le dosseret, recouvert d'une peinture métallique champagne. Pour faciliter l'entretien, les propriétaires aimeraient y apposer de la céramique ou simplement une plaque de verre, une façon de faire courante en Europe.
Cinq mois 
Tout le processus pour réaliser la cuisine s'est étiré sur cinq mois, de février à juillet. Une longue période pas toujours facile, admettent les propriétaires. «Quand on fait des choses pour la première fois, qu'on sort des standards, il y a des risques que des erreurs surviennent à l'usine», prévient Audrey. Aux difficultés rencontrées, Cabico a toutefois trouvé des solutions, jusqu'à ce qu'elles soient satisfaites «à plus de 100 %».«C'est ce qui distingue un bon cuisiniste d'un mauvais», conclut Audrey.
Au final, ce projet d'une valeur de 30 000 $ a gagné un prix Nobilis 2016, décerné par l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec.