Cuisine estivale dans une assiette signée Terre et Biscuit, un atelier-boutique de céramique de Québec.

Restaurant La Bonne étoile: décor 100 % Québec

Le restaurant La Bonne étoile s’annonce fièrement québécois. Cette nouvelle adresse dans le Vieux-Port propose un concept profondément enraciné, mais loin du camp de bûcherons. Cuisine fraîcheur d’été, alcools d’ici, musique de groupes émergents, vaisselle de céramistes locaux et déco imprégnée du «pays».

Comment l’âme d’un restaurant prend forme? Le Soleil en a eu une petite idée en écoutant les artisans de La Bonne étoile, qui ouvrira ses portes le 3 juillet, date de la fondation de la Ville de Québec. Heureux hasard.

L’an dernier, le restaurant Le Quai 19 déménageait au 160, rue Saint-Paul et devenait Chez Rioux & Pettigrew. Un clin d’œil historique à l’épicerie en gros du même nom, fondée sur place en 1860. Le mois prochain, l’entrepôt de Chez Rioux & Pettigrew verra naître un petit frère. Un restaurant urbain et éphémère y fabrique son nid pour l’été, selon un concept «100% Québec».

Baptisé La Bonne étoile, il tire son nom du bateau sur lequel est monté Narcisse Rioux, à Trois-Pistoles, pour venir s’établir à Québec et lancer son commerce. À l’époque, les navires déchargeaient leurs cargaisons juste en face, sur le quai Saint-André.

Dans la salle à manger, dont la vue donne sur la marina, un étal et des caisses remplies de légumes et de conserves rappellent ce passé.

Avec son étal et ses caisses remplies d’aliments, le restaurant aura un petit côté marché public.

Restaurant saisonnier, ouvert de juillet à octobre, La Bonne étoile offrira un menu inspiré par les produits du moment, les récoltes de l’île d’Orléans et tout ce qui pousse à proximité. Les racines québécoises se feront sentir de l’assiette au décor. «C’est un hommage au Québec», lance le propriétaire, Stéphane Grenon.

La Bonne étoile offrira un menu inspiré par les produits du moment.

Sur place, il sera possible de consulter un document qui expliquera l’origine des produits et des éléments du décor. «On tenait à garder la mémoire des objets et à répertorier ce qu’on avait. Même la musique d’artistes émergents sera 100% québécoise.»

Le propriétaire a fait appel à la firme Concept LV pour courir les antiquaires. À travers les poutres en bois d’origine du bâtiment, le plafond a été recouvert de carrés de tôle embossée, récupérés d’une église construite en 1870. Le bar sur roues provient d’un ancien magasin général du Québec, les chaises, d’une grange plus que centenaire de Saint-Roch-des-Aulnaies. Quant aux murs, ils sont en partie habillés de lattes de bois d’un presbytère de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, dans la région de Montmagny.  

Les chaises disparates proviennent d'une vieille grange.
Le plafond de tôle embossée provient de l’Église Unie d’Island Brook, en Estrie, construite en 1870.
La caisse enregistreuse National 857015 model 336, fabriquée en Ohio, a été achetée à Québec.

Collection Rustique

Pour le service aux tables, Stéphane Grenon voulait une collection de vaisselle exclusive. Intitulée Rustique, elle a été confiée aux céramistes Estelle Dezauziers et Carl Forgues de l’atelier Terre et Biscuit, dans le secteur Charlesbourg. Chaque pièce, assiette, plat, bock à bière, pichet à vin, porte l’étampe du R en métal de Rioux & Pettigrew, utilisé au XIXe siècle.

Les bocks à bière ont été façonnés à la main par les céramistes de Terre et Biscuit. La collection de vaisselle Rustique sera en vente sur place.

Avec La Bonne étoile, Stéphane Grenon vient compléter son restaurant Chez Rioux & Pettigrew. «On voulait quelque chose de différent, tout en travaillant ensemble», dit-il en parlant des deux établissements accolés, aux cuisines communicantes.

La nouvelle enseigne, qui se veut plus féminine, a pour logo un iris délicat, tracé à la main par l’artiste québécoise Mathilde Cinq-Mars. Les tabliers arborent fièrement cette fleur, signe de fraîcheur et de légèreté, à l’image de la cuisine estivale proposée.

Les plats concoctés par Alexandra Roy et Charles Provencher-Proulx, qui officieront derrière le comptoir de La Bonne étoile, auront un côté «local assumé jusqu’au bout». Pas de chocolat ni d’huile d’olive ou de jus de citron. Les artisans misent sur des produits de niche, des vinaigres, des huiles bien de chez nous. «On fait des recherches, on veut mettre les producteurs en avant», indique le chef exécutif des deux adresses, Dominic Jacques, gagnant de l’émission Les chefs! en 2012. 

Charles Provencher-Proulx et Alexandra Roy officieront à la cuisine de La Bonne étoile.

