Dans la salle de bain principale, la fenê-tre a été agrandie pour ouvrir la vue sur la cour arrière. Le classique mobilier en bois et le bain podium ont été remplacés par des équipements européens dernier cri. La robinetterie est notamment signée Urquiola, du nom de la célèbre designer espagnole.

Transformations radicales

Il y a des rénovations plus radicales que d'autres. Sandrine et Stéphane ont voulu donner un grand coup en transformant les trois salles de bain de leur résidence de Boucherville. Du mobilier en bois foncé avec bain podium et douches traditionnelles, ils sont passés à... tout autre chose.
Le résultat épuré, contemporain et spectaculaire est une conception de Bisson associés, une firme d'architecture de Québec. Le couple connaît le propriétaire de la boîte, Jonathan Bisson. Le projet a été confié à sa collègue Julie Dubé, qui a tout piloté à distance, depuis Québec.
«Je ne suis jamais allée sur place. Ça démontre que ça se peut de plus en plus. Avec des photos et un relevé de mesures, on est parti!» explique l'architecte en mentionnant que Bisson travaille partout dans la province.
«Je lui ai vraiment donné carte blanche. Je ne voulais pas être trop directif. Je lui faisais confiance et ç'a très bien été», dit Stéphane au bout du fil.
L'architecte a joué avec les transitions noir et blanc dans la petite salle de bain du fils, Lambert B. Une céramique immense côtoie des petits carreaux minuscules, tout en relief. Le meuble sous le comptoir est un podium de rangement.
Implication
Lui et sa conjointe voulaient reproduire dans leurs salles de bain l'ambiance des hôtels haut de gamme. La crème, sans restriction budgétaire. «On a sauvé sur les travaux parce que je me suis beaucoup impliqué», mentionne Stéphane qui s'est chargé de toute la préparation, de la plomberie, de l'électricité, de la menuiserie, de l'installation. Un passe-temps auquel il s'adonne avec passion et une extrême minutie, souligne Julie Dubé.
Stéphane a toutefois laissé la pose de la céramique à un expert. Pas n'importe quelle céramique, de la porcelaine pleine pâte aux dimensions et aux textures variées. «On a été conseillé par Soligo et notre oeil avisé sur les sites Web pour mettre la main sur les plus récentes collections de designers européens.»
Dans la salle de bain principale, Julie Dubé a choisi un modèle de cinq pieds par cinq, «un format gigantesque très difficile à installer dans une maison déjà existante».
Le couple voulait que murs et plancher soient complètement recouverts de céramique. «Dans cette pièce, les meubles en bois étaient gonflés en surface et les murs étaient brillants quand on prenait une douche. On avait de la misère avec l'aération. On a réglé ce problème», se réjouit Stéphane.
Julie Dubé louange le savoir-faire de l'entrepreneur qui gérait le gros des travaux et du poseur de céramique. «Il n'y a pas de plinthe de bas de mur. La complexité de la pose, sans craque ni jour, est inouïe. Au final, la ligne est parfaite.»
Autre défi d'installation dans la salle de bain du fils du couple, Lambert B., la céramique murale a une dimension minuscule et beaucoup de relief.
Une douche deux fois plus grande et une retombée de plafond courbée font la touche de cette immense salle de bain d'invités, au sous-sol. Les panneaux au fond donnent accès à l'espace sous l'escalier.
Optimiser
Julie Dubé a conçu ses plans pour qu'il n'y ait aucune intervention en plomberie ou très peu à l'intérieur des murs. «Nous, on travaille toujours dans l'optimisation de ce qui est présent. C'est ce qu'on s'est donné comme contrainte au départ pour pouvoir rationaliser le budget, parce qu'on avait beaucoup de produits européens très dispendieux. Changer de look totalement, tout en gardant les installations et les appareils aux mêmes endroits, ce n'était pas évident.»
La salle de bain du sous-sol est l'exception à la règle. Cette pièce immense avait des équipements sous-dimensionnés, avec son petit meuble-lavabo et sa douche en coin, indique l'architecte. Pour créer une composition plus équilibrée, elle a décalé la douche et changé l'emplacement de l'évier.
«La douche est plus grande, rectangulaire, avec un hall d'entrée de la même dimension qui vient meubler l'espace.» On accède à ce hall, où l'on peut suspendre sa serviette sur un crochet, par une petite marche. 
Le défi dans cette salle de bain était un placard qui cachait le dessous de l'escalier. Il a été intégré dans une retombée de plafond courbe et deux nouveaux panneaux donnent accès à l'espace sous l'escalier. On n'y voit que du feu. 
Cette pièce sans fenêtre, très lumineuse, n'a rien d'une salle de bain de fond de sous-sol, soulève fièrement Julie Dubé. «Ça va avec mon TOC sur les sous-sols québécois, étage mal-aimé de nos maisons. Il y a un moyen de ne pas se sentir enfermé.»
Lambert B. et ses parents apprécient leurs nouveaux espaces fonctionnels, leurs toilettes italiennes, aériennes. «Ça fait toute la différence», lance Stéphane en précisant que l'équipe de Bisson poursuivra sa mission dans la maison.
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En rafale
L'inspiration : Sandrine et Stéphane voulaient recréer dans leurs trois salles de bain l'ambiance des hôtels haut de gamme.
Le défi : Optimiser ce qui est en place, travailler avec la tuyauterie présente sans tout déplacer, indique Julie Dubé.
Le budget : 55 700 $ pour la salle de bain principale, 23 500 $ pour celle en noir et blanc et 28 500 $ pour celle avec la retombée de plafond arrondie. Ces coûts comprennent les matériaux, la pose de la céramique et le travail de l'architecte. Le temps consacré par Stéphane pour la plomberie, la menuiserie, et l'électricité n'est pas compté. 
Le bilan : «Nous n'en sommes pas à notre premier ni à notre dernier projet de rénovation. Je ne regrette pas d'avoir entrepris les travaux moi-même, car j'ai eu beaucoup de temps à investir et que je n'ai pas commis trop d'erreurs, je suis fier de moi. Par contre, j'ai été surpris par l'ampleur des travaux pour de si petites pièces : poussière, bruit, petit dégât d'eau... J'ai une conjointe bien patiente et très compréhensive», conclut Stéphane.