D'un mur à peine ouvert à un mur de lumière

Un chalet devenu «paradis» [VIDÉO]

Voici le «paradis» d’Anne Belleau. À plusieurs reprises, elle utilise cette image pour décrire sa maison de Saint-Ferréol-les-Neiges, entourée de verdure, le jappement amusé des chiens Mia et Pixel en bruit de fond.

Elle et son conjoint, Jean Beaulieu, ont hérité de ce chalet familial, du côté de Monsieur. «Papi ne fait malheureusement plus de ski», explique sa belle-fille. Mais il est toujours le bienvenu avec Mamie, dans cette propriété qu’ils ont fait construire en 1973.

Anne et Jean étaient déjà des habitués des lieux. Durant des années, ils ont fait le voyage toutes les fins de semaine depuis Sherbrooke avec leurs deux fils pour venir dévaler les pentes du Mont-Saint-Anne.

Nous avons affaire à des sportifs de haut calibre. L’aîné des garçons, Sébastien, est planchiste pour l’équipe nationale canadienne. Le cadet, Frédérick, est entraîneur pour l’équipe de bosse locale.

Quand Jean a trouvé du travail «par ici», le couple a décidé de s’installer pour de bon. Il a eu envie d’agrandir le chalet, mais la structure existante compliquait les choses et le budget devenait exorbitant.

Le chalet avant les rénos... devenu une résidence avec une généreuse fenestration.

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La première phase du projet a donc été de construire à neuf, sur le terrain voisin, un garage surmonté d’un loft pour les garçons. Le rez-de-chaussée compte un espace de stationnement, une salle d’entraînement, une salle de bain et un atelier.

Le garage-loft, construit à neuf sur le terrain voisin du chalet d’origine, a été finaliste aux prix Nobilis 2017. La municipalité de Saint-Ferréol-les-Neiges ne permet toutefois plus ce genre de construction.

À l’étage, Simard Cuisine et Salle de bains, avec la designer Marie Hogue ont conçu et aménagé une cuisine actuelle et ergonomique en mélamine et stratifié. S’ajoutent une salle à manger, un séjour, une mezzanine au-dessus de la salle de bain-buanderie et deux chambres tout aussi fonctionnelles.

La cuisine du garage-loft, à l’étage

Une petite terrasse et une douche extérieure complètent le quartier des athlètes, on ne peut plus confortable.

Anne et Jean ont confié tous les plans à Hélène Cloutier, de HC Concept, et l’ensemble des travaux à Rénovations A. LeBlanc, un entrepreneur local. Le propriétaire, Alex LeBlanc, a déjà été co-chambreur avec leur fils en compétition.

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Il s’est ensuite attaqué au chalet d’origine, une «bonne vieille maison» en poutre sur poutre bien construite.

L’inspiration? «Plein de choses. Ça fait des années qu’on vient ici», lance Anne Belleau, qui savait ce qu’elle voulait. À commencer par dégager les belles poutres en bois. Alex LeBlanc montre les «silences» de part et d’autre, un creux entre la poutre et le panneau de gypse, qui permet de la mettre en valeur.

Dégager la structure en bois était l’une des priorités du couple.

Anne voulait aussi un mur de fenêtres, du côté de la montagne. «C’était clair dans ma tête», dit la propriétaire qui a fait reprendre les plans pour en ajouter. Le côté opposé a aussi beaucoup plus d’ouvertures, qui donnent sur les grands arbres matures et servent de tableaux.

Même la porte d’entrée, beaucoup plus haute et large que les standards, est toute vitrée. Elle explique que son conjoint, Jean Beaulieu, travaille chez Vitrerie Laberge.

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La chambre principale et sa vue
L’aménagement de la salle de bain principale compose avec les angles du toit. De sa baignoire, la propriétaire peut admirer les étoiles par le puit de lumière.

De la chambre, sur la mezzanine, la vue est époustouflante. On y voit la montagne éclairée en hiver, glisse Anne. Un contraste avec les anciennes chambres, plus cloisonnées et plus sombres.

La designer Marie Hogue, qu’elle connaissait depuis Sherbrooke, l’a aidée à tout aménager.

Dans la grande cuisine, relocalisée, Anne ne voulait pas de blanc. C’était déjà bien assez lumineux. Aux armoires gris foncé fabriquées par Simard, une entreprise de la Côte-de-Beaupré, se marie un îlot recouvert de bois de l’Atelier ClearWood, «un ami de Sherbrooke» et des tabourets d’Ezekiel Meubles & Accessoires, de Saint-Ferréol.

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Un coin de la cuisine

«On essaie d’encourager les artisans du coin», souligne Anne, qui a rassemblé tout le monde pour un souper à la fin des travaux ce printemps, après trois ans de chantier.

La maisonnée est chaleureuse et accueillante. Pas de difficulté à croire que le couple aime recevoir.

Une thérapie

Au début de la construction du garage-loft, Anne Belleau a reçu un diagnostic de cancer du sein. L’expérience et la beauté de l’endroit l’ont aidée à traverser l’épreuve. «Ç’a été une thérapie!» dit-elle. Comme cette fois où elle a démoli l’ancien vestibule sur du rock des années 70, en plein traitement de chimio.

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Le vestiaire des sportifs, à l’époque
Le vestiaire d’aujourd’hui a conservé le panache-séchoir surnommé Charlie.

La nouvelle entrée qui accueille les skieurs et autres sportifs au sous-sol est bien organisée, avec ses casiers, son banc et ses dispositifs de rangement pour les divers équipements. Vestige d’une autre époque, le panache de Charlie est toujours accroché au mur, fidèle à sa fonction. «Il a toujours servi à faire sécher les choses.»

Anne et Jean ont eu ce souci de préserver des souvenirs, des œuvres, des luminaires de l’ancien chalet. Ils ont parfois été simplement déplacés et mis dans un autre contexte. La magie opère.

«C’était toute une aventure! On arrivait d’une maison pleine à un chalet plein», raconte Anne. «Là, je prends un break

Un conseil pour ceux qui envisagent de transformer un chalet en résidence principale? Bien planifier, bien choisir les entrepreneurs et les artisans, prévoir des imprévus dans le budget et le calendrier, et rester philosophe: «La poussière, c’est un mal nécessaire!»

Vue en plongée de la grande aire de vie, depuis la mezzanine
Le coin foyer avant les travaux