De gauche à droite : cierge pascal, tabernacle et porte-flambeaux réalisés par le réputé sculpteur Jean-Julien Bourgault.

Trésors de Saint-Charles-Garnier: une église à découvrir par ses objets

Reproductions de vitraux, sculptures, objets et habits de cérémonies, photographies, dessins inédits... la richesse du patrimoine religieux de l'église Saint-Charles-Garnier, à Sillery, est présentée au public à la Villa Bagatelle jusqu'au 18 mai. Les oeuvres sélectionnées pour cette exposition témoignent d'un mélange de tradition et de modernisme dans les arts sacrés avant les années 60, soit avant la réforme de Vatican II.
L'église Saint-Charles-Garnier, de style néogothique anglais, a été construite entre 1945 et 1947 selon les plans de l'architecte Charles A. Jean, un résident de Sillery. La paroisse du même nom avait été créée tout juste auparavant, en 1944, et le chanoine Alphonse Morel en est le curé fondateur. L'église et la paroisse portent le nom d'un missionnaire jésuite en Nouvelle-France figurant parmi les Saints Martyrs canadiens.
C'est à l'église Saint-Charles-Garnier que se trouve «l'oeuvre la plus intégrale» du sculpteur de réputation internationale Jean-Julien Bourgault, indique la commissaire de l'exposition, Claude Corriveau. Cet artiste de Saint-Jean-Port-Joli a notamment réalisé au début des années 50 le tabernacle en acajou qui est toujours utilisé aujourd'hui lors des cérémonies religieuses. Il a été remplacé temporairement à l'église pour permettre son exposition à la Villa Bagatelle.
Ce tabernacle - qui abrite le ciboire contenant les hosties - repose sur un tombeau d'autel illustrant la mort de saint Charles Garnier, dont on peut voir une photo dans l'exposition.
On trouve également, à l'étage de la Villa Bagatelle, nombre de reproductions sur larges toiles de vitraux réalisés au milieu des années 50. Ces vitraux, conçus en majorité par la maison E. Rault de Rennes, en France, comprennent l'illustration du couronnement de la vierge, où - pour l'anecdote - saint Dominique arbore les traits du chanoine Alphonse Morel.
<p>La commissaire Claude Corriveau a élaboré l'exposition après avoir travaillé sur un livre paru en 2012 portant sur le patrimoine religieux de l'église Saint-Charles-Garnier. On aperçoit sur la photo un chasuble doré (à l'avant-plan), une chape dorée (longue cape), la reproduction de vitraux ainsi qu'un ostensoir (à droite). </p>
L'École des beaux-arts dans le portrait
Deux vitraux situés dans le baptistère sont toutefois l'oeuvre d'un Québécois, Marius Plamondon, l'un des premiers maîtres verriers d'origine québécoise, qui enseignait à l'École des beaux-arts de Québec.
C'est d'ailleurs le directeur de l'École des beaux-arts, Jean-Baptiste Soucy, qui a conçu le décor de l'église, dont les transepts qui se trouvent de part et d'autre de l'édifice.
Ces espaces contiennent une série d'émaux sur cuivre de Jean-Jacques Spénard - aussi résident de Sillery comme MM. Soucy et Plamondon - qui illustrent de façon naïve et dépouillée les vies de sainte Anne et de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.
On trouve également dans les transepts une dizaine de mosaïques de l'artiste italien Walter Del Mistro, venu au Québec pour travailler à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré avant de s'établir dans la province et de réaliser des oeuvres pour d'autres lieux de culte. Le mosaïste travaillait beaucoup avec des feuilles d'or placées sur du verre, souligne la commissaire Corriveau.
L'exposition présente aussi une série d'objets de culte, dont deux ostensoirs - où repose le saint sacrement - un ciboire et un calice, de même que des chapes - de longues capes de cérémonie portées par un prêtre ou un évêque lors de bénédictions solennelles, entre autres.
Vous voulez y aller?
Quoi : Trésors de Saint-Charles-Garnier
Où : Villa Bagatelle, 1563, chemin Saint-Louis
Quand : du 5 mars au 18 mai, du mercredi au dimanche, de 13h à 17h
Combien : entrée libre
Des visites guidées de l'exposition puis de l'église Saint-Charles-Garnier auront lieu les 23 et 30 mars, ainsi que les 6 et 13 avril, de 13h30 à 16h