Cette maison date des années 1880. Elle est construite dans «les fonds de Saint-Antoine-de-Tilly», sur une rue peu achalandée qui se termine en cul-de-sac. L'extérieur a été métamorphosé, lui aussi.

Saint-Antoine-de-Tilly: projet d'une vie

Pour sa fête, Éric St-Hilaire s'est offert un reportage dans le journal. Il a travaillé tellement fort pour retaper sa maison, qu'il en a «perdu 40 livres». Il s'est dit : tant pis si tout n'est pas terminé, moi, je suis prêt à ouvrir ma porte.
<p>Fixée au centre de la poutre qui traverse la pièce, la barre de métal allège l'espace.</p>
<p>La chambre principale se trouve à l'arrière de l'annexe de la maison, au rez-de-chaussée. Les poutres d'Art Massif lui donnent son cachet. La chaleur émane du plancher radiant.</p>
Karina, sa femme, avait quelques réticences, elle aurait préféré que le foyer soit installé et que la grande terrasse soit aménagée. Mais la fierté de son homme a vite eu raison de ses hésitations.
Cette «fille de la ville» vit aujourd'hui à la campagne, rue des Jardins, «dans les fonds de Saint-Antoine-de-Tilly».
«Il m'a fallu de bons arguments», raconte Éric. La beauté du site (le «spot», dit-il), la tranquillité du secteur, la majesté du paysage et la proximité de la nature ont agi comme des aimants. La maison plus que centenaire qui s'y trouvait avait besoin de rénovations, mais pour ce couple de quarantenaires, ce serait le «projet d'une vie».
Ç'a été dur.
Éric, un consultant en fabrication métallique, a ajouté une annexe sur deux niveaux, à l'arrière, qui a nécessité une excavation. En haut, il a aménagé la cuisine et le salon en un vaste espace à aire ouverte, dont le mur nord est entièrement fenestré. Le paysage rural y dessine un tableau évolutif qui voit passer les oies, rougir les feuilles et couler le fleuve. Une salle familiale occupe le bas de l'annexe.
Loïk, neuf ans, et Frank, cinq ans, jouissent d'un terrain de jeu immense où tous les enfants du coin se donnent rendez-vous. La longue allée asphaltée qui va vers le Saint-Laurent leur sert de piste de skateboard. L'hiver, tout le monde enfile raquettes ou skis de fond en sortant de la maison. La qualité de vie est imbattable.
La famille s'est installée là en juin 2012. Un an plus tard, Éric entreprenait les rénovations avec l'assistance d'Art Massif, une entreprise de Saint-Jean-Port-Joli spécialisée dans la construction de charpentes apparentes en bois massif et lamellé-collé.
Karina et les enfants sont partis pendant trois semaines pour permettre à Éric et aux ouvriers de construire l'annexe. Ils ont d'abord démoli une portion de l'ancienne maison de façon à y greffer la nouvelle partie. Éric, en plus, prenait soin de récupérer le vieux bois afin de l'insérer dans le décor, ce qui complexifiait son travail.
<p>Les spécialistes de l'entreprise Art Massif ont joué un rôle important dans l'élaboration de l'annexe, dont on voit ici une portion de l'étage supérieur.</p>
<p>La salle de bain moderne du rez-de-chaussée se trouve dans l'espace autrefois occupé par la cuisine, dans la vieille portion de la maison.</p>
Le coût des travaux totalise près de 200 000 $.
Quand Karina est revenue avec les enfants après les vacances, il restait encore beaucoup de boulot. Travailler à la maison dans le va-et-vient des ouvriers, s'occuper de la marmaille, seconder son mari de son mieux : vivre au quotidien dans un chantier, ce n'est pas facile, a confié la maman.
Éric, lui, se souvient de son découragement, l'été dernier, lors de la grève de la construction. «Les gars ne voulaient pas me livrer mes murs, relate-t-il. J'ai pris trois semaines de retard.»
«Pour moi, les rénos, c'est fini», affirme-t-il.
Le couple, pourtant, est tout sourire et serein devant les tâches à venir. Il a trouvé son bonheur dans cette campagne pas si loin de Québec où les poiriers sont bien acclimatés et où les voisins forment une petite communauté tissée serrée. Éric y a célébré sa fête pour une troisième année, cette fois libéré des tâches majeures et de plusieurs kilos.