Le terrain est recouvert d'un jeu de dalles claires, alors que des petits galets de rivière laissent percoler l’eau à plusieurs endroits.

Saint-Sauveur: côté cour

Une semaine. Voilà le temps requis pour aménager cette cour urbaine dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec. L’ancien plan d’asphalte a laissé place à cet espace vert, convivial, esthétique, transformable en stationnement l’hiver.

Le projet signé Regard Vert a été réalisé en 2017 pour un couple de jeunes professionnels. Ils aiment recevoir et avaient envie de profiter d’un coin-terrasse, explique Simon St-Pierre, concepteur et président de l’entreprise d’aménagement paysager.

Le tableau d’ensemble est très harmonieux. «La cliente est designer graphique. Elle avait un souci du détail, de l’esthétisme et du design très présent.»

En plein cœur du quartier Saint-Sauveur, cette oasis bien nette remplace un ancien plan asphalté.

Tout a été calculé pour optimiser la cour de 33 pieds par 25. Le stationnement existant en asphalte a été arraché. L’équipe de Regard Vert a conservé l’infrastructure et l’a recouverte de pavé. Les dalles plus claires réduisent l’îlot de chaleur et pourront être réutilisées, deux avantages écologiques, souligne Simon St-Pierre. Des petits galets de rivière laissent quant à eux percoler l’eau à plusieurs endroits.

Au pied du balcon et de l’escalier, on atteint une zone repas. Les soirs de réception, elle peut s’étendre et empiéter sur la zone de stationnement, qui accueille une moto en été et la voiture en hiver. Il suffit de disposer une table et des chaises supplémentaires.

Cette double porte dans la clôture permet de garer la voiture en hiver. L’été, l’espace dallé devient une extension lors des soirées de réception.

«On a ajouté beaucoup de plantes», souligne le concepteur. De la vigne verdit le mur extérieur du garage voisin, peint en blanc. Les propriétaires y ont installé une douche et une guirlande de lumière pour un résultat digne d’Instagram.

La cour est aussi bordée d’une haie de cèdres, compte un pommetier Malus ‘Rinki’, un couvre-sol qui s’apparente à du lierre et deux hostas. Des calamagrostis, une variété de graminées servent enfin d’écran visuel pour camoufler un peu le stationnement. 

Vue en plongée de cette cour urbaine de 33 pieds par 25. De la vigne verdit le mur extérieur du garage voisin, peint en blanc.

Les propriétaires se sont chargés eux-mêmes de l’installation du balcon et de la clôture en bois traité. Simon St-Pierre évalue l’ensemble des travaux à environ 15 000 $.

*

Les défis d’aménager une cour urbaine

Avec le retour en ville des gens et les projets de flips (achat et transformation de maisons désuètes), la demande d’aménager des cours urbaines a augmenté, constate Simon St-Pierre, de Regard Vert.

Il sent une effervescence dans les quartiers Saint-Sauveur et Limoilou, à Québec, où les propriétaires désirent avoir un stationnement et un coin de gazon pour les enfants.

Le défi de ces projets est de maximiser un petit espace, de trouver des trucs pour exploiter chaque pied carré, poursuit le concepteur paysager. 

Dans une cour de ville, il ne faut pas oublier d’intégrer de la végétation. Un bassin peut aussi aider à dissimuler le bruit ambiant.

Un piège à éviter? Ne mettre que du pavé et oublier d’intégrer de la végétation. Le choix de plantes devient important. Les graminées, plutôt étroites, conviennent bien à une cour urbaine, car elles ne prennent pas trop de place, illustre le spécialiste.

L’avantage pour les usagers, ce coin de verdure extérieur devient «carrément une pièce de plus à la maison en été».

«Ce qui est le fun avec ce type de projets plus restreints, c’est qu’on peut aussi s’amuser avec le design et les matériaux. Par exemple en allant chercher des produits un peu plus haut de gamme, parce que la différence de prix ne sera pas tellement plus grande.»

Pour obtenir un résultat wow, il est primordial, selon lui, de faire une analyse des besoins et d’investir dans un plan d’aménagement paysager.

Les végétaux enjolivent et rafraichissent une cour en milieu urbain.

Écoresponsabilité

À une époque où l’écologie est un enjeu de société, Regard Vert suit le courant en faisant une gestion responsable des matériaux, des rebuts et des sols. «La terre arable, on essaie de l’apporter à un endroit où elle sera réutilisée et non perdue», mentionne Simon St-Pierre.

Son équipe prend aussi le temps de mettre au recyclage les matériaux d’emballage.

Depuis cinq ans, Regard Vert fait partie d’une coopérative d’achat, Groupex, qui a une technicienne en développement durable. L’objectif concerté : diminuer l’impact des paysagistes. Les pots de plantes sont notamment redonnés aux distributeurs, pour permettre leur réutilisation. Ainsi tourne la roue.  

Info: regardvert.qc.ca