Une trentaine de personnes pourront prendre place à La Bonne étoile. «Ça va être très intime. On mise sur la qualité et la proximité. On veut être proche des clients, qu’ils soient parfois regroupés ensemble autour de grandes tablées», souligne le propriétaire en espérant provoquer des discussions spontanées, mais sans obligation. 

Ouvert les soirs d’été et une partie de l’automne, le restaurant fera entorse à la règle le vendredi midi. «On va s’éclater. Les gens vont vivre avec ce qui arrive, s’asseoir et profiter. Ce sera un peu libre esprit.»

La Bonne étoile pourrait sortir de son hibernation pour la Saint-Sylvestre, la Saint-Valentin et le temps des sucres, glissent les cuisiniers.

Info: La Bonne étoile, 160, rue Saint-Paul, Vieux-Port de Québec, même adresse que Chez Rioux & Pettigrew
facebook.com/restolabonneetoile

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Terre et Biscuit: «Pour le plaisir des yeux et du toucher»

Carl Forgues et Estelle Dezauziers de Terre et Biscuit ont conçu la collection de vaisselle pour le nouveau restaurant La Bonne étoile, dans le Vieux-Port de Québec.

Pourquoi plusieurs tables de Québec aiment servir leurs mets dans des assiettes de céramique faites à la main? «Parce que les gens vont aussi au restaurant pour le plaisir des yeux et du toucher», croit Estelle Dezauziers.

Depuis deux ans, son atelier-boutique Terre et Biscuit façonne des plats et des sucriers pour le restaurant du Monastère des Augustines. Avec son associé Carl Forgues, la céramiste conçoit aujourd’hui la collection de vaisselle Rustique pour le nouveau restaurant La Bonne étoile, dans le Vieux-Port de Québec.

Les artisans ont reçu une commande pour trois sortes d’assiettes, des plats pour deux, des bocks à bière et à café au lait, de grands bols, des petits sauciers. Les pichets à vin ont demandé quelques essais et erreurs avant d’arriver au résultat final. La difficulté était d’obtenir une ligne indiquant avec exactitude 500 ml après cuisson. «Un beau défi!» lance en riant Carl Forgues, ultra motivé par cette marque de confiance des restaurateurs.

Une partie de la vaisselle, à la fois lisse et brute, a été fabriquée en grès blanc et en grès noir. Bocks et pichets sont plutôt en grès rouge, décorés d’une glaçure «vanille». Chaque pièce est unique et comme La Bonne étoile ouvrira début juillet, le four de l’atelier situé dans Charlesbourg ne dérougit pas pour livrer à temps la production. Avis aux intéressés, la collection Rustique sera mise en vente au restaurant, en exclusivité.

Au-delà des restos

La céramiste Estelle Dezauziers représentera Terre et Biscuit à l’expo-vente de céramique Carac’Terre, dans le quartier Saint-Roch, dès le 27 juin. Pour l’occasion, elle prépare des pièces en raku, une technique de cuisson japonaise par enfumage. Les dessins sont créés par du crin de cheval ou des plumes qu’elle colle sur la pièce encore chaude, sortie du four à 1000 degrés. En brûlant, crin et plumes forment une jolie empreinte.

Une pièce en raku d’Estelle Dezauziers, dont le dessin a été créé en brûlant du crin de cheval sur la surface chaude.

Pour une deuxième année, Terre et Biscuit expose ses créations à la Forge à Pique-Assaut, située au 2200, chemin Royal, à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans. Les pièces de céramique se mêlent aux bijoux, au vitrail, à la vannerie et à divers objets d’art vendus sur place, jusqu’en octobre. L’atelier est aussi représenté à la galerie Ni Vu Ni Cornu, au 10 005, avenue Royale à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Cours pour tous

Modeler, sculpter et tourner la terre est un bonheur qu’aiment partager Estelle Dezauziers et Carl Forgues. Le nouvel atelier agrandi, les cinq tours et le four de Terre et Biscuit sont ainsi mis à la disposition d’apprentis, petits et grands, à travers des cours donnés 12 mois par année. Les céramistes organisent aussi des fêtes d’enfants de trois heures, avec gâteau, bonbons et décoration, durant lesquelles chacun réalise une pièce. 

Info: facebook.com/terreetbiscuitquebec

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Carac’Terre a 20 ans

La vitrine céramique de Québec Carac’Terre souffle 20 bougies cet été. Pour l’occasion, les partenaires ont imaginé un parcours anniversaire à travers la ville, de la Maison des métiers d’art de Québec au Centre de céramique de Sainte-Foy, du Musée national des beaux-arts du Québec à la galerie d’art Chez Alfred Pellan. Envie de découvrir ce que les céramistes de la région ont concocté durant la dernière année? L’expo-vente de céramique Carac’Terre regroupera la production de 36 exposantes à la place de l’Université-du-Québec, à l’intersection du boulevard Charest Est et de la rue de la Couronne. L’événement gratuit se déroulera sous chapiteau du 27 juin au 8 juillet, de 9h à 21h.  

Info: caracterre.ca