L’architecte Pierre Thibault et la monographie qu’il propose à son nouveau bureau de la rue Saint-Jean.

Travail de mémoire par l’Atelier Pierre Thibault

L’Atelier Pierre Thibault lance ces jours-ci une monographie rétrospective de son travail en architecture depuis 1990. Avec presque 800 pages et la sélection d’une dizaine de projets par décennie, elle se découpe en trois volumes.

«Mon équipe est jeune et voulait voir ce que j’avais fait», explique le fondateur et architecte de renom Pierre Thibault, qui a fait l’exercice comme un travail de mémoire. «On va en distribuer dans les écoles d’architecture.»

Chaque volume se découvre comme un coffret, sous une couverture en toile chinée. Au fil des pages, on retrouve le trait de crayons et d’aquarelle de Pierre Thibault, quelques notes manuscrites, des photos, des plans, des maquettes, le tout présenté comme un album épuré, avec de courts textes écrits en français et en anglais. 

La monographie comprend photos, plans, maquettes, quelques notes manuscrites. Ici, le centre d’interprétation du Bourg de Pabos, en Gaspésie.

Dans les trois ouvrages, qui correspondent aux trois bureaux occupés par l’Atelier entre 1990 et 2015, Pierre Thibault se dévoile en conclusion. La première décennie marque le bureau de la rue Saint-Pierre, «l’époque des tables à dessin», le projet du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul sur lequel la petite équipe a planché durant deux ans. Thibault salue au passage André Limoges, qui lui a «fait comprendre l’acte de construire», au-delà de la théorie.

Dans le second volume, il raconte son nouveau bureau sur le boulevard Laurier, dans une maison d'après-guerre construite en béton et où sa fille venait manger le midi. Peut-être est-ce ce qui l'a poussée à devenir architecte à son tour. Au tournant des années 2000, l’Atelier a appris à travailler avec des ordinateurs, abandonnant les maquettes, avant de les retrouver pour leur côté rassembleur. 

Parmi les résidences privées et la réserve muséale, figure l’abbaye de Saint-Jean-de-Matha. «Le projet le plus marquant pour moi et aussi le plus apaisant», écrit Pierre Thibault, qui a beaucoup appris des moines.


« Nous ne sommes pas les mêmes suivant le lieu, l'espace où l'on se trouve. L'environnement change la vie »
Pierre Thibault, dans le volume 2

Le dernier tome est celui de l’Atelier sur la rue Saint-Joseph, avec une équipe agrandie, beaucoup de commandes de projets résidentiels et de nombreux déplacements aux quatre coins de la province.

Cette monographie, imprimée en 100 exemplaires numérotés et dédicacés, est vendue au coût de 300 $ à l’Atelier, situé depuis janvier au 373, rue Saint-Jean, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

Nouveau chapitre

Pour créer un bureau lumineux sur la rue Saint-Jean, l’Atelier a joué avec la hauteur des planchers. Un palier surélevé s’ouvre sur un demi-sous-sol... qui n’a plus l’air d’en être un.

En début d’année, Pierre Thibault a commencé un nouveau chapitre en déménageant sa douzaine d’employés dans l’ancien local de la boulangerie au Paingruël. L’espace qu'il occupait sur la rue Saint-Joseph sert désormais au projet de Lab-École, qu’il porte avec Pierre Lavoie et Ricardo Larrivée pour concevoir l’école de demain. 

Le bureau de la rue Saint-Jean, le quatrième de l’Atelier, a pignon sur rue. «Les gens s’arrêtent pour voir les maquettes dans la vitrine», se réjouit l’architecte, qui y a déposé sa monographie. 

Aux étages supérieurs, les logements ont été refaits pour accueillir dès l’automne des invités en résidence, des architectes, des artistes, des stagiaires. Sur le terrain qui monte à l’arrière jusqu’à la rue Lockwell, Pierre Thibault compte construire un édifice de six ou sept condos. Il est en attente du permis.

Autrement, lui et son équipe ont reçu le mandat de concevoir la place de commémoration à Lac-Mégantic, qui a connu la tragédie ferroviaire en 2013. En attendant le projet final, les architectes proposeront cet été une installation éphémère, avec la participation citoyenne. Une démarche qui fait partie de la philosophie de l’entreprise. 

Tout en continuant de concevoir des maisons, l’Atelier voit aussi plus grand depuis trois ans. Il poursuit le développement d’un quartier autour du Silo # 5 à Montréal. Et travaille les maquettes d’un projet urbain de 500 à 600 portes sur le site de l’ancienne fonderie Fortissimo, à Drummondville. Un secteur d’où «on peut tout faire à pied», souligne l’architecte. 

À découvrir dans un éventuel volume 4.