Suzanne Jobidon, la «photographe errante»

Suzanne Jobidon, la «photographe errante», présente sa première exposition solo à l'Espace galerie Sherpa, à Québec. Elle a vaincu «l'Everest» en sélectionnant une centaine de photos parmi les milliers qu'elle accumule depuis une quinzaine d'années.
L'Espace galerie Sherpa est un sympathique café du quartier Saint-Roch où convergent des gens de tous horizons. L'art social, celui qui guérit, provoque et rassemble, y est à l'honneur. Et Suzanne Jobidon s'est glissée dans cet univers de façon à la fois audacieuse et ludique.
Audacieuse, parce que ses photos témoignent, comme des éditoriaux, de la fragilité du patrimoine de Québec et de notre impuissance à le préserver.
Ludique, parce qu'elles sont présentées dans des installations inusitées, dans des roues de vélo, sous un parapluie, dans des cadres dépareillés, sur une planche de bois flotté...
Pas question pour elle d'accorder une entrevue sans Alain Côté, «accompagnateur artistique» chez Sherpa depuis trois mois. Sa présence a été fondamentale dans l'expérience qu'a vécue Solange de préparer cette exposition de A à Z. Aucune photo n'a été retouchée.
«Je l'ai stimulée, mais je voulais aussi qu'elle soit autonome», relate-t-il. Ainsi, c'est Suzanne qui a trouvé le vieux vélo et le pneu dans lequel sont déposées les photocopies des clichés qu'elle offre aux visiteurs.
Dans l'espace vitré qui donne sur le boulevard Charest sont accrochées des photos qu'elle a transférées sur des toiles. Elle invite les gens à écrire ce qu'ils ressentent directement sur la toile. 
En ce qui la concerne, son propos est clair. Suzanne Jobidon dénonce les gouvernements et les institutions qui détruisent le patrimoine et la culture au profit d'idéaux économiques. Le Centre Durocher, l'église Saint-Jean-Baptiste, le presbytère de l'église Saint-Dominique : leur disparition la révolte. Et elle compte bien en informer le maire, Régis Labeaume, en lui remettant les commentaires des visiteurs.
Tôt le matin
Armée de sa caméra, la jeune quinquagénaire sort tôt le matin, un moment de la journée où elle ne se sent pas menacée. Elle croque la ville, ses immeubles, sa nature, ses arbres et ses fleurs. Comme elle a déjà habité près du parc Cartier-Brébeuf, elle a aussi photographié la rivière Saint-Charles et sa faune ailée.
Intitulée Que font-ils de nous?, son exposition est présentée jusqu'au 23 février à l'Espace galerie Sherpa, au 130, boulevard Charest Est, à Québec. Information : infopech.org