Salon de l’habitation Chaudière-Appalaches: Des questions, des capsules et un regard sur 2020

Le Centre de congrès et d’expositions de Lévis accueillera le cinquième Salon de l’Habitation Chaudière-Appalaches, du 17 au 19 janvier. Comme l’an dernier, l’animatrice et entrepreneure Stéphanie Lévesque se promènera, micro à la main, parmi la centaine d’exposants. Préparez vos questions, car elle veut entendre les interrogations et les préoccupations du public. Il en découlera une nouvelle série de capsules d’information destinées au Web. À une semaine de l’événement, Le Mag prépare avec elle le terrain.
Stéphanie Lévesque, l’animatrice du Salon, est entrepreneure générale, ébéniste et chroniqueuse spécialisée en rénovation.

Q  À quoi s’attendre de cette série de capsules, quand et où seront-elles diffusées?

R  Notre but est de questionner le consommateur, le visiteur, ça m’intéresse de savoir ce qu’il cherche, comme moi je baigne là-dedans. À partir des questions reçues, on va orienter nos réponses, on veut impliquer les exposants, je ne prétendrai pas tout connaître, parce que c’est impossible. 

Certaines capsules seront diffusées en Facebook Live, d’autres seront tournées et déposées sur le fil Facebook du Salon. L’idée est d’informer monsieur et madame Tout-le-Monde, les gens qui viennent au Salon, et ceux qui n’y seront pas.

Q  Y a-t-il une question des visiteurs qui revient souvent, année après année?

R  Les gens aiment beaucoup savoir ce qui s’en vient, quelles seront les matières à privilégier dans la cuisine et la salle de bain. Moi, je vais apporter un volet technologique, matériaux innovants, je vais aller m’informer auprès des exposants sur tout ce qui touche les membranes d’étanchéité, les nouvelles céramiques, les nouvelles technologies dans la plomberie.

Q  L’emploi et l’économie vont bien, ce qui donne de la latitude pour investir en rénovation. Avez-vous des trucs pour investir judicieusement?

R  Il faut que la maison soit en santé. C’est pas cool de gonfler la cuisine si on est en train de perdre la toiture. Si ça finit par couler à l’intérieur, on se retrouve avec de plus gros problèmes.

L’idée est de faire une autopsie de la maison. Des petits entretiens, des fois, c’est ce qui sauve des gros travaux. Ou sinon, en repérant rapidement les problèmes, on peut faire un budget éventuellement pour avoir une maison saine. Si on ferme les yeux et qu’on tourne les coins ronds sur les fondations, l’isolation, la ventilation, tout ce qui touche l’intégrité du bâtiment, on finira par perdre notre investissement dans la maison. On est mieux de faire une évaluation concrète.

Souvent, les jeunes propriétaires veulent acheter une propriété, engage un inspecteur en bâtiment, mais après, ils ne savent pas par où commencer. Il faut y aller par priorités. Si les fondations sont à revoir, ça peut freiner un acheteur. Mais à partir du moment où on est propriétaire et qu’on nous diagnostique un problème de fondations, mieux vaut l’attaquer maintenant que de décider de refaire la cuisine ou du maquillage.

Le budget va vers les priorités d’abord et ensuite, vers nos besoins.

Je vois le marché de l’immobilier se transformer au Québec, on paye des sous, des 350 000 $, 400 000 $, tout près d’un demi-million pour des maisons. Si elles sont mal entretenues, cet investissement-là, amorti sur 25 ans, devient à risque.

Q  Quelles sont les tendances vertes en construction à surveiller en 2020?

R  Il y en aura de plus en plus. Toutes les normes Novoclimat ont changé l’an dernier, on va s’y conformer. Hydro-Québec veut lancer une nouvelle application appelée Hilo pour faire des économies de nos ressources, éduquer le consommateur sur son impact. 

[Hilo est une nouvelle filiale d’Hydro‑Québec qui développe des produits et services pour la maison intelligente, visant à aider les clients à optimiser leur consommation d’énergie].

Côté technologie et équipement électronique, tout est raccordé à la domotique, justement dans le but de consommer moins.

Les matériaux innovants vont aussi dans ce sens-là, l’économie d’énergie. L’isolation est améliorée par des produits plus performants, mais plus naturels. La ventilation subit le même sort avec des échangeurs d’air et des thermopompes bonifiées. Les fenêtres sont plus résistantes aux infiltrations, les revêtements extérieurs plus performants.

Le retour au bois sera toujours là, c’est une matière renouvelable et il est performant s’il est bien traité et bien installé.

Q  Côté cour, vous donnez souvent des trucs pour des projets urbains. À quoi s’attendre en 2020 au jardin?

R  De ce que je vois et de ce que j’entends, il y aura beaucoup de projets suspendus, pour n’avoir rien dans les pattes et libérer la surface de plancher. Tout est en hauteur, les jardins seront plus hauts pour éviter de se pencher, donc plus ergonomiques. Comme on veut manger plus sainement, les murs végétaux seront composés de fines herbes, de fleurs comestibles, on fera de la culture prête-à-manger.

Q  Vous faites de la vulgarisation dans le milieu de la rénovation et de la construction depuis des années. Est-ce que vous sentez les gens mieux informés, plus intéressés aux travaux manuels?

R  Les gens commencent à vouloir en savoir plus. Ils ont envie de mieux comprendre, sans faire les travaux eux-mêmes. Quand on ne s’y connaît pas, ça devient difficile de déposer toute sa confiance dans l’entrepreneur. Tandis qu’en étant mieux informé et en sachant où on s’en va, c’est beaucoup plus facile de prendre des décisions plus solides et qui vont nous ressembler. Car on le sait, dans un projet de rénovation, tout peut basculer!

Les gens prennent aussi conscience de leur investissement immobilier, de l’importance de s’occuper de leurs maisons.

La construction neuve est encore là, mais il faut aussi entretenir les bâtiments existants, ce qui est déjà en place. Même en appartement, les gens ont tendance à tout remettre sur le dos du propriétaire. Ça dépend bien sûr du propriétaire. Mais ça demande un minimum d’entretien.

Q  Le Salon a lieu en janvier. Est-ce un moment propice à la préparation d’un projet de rénovation et pouvez-vous donner une idée des délais pour tout le processus: soumissions, plans, travaux?

R  C’est là que ça se passe! Si l’idée est d’entreprendre de gros travaux, si on veut un entrepreneur fiable, c’est le moment. Avec la pénurie de main-d’œuvre dans notre industrie, c’est une raison de plus pour bien planifier. Les bons entrepreneurs sont occupés et prévoient les travaux d’avance. Si un entrepreneur est prêt à arriver chez vous demain matin pour ouvrir le chantier, attention, ça doit sonner une cloche. Oui, il peut se déplacer rapidement pour une soumission, mais dans le contexte, il ne devrait pas pouvoir commencer les travaux immédiatement.

Pour faire tout le processus jusqu’aux travaux— et on ne parle pas ici de demander un plombier en urgence —, il faut normalement prévoir entre un et trois mois.

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Vous voulez y aller?

Le Salon de l’habitation Chaudière-Appalaches se tient au Centre de congrès et d’expositions de Lévis le vendredi 17 janvier, de 12h à 21h, le samedi 18 janvier, de 10h à 18h et le dimanche 19 janvier, de 10h à 17h. Entrée: 10 $, gratuit pour les enfants de moins de 11 ans et les visiteurs recevront à la sortie un bracelet valide pour les trois jours. Stationnement extérieur gratuit. Info: sh-ca.ca