Changer un revêtement dans un quartier très homogène requiert généralement un permis.

Région APCHQ Québec : La rénovation dépasse la construction

Agrandissement, changement de revêtement extérieur, divisions au sous-sol... Les gens de Lévis et de Québec rénovent en grand. Ils sont moins nombreux à faire des travaux, mais pour des montants plus élevés. Si bien que dans la balance, la rénovation résidentielle prend le dessus sur la construction neuve en terme d’investissements.

Dans la grande région de Québec, qui s’étire de Sainte-Marie à Baie-Saint-Paul, en passant par Portneuf, les sommes injectées en rénovation devraient dépasser 1,6 G$ en 2018 et croître de 4% en 2019, selon les récentes prévisions économiques de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). 

Signe des temps, les prix Nobilis 2018 de l’APCHQ-région de Québec, qui seront dévoilés le 1er novembre, ont doublé le nombre de récompenses en rénovation depuis 2014. Et alors que 22 projets ont été présélectionnés il y a quatre ans, ils s’élevaient à 42 cette année, autant des travaux intérieurs que des agrandissements. 

La vivacité du marché de la revente, la présence de mesures fiscales, la croissance économique, la création d’emplois, tout ce contexte économique favorable fait en sorte que la rénovation se porte très bien dans la région de Québec, analyse Georges Lambert, directeur du service économique de l’APCHQ. «Comme dans tout, on pense atteindre un plafond, mais ce marché reste une source de croissance dans le secteur de l’habitation.»

Un phénomène qui ne risque pas de s’essouffler dans les prochaines années, croit Georges Lambert, en évoquant l’entretien des logements construits et les besoins de la population vieillissante, en perte d’autonomie et de mobilité.

Crédits d’impôt

Cette progression soutenue de la rénovation s’observe dans l’ensemble du Québec. Depuis 2013, les différents crédits d’impôt comme ÉcoRénov, LogiRénov et RénoVert ont eu un effet positif sur le marché, rappelle Georges Lambert. Si RénoVert est maintenu, l’APCHQ prévoit une hausse de 4% des investissements en rénovation en 2019. Mais sans cette aide, la croissance pourrait diminuer à 2%.

Tout en souhaitant que ce programme devienne permanent, l’APCHQ encourage la création d'une nouvelle mesure gouvernementale spécifique au secteur locatif. Georges Lambert rapporte que 36% des ménages de la région de Québec habitent dans un logement locatif. Or, seulement 25% de la valeur des travaux de rénovation sont alloués à ce type de logement. 

«Si vous avez un duplex que vous habitez, avec un locataire en haut, les fenêtres que vous changez sur votre partie de l’immeuble en bas vous donnent droit à un crédit d’impôt. Mais les travaux faits sur le logement occupé par votre locataire ne vous donnent droit à aucune aide», illustre Georges Lambert. «Les règles de fixation des loyers font en sorte que ça prend 40 ans à un propriétaire de logement pour récupérer l’argent investi avec les hausses de loyers. Il y a un déséquilibre.»

L’APCHQ insiste sur l’importance d’encourager les travaux de rénovation pour améliorer l’efficacité énergétique des immeubles, et du même coup, le confort des occupants.

Types de travaux

Les chiffres dévoilés par l’APCHQ sont basés sur les permis délivrés par les villes. Tous les travaux de rénovation n’exigent pas d’avoir un permis et les règlements sont très variables d’une ville, voire d’un arrondissement à l’autre. D’où l’importance de s’informer. 

Georges Lambert mentionne que tout ce qui touche la façade d'un bâtiment ou son caractère architectural et patrimonial requiert généralement un permis. Réaliser un agrandissement qui touche aux marges ou changer un revêtement dans un quartier très homogène, aussi. «Refaire un sous-sol? Ça dépend. Si on convertit un débarras en chambres, ce qui exige des tailles de pièces minimales et des configurations de fenêtres imposées, oui. Mais si c’est juste pour faire une salle de cinéma maison, non.»

Il incite les gens à toujours faire faire trois soumissions, tel que recommandé, et à confier les travaux de rénovation à un professionnel qui a tous les permis, toutes les licences.

Quelques chiffres

8 G $ 

Investissements en construction neuve pour l’ensemble du Québec en 2017

13 G $ 

Investissements en rénovation résidentielle pour l’ensemble du Québec en 2017