L'ancienne porte cochère du condo de Richard Aubé faisait le lien entre l'actuel boulevard Champlain, le long du fleuve, et la rue Champlain, le long de la falaise.

Un condo entre falaise et fleuve

Un producteur de Québec vit dans un condo du Cap-Blanc. Il a transformé en bureau l'ancienne porte cochère de l'immeuble, et aménagé un second condo dans le local qui lui servait de costumier. Incursion dans un secteur bâti entre falaise et fleuve.
Encombrée par un «amoncellement de cochonneries», une ancienne porte cochère attirait les robineux. «Mal utilisée», elle refroidissait le reste de la maison. Son propriétaire a eu l'idée d'y construire un bureau.
Nous voici dans un immeuble de quatre niveaux situé dans l'arrondissement historique du Vieux-Québec. Il a des façades au nord et au sud, sur la rue et sur le boulevard Champlain, dans le quartier du Cap-Blanc.
Richard Aubé
«Je sens la falaise et l'énergie du fleuve», résume Richard Aubé, qui a acheté le condo au-dessus de la porte cochère en 1993, avant d'acquérir toute la bâtisse en 2004. 
Aujourd'hui, son bureau y est somptueusement installé, et un second condo vient d'être aménagé dans un local qui lui servait d'entrepôt, de costumier et de salle de réunion. La métamorphose est spectaculaire.
Comédien de métier, Richard Aubé, 60 ans, a fondé la compagnie de création qui porte son nom en 1995. Son bureau se trouvait alors à même son condo. Quand il est devenu propriétaire de l'immeuble, il a consulté l'architecte Pierre Bouvier. «Il a tripé sur la porte cochère, raconte M. Aubé. Il m'a proposé quelque chose d'hyper moderne.» La Ville de Québec a refusé net, le projet de rénovation ne répondant pas aux normes d'un arrondissement historique.
À l'étage, le plancher de contreplaqué a été peint par Michel Gauthier. Les motifs et les couleurs évoquent «le fleuve qui déborde».
Un plancher divise maintenant la porte cochère en deux. L'effet de hauteur persiste grâce à l'escalier de métal en colimaçon conçu par la firme Tubulaires modernes. En haut, la seconde portion du bureau est bien visible du rez-de-chaussée en raison de la balustrade de verre. Nichées entre des murs de pierre et de brique, ces pièces superposées très étroites profitent de la lumière naturelle qui s'insinue par de magnifiques fenêtres à crémone en bois à l'ancienne. 
La chaleur nous enveloppe. 
La construction a été confiée à l'entrepreneur de Charny Couture et Tanguay.
Classeurs, étagères, pupitres, tables: chaque meuble a été dessiné par le patron, puis fabriqué sur mesure par l'ébéniste de Québec Francis Grondin avec du contreplaqué russe teint couleur charbon. Richard Aubé apprécie la robustesse de ce matériau à travers lequel l'artisan a inséré de subtiles touches d'inox. 
Les détails font la force de ce design. À l'entrée, du côté du boulevard Champlain, les strapontins rouges sont un souvenir du défunt théâtre La Fenière, à L'Ancienne-Lorette, où Richard Aubé avait signé sa première mise en scène. À l'étage, le scénographe Michel Gauthier a peint le plancher de contreplaqué en évoquant «le fleuve qui déborde». Entre le bureau et le condo, une porte de métal sur rail parfaitement assortie au décor lui a été offerte par un ami.
«Je vends du détail», glisse Richard Aubé pour justifier son propre souci du détail. «Mon bureau doit inspirer confiance.»