Un chalet métamorphosé en point d'ancrage

En visitant la maison de Diane Laberge à Cap-aux-Corbeaux, on comprend l'attachement qu'elle lui porte. Depuis 10 ans, ce chalet métamorphosé est son ancrage.
Rédactrice, Diane Laberge se décrit comme une nomade. Elle voyage, ne tient pas en place. Mais revient toujours à cette maison qu'elle a retapée et personnalisée. Partout où les yeux se posent, la propriétaire a une histoire à raconter.
Dans la salle à manger, le luminaire suspendu avec ses fils torsadés s'inspire des sites houzz et Pinterest. Mais il est en fait l'oeuvre de son amie Paule Dionne, artisane de lampes et d'objets. «Elle est venue un après-midi. On a bu du rosé et on a fait notre lampe», se souvient Diane Laberge en éclatant de rire. Sa maison respire la bonne humeur, la sensibilité aux arts, l'attachement à ses amis et à sa famille.
En cours de visite, cette pêcheuse à la mouche montre une canne à pêche ayant appartenu à son grand-père. Des oiseaux déposés au-dessus d'une fenêtre ont été fabriqués par son papa de 87 ans qui vit à Québec. Au salon, les coussins en fourrure ont été confectionnés par sa mère à partir de manteaux de son oncle. Quant à la courtepointe qui recouvre le lit de la chambre d'amis, elle lui vient de sa grand-mère maternelle.
Diane Laberge a encadré des papillons qu'elle a chassés en famille. À l'île d'Anticosti, un guide lui a donné des bois, qu'elle a transformés chez elle en bougeoir. Sa chambre est fleurie avec des boutures de son jardin.
Dans sa salle de bain, des salières contiennent du sable de ses voyages. Un morceau de bois de grève en forme de rame est appuyé près du bain. Près du foyer, elle a incrusté dans le béton une rosace de petites pierres. Et était heureuse que la photographe l'ait remarquée.
Tout est prétexte à s'émouvoir. Elle sort même une balançoire qu'elle accroche à une poutre avant de s'élancer dans la pièce à vivre. Le siège est un tableau de l'artiste Mélissa Deschênes représentant «l'heure bleue», un moment qu'elle aime particulièrement entre 17h et 18h quand la marée est haute et qu'il y a «presque toujours un bateau rouge qui passe».
Dans la salle à manger, une grande photographie de son neveu Christophe Collette, directeur photo en cinéma, s'appuie simplement au mur. Là, un poème de Gaston Miron est reproduit sur du papier Saint-Gilles. La traversée en canot sur la glace prend vit dans une toile de Jimmy Perron.
Présence de l'art
À chaque tournant, l'art est présent. «Il y a plein d'artistes dans la famille», souligne la propriétaire, maman d'une fille qui travaille pour le Cirque du Soleil et d'une autre qui chante dans le duo Alfa Rococo.
Elle-même vit de sa plume et son bureau a de quoi inspirer. Installé dans la mezzanine, sa vue porte sur la végétation et le fleuve. Sur deux longues tables étroites faites sur mesure, Diane Laberge travaille, comme elle dessine, bricole, fait de l'aquarelle...
Un futon lui permet de transformer l'endroit en troisième chambre. «Tout le monde veut dormir en haut!» déclare-t-elle, sans nous surprendre.
Malgré tout ce qui occupe les lieux, rien n'est surchargé, tout semble à sa place. Peut-être l'effet lumineux du blanc omniprésent sur les murs, les poutres, même le plancher.
Quand on lui demande de décrire le style de sa maison, elle hésite à dire «rustique-chic», un terme tellement à la mode. Bien avant l'heure, elle cultivait cette ambiance à la fois coquette et pleine de chaleur. Mettait en vedette le bois de grange.
Avec amour et doigté, elle a rénové ce chalet des années 50, l'a isolé, a imaginé chaque détail, l'a animé de brocantes.
De l'extérieur, son bardeau en cèdre bleu nuit le rend tout discret, perdu qu'il est dans la végétation et à peine perceptible de la rue.
Avant notre départ, Diane Laberge ramasse un morceau de bois trouvé sur la grève, demande s'il irait bien sous sa fenêtre. La longueur est parfaite. Son instinct ne la trahit donc jamais.