Bois jatoba, sièges de bateau, brique grise composent ce décor nautique.

Restaurant Ophelia: chic pied marin

Dans cette ancienne maison du peintre Jean Paul Lemieux, sur Grande Allée, s’est installé un chic univers nautique. Rien n’a été négligé dans le design intérieur du restaurant terre et mer Ophelia. Chaque détail évoque un yacht de luxe et donne envie de monter à bord.

Une figure de proue, sculptée dans le bois par l’artiste de Québec Marc Lepire, évoque Ophelia, déesse aquatique des lieux. Une allée en pente rappelle un bateau qui tangue. Le plancher en bois chaud jatoba ressemble à un pont en teck.

Ophelia, sculptée dans le bois par Marc Lepire, sert de figure de proue.

Le copropriétaire Fabio Monti a poussé le concept de son restaurant avec le designer montréalais Bruno Braën. Ensemble, ils ont même visité le Salon du bateau et des sports nautiques pour s’en inspirer. Les fauteuils en cuir blanc de la section-bar sont de réels bancs de bateau. Les grilles d’aération ont été achetées en ligne sur des sites spécialisés. Certaines lampes tiennent avec des moulinets et des fils à pêche.

«Un connaisseur s’y retrouverait, chaque ligne va avec le bon hameçon. On dit que le diable est dans les détails!», lance le jeune homme de 30 ans.

Fabio Monti, aussi copropriétaire de L’Atelier tartares & cocktails, la porte à côté, baigne dans la restauration depuis 15 ans auprès de son père, James Monti. Quand il voyage en Italie, au Maroc, aux États-Unis, à Toronto, tout son intérêt est tourné vers les restaurants. «Je visite, j’analyse comment les choses sont faites. La section Notes dans mon téléphone est toujours pleine.»

De ses escapades, il a développé un amour pour les bonnes adresses de fruits de mer et de grillades. «C’est ce que je voulais amener à Québec, dans un décor chic, mais quand même contemporain.»

Avec ses deux associés, il a investi 1,5 M$ pour créer Ophelia, ouvert depuis juin.

Pour entreposer les viandes, une chambre de vieillissement a été spécialement conçue par une compagnie de Montréal.

Pour entreposer les viandes, une chambre de vieillissement a été spécialement conçue par une compagnie de Montréal.

Bar en serpentin
La section-bar, toute en marbre du plancher au comptoir, suggère quant à elle une poissonnerie. «C’est plus froid, mais pas dans le mauvais sens du terme», indique Fabio Monti qui aime le contraste avec la partie en bois. À l’avant, un présentoir accueille les fruits de mer sur glace concassée. Un ouvreur d’huîtres y passe la soirée.

L’aménagement du bar, en mar­bre, facilite la pro­xi­mité avec le serveur. Au plafond, une structure en forme de serpent lui fait écho.
chaussée.

Chez Ophelia, une trentaine de personnes peuvent s’asseoir au bar, sur les 100 places disponibles. Elles profitent de la vue sur la cuisine ouverte, point focal du rez-de-chaussée. Clin d’œil rigolo, un tremplin sert de tablette.

Entre les deux niveaux du restaurant, un podium qui rappelle un pont de bateau compte quelques places stratégiques. La partie haute a été aménagée en paliers pour que toutes les tables profitent d’«une vue sur l’ambiance».

Certaines banquettes sont en plexiglas, d'autres imitent l’intérieur d’un yacht.

Les concepteurs ont joué la transparence avec l’utilisation du plexiglas pour quelques banquettes et tables. Partout, les coupes en biseau montrent un souci du détail et d’harmonie.

Les propriétaires n’ont pas lésiné sur les luminaires, faits à la main par D’Armes à Montréal et Bocci à Vancouver, et dont certaines boules de verre se détaillent 1800 $ chacune. Elles diffusent une lumière laiteuse lorsqu’elles sont allumées et ont un effet métallique une fois éteintes.

Maintenant, imaginez ce décor entouré de brique orangée. Un changement de look complet s’imposait et Fabio Monti souligne qu’une artiste de chez Danyel Martel a peint en gris chaque brique au pochoir et au pinceau. Les joints ont aussi changé de couleur. «C’est un trompe-l’œil, on n’y voit que du feu.»

Le luminaire Bocci, série 38, de Vancouver se découpe bien sur la brique peinte à la main par l’équipe de Danyel Martel, maçon alternatif.

Touche finale, les propriétaires ont suspendu au mur une reprographie signée de la main de Jean Paul Lemieux, qui a habité la maison. L’histoire ne dit pas si le célèbre peintre avait le pied marin.

Info : Restaurant Ophelia, 634, Grande Allée Est, restaurantophelia.com

À droite, une reprographie signée à la main par Jean Paul Lemieux, qui a vécu dans cette maison de Grande Allée.