Émilie Côté est issue de la relation d'aide en milieu communautaire.

Rien ne se perd: la collaboration au service de la récupération

Rien ne se perd : c'est le nom de la boutique qu'Émilie Côté vient d'ouvrir dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec. Elle y vendra de vieux meubles qui, sous ses doigts, retrouvent un éclat insoupçonné.
Issue de la «relation d'aide en milieu communautaire», l'entrepreneure de 26 ans suit un sillon bien actuel : celui de la collaboration, plutôt que de la compétition. Elle fait des démarches pour s'associer à une foule de commerçants et de créateurs qui, pour survivre, n'ont d'autres choix que de s'unir. 
La boutique vintage Si les objets pouvaient parler, dans Saint-Roch, vient de fermer ses portes. Qu'à cela ne tienne, Émilie lui réserve une petite table pleine d'articles à vendre dans son propre commerce situé rue des Oblats, à l'intersection de la côte de l'Aqueduc. 
«Je rêve de devenir une vitrine pour des produits locaux», a confié la jeune femme.
La boutique est située de biais avec la caserne de pompiers des Oblats.
Elle-même profite de l'achalandage au magasin L'Inventaire, rue Saint-Joseph, où le propriétaire, Emmanuel Labbé, propose les prototypes de poignées et de boutons muraux qu'elle a confectionnés.
Émilie Côté utilise les locaux de l'atelier La Patente, dans Limoilou, où elle enseigne ses techniques de revalorisation de mobilier : nettoyage, décapage, ponçage et finition. Les participants arrivent avec leur petit meuble en manque d'amour et ils repartent avec un objet pimpé.
Une commode actualisée
Dès septembre, elle organisera des soirées-peinture qui se dérouleront dans sa boutique tous les jeudis. Les gens «revaloriseront» leurs meubles à un coût moyen de 75 $ pour trois heures. Elle fournira le matériel, notamment la peinture à la craie de la marque québécoise Colorantic qu'elle utilise elle-même pour ses projets. «Elle convient à toutes les surfaces et elle a un fini mat, explique-t-elle. On n'a qu'à la recouvrir d'un glacis ou d'une cire.»
Belle fierté
Émilie Côté a développé une «passion pour l'entrepreneuriat» au fil de ses formations, un bootcamp de trois jours avec La Ruche Académie et un cours de lancement d'entreprise offert par le fonds d'emprunt Québec, un organisme à but non lucratif. Elle ressent «une belle fierté» d'y avoir réalisé son plan d'affaires.
La boutique est sobrement aménagée.
À travers toutes ces activités, Émilie a accumulé, dans la remise derrière Rien ne se perd, de vieux meubles dénichés dans les brocantes et sur les trottoirs. Elle n'a pas eu le temps de se mettre à ses pinceaux, si bien que sa boutique semble un peu vide. Mais elle reste calme. Elle s'est aménagé un coin-atelier à même son espace de vente où elle pourra travailler sur son mobilier entre deux clients.
Elle rêve de «devenir une entreprise d'économie sociale» et d'offrir du travail aux gens dans le besoin. Elle espère développer une collaboration avec un ébéniste du coin. Elle souhaite inspirer ses voisins, les inciter à moins consommer et à pratiquer le DIY (Do It Yourself).
Info : 6091/2, rue des Oblats, Québec, dans l'ancien local de la designer Coeur de loup.