Le Carré de l’apothicairesse est situé au cœur du Monastère des Augustines.

Un jardin historique intra-muros

Saviez-vous qu’il existe un jardin de simples — soit de plantes médicinales — à l’intérieur des murs de la ville de Québec, un jardin que vous pouvez d’ailleurs visiter? Il est situé tout près du premier jardin de plantes médicinales du Canada, au Monastère des Augustines.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus désignent un ordre religieux hospitalier originaire de la France. Les trois premières sœurs sont arrivées à Québec en 1639 pour soigner les malades, colons et Amérindiens, de la Nouvelle-France. Après un court séjour près de la maison des Jésuites, à Sillery, elles se sont établies à Québec, au site de l’actuel Monastère des Augustines, où elles fondèrent l’Hôtel-Dieu, le premier hôpital du Nouveau Monde au nord du Mexique, en 1646. 

Dès la fondation de l’hôpital, un jardin de simples dans la cour procurait beaucoup de médicaments, car à l’époque, on se soignait surtout avec les plantes. Il était géré par la sœur la plus expérimentée en soins pharmaceutiques: l’apothicairesse. 

Ce jardin a survécu pendant presque 300 ans. L’évolution de la médecine, avec ses pilules, ses injections et le rôle plus grand donné aux médecins, a fait diminuer l’importance du jardin de simples, et celui des sœurs a fini par disparaître. Mais voilà qu’il est de retour!

Le jardin renaît

Le jardin actuel, le Carré de l’apothicairesse, a vu le jour en 2017 dans une cour qui, pendant une bonne partie du XXe et du début du XXIe siècle, a été une aire de stationnement pour l’hôpital. Ce jardin de simples souligne l’importance des Augustines au début de la Nouvelle-France, ainsi que celle de Louis Hébert, premier apothicaire de la colonie, et de son épouse Marie Rollet.

Avec la collaboration de l’Université Laval et du professeur retraité Alain Asselin, du département de phytologie, on a recréé ce jardin qui comprend 23 plantes que les premières sœurs hospitalières auraient utilisées.

On y cultive des plantes européennes, apportées de France au XVIIe siècle, mais aussi des plantes que les Amérindiens ont fait découvrir aux colons. On y trouve la sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis). La sève de son rhizome est rouge, et d’après la doctrine des signatures, très en vogue à l’époque, elle devait servir au traitement des problèmes sanguins. Il fallait sûrement l’utiliser à très petite dose, car toute la plante est très toxique! On y trouve également le gingembre sauvage (Asarum canadense), qui n’est pas un véritable gingembre, mais dont le rhizome dégage une odeur semblable, le capillaire du Canada (Adiantum pedatum), dont on fabriquait un sirop contre les maladies respiratoires et même le joli lis du Canada (Lilium canadensis), utilisé pour traiter les morsures de serpent à sonnette! 

Mais la plus importante des plantes médicinales du Nouveau Monde allait faire tout un tabac en Europe : le tabac rustique (Nicotiana rustica) était presque considéré comme une panacée à l’époque. C’est ce tabac, autrement plus puissant que celui commercialisé aujourd’hui (N. tabacum), que Jacques Cartier aurait vu les Iroquoïens fumer un siècle auparavant (1535), une utilisation qui l’avait énormément étonné.

Le tabac rustique (Nicotiana rustica) était presque considéré 
comme une panacée au début de la colonie.

Parmi les plantes médicinales européennes, il y a le houblon (Humulus lupulus), qui favorise le sommeil, la rhubarbe (Rheum x hybridum), utilisée comme laxatif et même la guimauve (Althaea officinalis), dont la racine émolliente allait un jour donner son nom à un bonbon populaire! Je gage que vous ne saviez même pas que la guimauve était une plante!

On va de surprise en surprise et de découverte en découverte dans ce petit jardin de simples tout simple.

Une visite 

L’accès du jardin fait partie d’une visite du musée du Monastère des Augustines. Le jardin est ouvert du printemps au début de l’automne aux mêmes heures que le musée : 10h à 17h. On peut visiter librement pour 10,50 $ (adulte) ou suivre une visite commentée (15 $). Les gens qui profitent d’un forfait au Monastère, maintenant un hôtel et un centre de santé et de bien-être, ont accès gratuitement au musée et au jardin.

L’entrée piétonne du Monastère des Augustines est située au 32, rue Charlevoix, à Québec, tout près de l’Hôtel-Dieu. Le Carré de l’apothicairesse : un petit jardin qui rappelle presque 400 ans de soins par les plantes. 

Info: 418 694-1639, info@monastere.ca et monastere.ca.

L’ancolie du Canada (Aquilegia canadensis) servait autrefois à traiter la diarrhée et les maux de ventre.

