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Le mur et la porte qui séparaient le salon double de l’escalier intérieur ont été remplacés par un muret et une impression d'espace!
Le mur et la porte qui séparaient le salon double de l’escalier intérieur ont été remplacés par un muret et une impression d'espace!

Rénover l'âme d'un logement de Limoilou

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
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Preuve que «tout tirer à terre» n’est pas la seule option pendant des rénos, les propriétaires d’un logement de Limoilou ont investi des centaines d’heures et beaucoup de «jus de bras» pour sauver et mettre en valeur le cachet original de l’adresse presque centenaire. Coup d’œil «avant-après» sur un appart où on a fait du neuf avec du vieux.

Quand les locataires ont quitté leur logis à l’été 2020, les proprios Annie Morin et Éric Provencher ont saisi l’occasion de remettre au goût du jour ces lieux restés intouchés pendant plus de 30 ans, à la demande des occupants. Au départ, le plan que recommandait l’entrepreneur embauché par le couple était de démolir ce 6 ½. «Le contracteur a dit de défoncer et de tout enlever, de ne garder que les murs porteurs, car ce serait plus simple et rapide d’enlever les murs et de remettre du Gyproc», raconte Éric.

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Toutefois, l’idée de perdre dans le chantier toute trace du cachet limoulois original ne plaisait pas. «Ce maudit réflexe de tout tirer à terre… C’est important dans un quartier de garder un look qui rappelle l’histoire. Les gens peuvent être motivés à le faire en voyant des apparts comme le nôtre. Ça prouve que ça se fait», plaide Annie, jadis journaliste du Soleil devenue conseillère en communication.

Le mot d’ordre changeait donc : à la rapide violence d’une démolition, on substituait patience et délicatesse. Le couple et leurs trois enfants (Jérôme, Clarisse et Mireille, de 15 à 18 ans) ont mis la main à la pâte. Alors que le reste du monde apprenait à faire du pain et plantait son potager pendant la pandémie, les membres de cette famille sablaient des boiseries. Entre autres travaux, ils ont retiré les plinthes pour les numéroter, les gratter, les repeindre et les réinstaller, ont sablé et verni les planchers originaux de bois franc et de pin, etc. Sans oublier de retirer le tapis de minigolf vert dans une pièce…


« On tenait absolument à garder le cachet. On voulait que quelqu’un entre ici et dise que c’est comme avant, dans le style typique de Limoilou. »
Annie Morin

Toutefois, des surprises les attendaient, ajoutant de longues heures de travail minutieux à leur labeur. «Sur les murs, il y avait quatre ou cinq couches de tapisseries sous les trois-quatre couches de peinture. Il y avait de la tapisserie au plafond!» lance Annie.

Après un temps de cogitation et de préparation — sans compter les retards provoqués par la pandémie —, le chantier a pris fin en mars. En fin de compte, l’huile de coude a contribué à considérablement réduire la facture des rénovations, qui s’élève malgré tout à 80 000 $. Rien de trop surprenant quand on refait l’électricité, la plomberie, la cuisine et la salle de bain d’un logement bâti en 1929.

«On tenait absolument à garder le cachet. On voulait que quelqu’un entre ici et dise que c’est comme avant, dans le style typique de Limoilou, dit Annie. On l’a fait comme on l’aurait voulu pour nous. Si j’habitais dedans, je serais super contente.»

Une des chambres à coucher

«C’est du long terme. Ça redonne de la valeur au bloc, ajoute son conjoint, un psychologue organisationnel. On le remet à niveau et la pérennité vient de là. Quand on fait nos calculs, on n’est pas si perdants puisque la dépense est répartie sur 15 ou 20 ans et qu’il y a une augmentation du loyer en conséquence.»

Maintenant que cette réno est complétée, quel sera le prochain projet? «Du repos! lance Éric. Quoique j’aimerais bientôt solidifier le tambour dans la cour arrière…»

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Ouvrir l’escalier
Depuis longtemps, les proprios caressaient le projet d’ouvrir le mur qui séparait le salon double de l’escalier intérieur. Une idée intéressante glanée pendant le visionnement d’émissions de rénos. Ils ont mis leur plan à exécution en retirant la porte et en réduisant la cloison pour n’en faire qu’un muret. «Ça redonne tellement d’espace et de lumière à la pièce. C’est vraiment plus aéré et invitant!» indique Annie Morin.

Le mur et la porte qui séparaient le salon double de l’escalier intérieur ont été remplacés par un muret et une impression d'espace!
Le salon double

Sacrifier le bain
La salle de bain représentait un défi particulier en raison de sa petitesse. «Elle était microscopique, typique des salles d’eau de Limoilou», raconte Annie. Pour récupérer d’essentiels pieds carrés, on a empiété sur la cuisine, sacrifiant un bout de comptoir pour installer une douche digne de ce nom. Et exit la baignoire sur pattes! «Ç’a été une des grosses décisions qu’on a dû prendre. On a fait un sondage dans notre entourage : utilisez-vous vraiment votre bain? On l’a enlevé, car une douche suffit à la plupart du monde. Au fond, c’est l’espace disponible qui a dicté nos choix.»

La salle de bain

Repenser la cuisine
En raison de l’invasion de la douche sur le comptoir avec évier, on a décidé de carrément repenser la disposition de la cuisine. La laveuse et la sécheuse ont aussi été déplacées pour occuper «le coin garde-manger» au fond de la pièce. On a même récupéré des lambris d’ailleurs dans le logement pour refaire le garde-chaise sur un petit bout de mur, chaque latte ayant été enlevée, décapée, teinte et vernie.

La cuisine d'un premier angle…
… puis d'un deuxième.

Garder des souvenirs
En plus de rescaper les vieilles boiseries, on a réutilisé les poignées de porte d’origine, symbole indubitable de «l’ancien temps». Idem pour quelques plafonniers qui éclairent l’endroit depuis plusieurs décennies. Les fenêtres doubles ont été conservées lorsque possible; les autres ont été remplacées par de nouvelles affichant le même type de montants verticaux dans leur partie supérieure. Pour le choix de la peinture, on a misé sur un «vieux bleu-gris», pigé au goût à partir d’un échantillonnage de couleurs vintages.

Quelques souvenirs d'origine…