+

RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Comment récupérer la terre sous l’asphalte

Q Nous avons enlevé l’asphalte dans la cour de notre fils et ce qu’on trouve dessous, c’est de la terre dure comme du ciment et qui semble imperméable à l’eau. La cour est asphaltée depuis les années 1920. Cette terre peut-elle quand même avoir une certaine qualité? Ferait-on mieux de l’enlever et d’ajouter 30 cm de bonne terre?  — Estelle Dumas, Neuville

R La terre sous l’asphalte a été sérieusement compactée et privée d’eau et de bons microbes depuis 100 ans, mais elle est quand même récupérable. Toutefois, il faudrait briser la couche dure près de la surface pour laisser passer l’eau, l’air et, éventuellement, des racines. À cette fin, louez un motoculteur puissant et retournez la terre pour la briser en petits morceaux, ce qui laissera passer l’eau et l’air. Maintenant, recouvrez la couche de sous-sol fraîchement ameubli d’une couche de 20 cm de bonne terre et jardinez dans cette couche supérieure : il n’est pas nécessaire ni recommandé de mélanger la bonne terre en surface avec le sol de moindre qualité sous-jacent. Si jamais vous devez planter des plantes avec une motte de racines de bonne hauteur, comme un arbre, faites tout simplement un trou dans la vieille terre de la profondeur désirée et plantez la motte comme à l’habitude, voilà tout. La vie s’installera rapidement et vous trouverez que les plantes y pousseront aisément. La capacité de la nature de se réinstaller rapidement, même dans les sites plus stériles, est vraiment surprenante.

La terre sous l’asphalte reprendra rapidement vie si vous lui en donnez la chance. — Photo 123rf/Irina Selitskaya

Un herbicide au vinaigre

Q Il paraît qu’on peut tuer les mauvaises herbes dans les fissures des pavés avec du vinaigre. Pouvez-vous me donner la recette?  — Denise Bouchard 

R En fait, tout vinaigre peut servir d’herbicide, mais le vinaigre blanc de cuisine, qui contient 5 % d’acide acétique, n’est pas très efficace. Il réussit souvent à tuer les très jeunes mauvaises herbes, notamment les semis, mais ne brûle qu’un peu les marges des feuilles des plantes plus établies. Le vinaigre horticole, difficile à trouver, contient 20 % ou 25 % d’acide acétique et peut tuer leurs feuilles et tiges les plus coriaces. Aucun vinaigre n’est toutefois très efficace contre les racines, mais à force de répéter les applications chaque fois que les indésirables repoussent de la base, on peut finir par les avoir. Pour rendre l’herbicide plus efficace, ajoutez un peu de savon pur, comme le savon insecticide, à un taux de 5 ml par litre de vinaigre, et ce, pour aider le produit à mieux coller sur le feuillage. Plusieurs sites Web recommandent l’ajout de sel au vinaigre, mais il faut se rappeler que le sel peut stériliser le sol de façon définitive et risque de tuer la pelouse et les arbres des environs. Il n’est pas du tout un produit respectueux de l’environnement. Appliquez le vinaigre horticole en vaporisation par une journée ensoleillée et sèche, sans vent. Idéalement, la température sera supérieure à 21 °C. Il faut couvrir toute la plante. Évitez d’appliquer du vinaigre sur des surfaces qui peuvent être ternies par une forte acidité, notamment celles qui sont métalliques, comme les meubles de jardin et les clôtures. Il faut bien sûr porter des gants imperméables, des vêtements longs et des lunettes de sécurité lors du traitement.

*****

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

Par courrier à: Le jardinier paresseux, Le Soleil, C.P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec), G1K 7J6

+

CALENDRIER HORTICOLE

Accès au fleuve

Le samedi 20 juillet, à 13h, il y aura une visite spéciale au Domaine Joly-De Lotbinière avec la découverte de son accès au fleuve, sa falaise et ses paysages. L’excursion aura lieu en compagnie de Jean-Pierre Ducruc. Activité remise au 21 juillet en cas de pluie.

Info : 418 926-2462 ou www.domainejoly.com. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix

15 plantes grimpantes

La Société éducative Roger-Van den Hende offre une conférence sur 15 plantes grimpantes pour les débutants avec Michel Bédard. Elle aura lieu le dimanche 21 juillet à 10h à la jardinerie Floralies Jouvence, 2020, avenue Jules-Verne, Québec. Coût : 2$ pour les non-membres. Par la suite, il y a possibilité de participer à un repas collectif au nouveau restaurant Les Botanistes à la même jardinerie.

Info : 581 922-1034 ou societeeducativeRVDH@gmail.com

Concert au jardin

Le dimanche 21 juillet à 11h, il y aura au Domaine Joly-de Lotbinière un concert de Jean-François Bélanger, nyckelharpas et vièles à clés suédoises. Musiques traditionnelles avec influences baroques et scandinaves. Tarification spéciale.

Atelier d’agriculture urbaine

Le Jardin floral de La Pocatière tient un atelier sur l’agriculture urbaine avec Maude Rochette. Il aura lieu le dimanche 21 juillet à 14h au 230, route 230, à La Pocatière, Québec. Coût: 12$.

Info : 418 856-1110, poste 1147 ou www.jardinfloraldelapocatiere.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

+

ENTRETIEN HORTICOLE

À faire cette semaine

› Récoltez et faites les feuilles de fines herbes quand vous voyez des boutons floraux, car leur goût est alors à son plus intense. 

› Repoussez les tiges des tomates à l’intérieur de leur cage quand elles commencent à en déborder. 

› Chassez les pucerons sur vos plantes avec un fort jet d’eau.

› Prenez des boutures de vos arbustes préférées. 

› Assurez-vous que vos tomates ne manquent jamais d’eau, sinon elles peuvent fendiller.